RUE CHARLEMAGNE, ETC
chantât en même temps une chanson qui commençait ainsi :
Belle bergère, Dieu vous gard, Tant vous êtes belle et jolie ; Le fils du Roi, Dieu vous sauve et gard, Vous et la votre compagnie; Entrez, je suis en fantaisie...
Les procureurs qui habitaient le 25 et le 20 de la même rue regardaient comme très-superflu ce nombre immense de ceintures, et ils se contentaient de remplir la leur sans musique. Gilles Charpentier, trésorier-général de l'ordre de Saint- Louis, léguait vers le même temps à Jean Charpentier, conseiller du roi, le n° 21, où il reste un bel escalier à rampe de 1er ; M. Charpentier de Sainsot, qui s'en défit en 1823, avait eu pour prédécesseur Charpentier de Foissel. Du même côté se présentait à l'envers, pendant les derniers siècles, le couvent de YAve-AIaria, maintenant caserne.
Dans le passage Charlemagne, qui met la rue Saint- Antoine en communication avec la nôtre, on vous parlera de la reine Blanche, bien que la jolie tour, cage d'escalier à vis, et les sculptures qui s'y remarquent soient d'un siècle postérieur au XIIIe. Les reines avaient alors tant de logis qu'elles voyageaient par étapes dans Paris et aux environs, en se trouvant partout chez elles. La rue de la Fausse-Poterne-Saint-Paul, aïeule de celle Charlemagne, a pu recevoir la mère de Louis IX, près de la fausse porte de l'enceinte de Philippe- Auguste qui se trouvait derrière le lycée Charlemagne actuel ; mais il n'y a de certitude que pour une résidence princière. Ce lycée, l'un des quatre créés par la loi du 1er mai 1802, n'a donné que trentehuit ans après son nom à la rue et au passage. Celui-ci n'avait jamais dépendu de l'ancienne