‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 3)Chapitre 3 sur 114 · PLACE GERSON, ETC · texte numérisé non relu

PLACE GERSON, ETC

a refait également ; le 6, où bruissaient autrefois les ateliers d'un serrurier ; le 8 enfin, devenu l'hôtel du Lot. Cette hôtellerie, qui a beaucoup gagné en vieillissant, servit longtemps d'abri aux petits métiers; le saltimbanque y descendait. En l'année 1741, quelques petites filles de la Savoie y furent casées par une commère, dans un grenier plus que modeste : elles allaient chanter par la ville. Celle qui accompagnait du cliquetis de son triangle les glapissements des autres enfants, changea de position à tout prix ; mais les gens qui l'avaient connue à ses débuts, l'appelèrent toujours la Savoyarde. Son véritable nom était Beaumier ; son pseudonyme, Mlle de Ville. Elle avait quitté son galetas, prête a ruiner toute La terre, et son train de vie coûta cher à Kulan, chevalier de Malte ; à Varenne, avocat en parlement, ancien élève de Louis-le-Grand; à Robinet, entrepreneur des hôpitaux de l'armée ; à Villarceau, conseiller au Chàtelet ; à Roland de Trémeville, fils du receveur-général des finances de la généralité de Riom ; mais elle n'en sut mettre de côté que 8,000 pauvres livres de rente, tant il fallait tenir son nouveau rang ! La différence entre les recettes brutes et le produit aurait permis à cette parvenue des amours d'acheter et de rebâtir toute la rue des Poirées.

Galerie Colbert. (i)

L'Hôtel Colbert. — M"* Labsolu.

M. Adam, du Comptoir national d'escompte, doit le jour au fondateur de la galerie Colbert, ouverte en 1826 entre les divers corps-de-bâtiment d'un hôtel, et non pas sur ses ruines, comme l'ont dit plusieurs écrivains qui ne prenaient pas la peine d'y aller voir. Ancien hôtel Bautru- Serrant, il a été aussi la résidence de Colbert, puis au marquis de Seignelay, son fils. Une belle gravure de l'époque où Guillaume Bautru, comte de Serrant, l'occupait, en représente la façade. Ce membre de l'Académie-Française, qui n'avait rien écrit, mais qui avait égayé de ses bons mots la Flandre, Y Espagne et l'Angleterre, dans ses ambassades, devai sa fortune à un duc d'Orléans ; un prince de la même famille fit établir ses écuries, dès 1720, dans cette ancienne demeure du bel-esprit, que les réparations de Levau avaient enrichie pour le premier ministre. On y avait remarqué, comme œuvre d'art, jusqu'à la porte de ces écuries : elle jouait sur ses gonds, rue Vivienne, et l'envergure en est présentement absorbée par les magasins demusiqued'Heugel. Mais contigu au grand hôtel Colbert était le petit du même nom, habité après la lamille du ministre par Paulin Fondre, receveur des finances de la généralité de Lyon, puis président à la chambredes-comptes. On vantait de ce financier le cabinet, décoré de glaces, de trumeaux et de marbres rares, dont la cheminée était aussi un précieux modèle.

(I) Notice écrite en 1859.

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