RUE DE VERNEUIL
Saint-Difîry, qu'attriblient aussi des titres manuscrits à un hôtel de la rue de Verneuil. Suzanne Àubert, veuve Lecamus, l'achète en 1715 de M. de Montgeron et le revend en 1736 à Hébert, comte de Ferrières.
Académie Dugast. — L'année 1713 voit Pierre Catinat acquérir de Georges Roize, au second coin de la rue des Saints-Pères, une maison tenant à l'académie du sieur Dugast, qui deviendra royale si elle ne l'est pas encore. Les institutions de ce genre sont des écoles où l'équitation fait le fonds de l'enseignement, bien que d'autres leçons soient données à leurs académistes, jeunes gens de bonnes familles. Les étraRgers qui voyagent pour s'instruire autant que pour leur agrément, prennent encore pied-à-terre dans ces académies, bien que la mode commence à passer d'en faire ainsi d'honnêtes hôtelleries, qui procurent tout-de-suite des relations et rendent moins indispensables les lettres de recommandation. Celle de la rue de Verneuil doit des succès à un attrait particulier ; l'auteur du Séjour de Paris, paru en 1727, nous le dit en ces termes :
« La fille de Dugast a 18 ans et fait le manège d\iue façon admirable. Je l'ai vue en présence du cardinal Bentivoglio et en d'autres occasions faire tous les exercices à cheval ; en quoi elle surpassait de beaucoup tous les écoliers qui avaient appris déjà longtemps auprès de son père. »
Un Parvenu. — Bragouse, natif de Montpellier, est entré en qualité d'aide chez un chirurgien-barbier de la rue de Verneuil, près d'un hôtel qui appartenait à la marquise de Glérambault et que son entrée principale enrôlait dans la rue Saint-Vincent, ou de l'Unirersité; mais il a épousé une blanchisseuse et puis le système de Law l'a enrichi. Bragouse achète donc une charge de trésorier de
RUE DK VERNE UIL.
la maison du roi, puis devient fermier-général. Chemin faisant il se montrait peu délicat sur le choix des moyens, que la fin justifie en ne le rendant pas plus scrupuleux.
1750. — A cette date, on distingue rue de Verneuil :
Les hôtels de Morveau (nos |, 3 et 5 actuels) et de Gamaches, antérieurement Pidoux (n° 2;, l'académie royale de Dugier (nos 13 et 15), les hôtels de là Guistade (q° 30), d'Aiguillon (no 33) et d'Avejean (nos 53 et 55.
Quel est M. de Morveau ? Un président. Que rappelle le nom suivant, outre* les noces de Gamaches? L'académie des Sciences, a cette époque, compte parmi ses membres l'abbé Étienne-Simon de Gamaches ; Louis XIV a choisi un officier du même nom pour accompagner le duc de Bourgogne, et Mme de Gamaches, femme d'esprit liée avec Mme de Longueville, a vécu ses quatre-vingts ans ; sans compter qu'il y a eu, sous Charles VII, un maréchal-de-France Rouault de Gamaches. Dugier, successeur de Dugast, forme comme lui des gentilshommes. M. de la Guistade siège au parlement de Paris. Vignerot du Plessis, duc d'Aiguillon, dont la fortune a commencé sous les auspices de Mme de Ghàteauroux, devra d'entrer au ministère à la disgrâce de M. de Ghoiseul et aux bonnes grâces de Mme Dubarry.
17S5 — 4>ôté gauche: — Hôtel de Bouville, qui est l'ancienne académie Dugier et l'une des mairies futures du Xe arrondissement. — Hôtel de Montchevreuil, 4me porte avant la rue de Beaune. — Hôtel de Cély-d'Astorg, qui à été d'Aiguillon. — Hôtel de Montesquiou, un peu plus haut. — Hôtel de Montboissier, dit aussi d'Avejean. — Côté droit: — Hôtel de Bercheny (où se trouve de nos jours l'intendance militaire de la lre division).