RUE NOTRE-DAME-DES-CHAMPS
essayer du régime de la séparation; mais, en revenant, elle l'avait rendu père d'un garçon, et puis, en 1778, aux eaux de Spa, il s'était battu pour elle avec un Anglais, le comte de Ris, qui l'avait tué. C'est depuis que la veuve avait acheté dans l'île de Corse deux fiefs en friche, qu'elle avait fait ériger en comté.
Du temps de Mme de Tournon, il y avait sur la ligne opposée l'hôtel Dulau, plus haut que l'hôtel de Montmorency-Laval, postérieurement raffinerie Santerre, qui se retrouve près la rue de Fleurus.
L'architecte Vavin a construit en 1790 des maisons rue Notre-Dame-des-Champs. L'une d'elles, dans laquelle M,Ie Rosa Bonheur a eu son atelier de peinture, est maintenant occupée par les sœurs de Notre-Dame-de-Sion. Un passage, qui appartenait à la famille de l'architecte, s'érigeait en rue Vavin au commencement du règne de Louis- Philippe.
Rue de Monsieur. (1)
Louis XVI régnait depuis quatre ans lorsqu'il autorisa l'ouverture de cette rue sur un terrain que venait d'acheter son frère, Monsieur, comte de Provence, afin d'y établir ses écuries. Brongniart avait dessiné le plan de ces écuries, dont il se trouve des bâtiments et tout l'emplacement aux nos impairs qui suivent le n° 7. L'écuyer ordinaire de Monsieur était le marquis de Bièvres, que remplaça en 1784 M. Hazon de Saint-Firmin. Le marquis de Montesquiou-Fezensac, premier écuyer du prince, avait été le menin des enfants de France sous le règne précédent ; la survivance de ses fonctions était acquise au baron de Montesquiou.
Sur le plan de Brongniard aussi, l'hôtel .Montesquiou s'était élevé en face des écuries, avec jardin sur le boulevard. Membre de l'Académie-Française et puis des États-Généraux, M. de Montesquiou fut un des premiers députés de la noblesse à faire cause commune avec le tiers-état. Comme lieutenantgénéral, la République le chargea du commandement de l'armée du Midi et de l'occupation de la Savoie ; mais, bientôt accusé, il émigra en Suisse. Les bénédictines du Saint-Sacrement habitent aujourd'hui l'ancien hôtel du premier écuyer de Monsieur.
Brongniart fut encore l'auteur, en 1786, du pavillon des archives de l'ordre de Saint-Lazare, qui devint ensuite une pension, puis un hôtel, puis une des maisons conventuelles du Sacré-Cœur et enfin le collège arménien de Samuel Morat.
{D Notice écrite en 1862.