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Décrétai. Gregor., V. tit. V. c

LES ANCIENNES UNIVERSITIÉS 135

• Aussi M, VioUet-le-Duc remarquait-il autrefois (1) que la liberté et l'activité du mouvement de Tinstruction séculière coïncidaient avec le développement des communes et de l'art laïque à la même époque : « C'est ainsi, pendant le xii^ siècle, que s'élèvent ces discussions théologiques qui émouvaient des populations entières. Déjà surgit l'esprit d'examen et de critique. Jamais peut-être les intelligences ne furent plus actives qu'à cette époque, jamais ré\olution intellectuelle ne fut plus profonde, jamais l'élément laïque ne fit de plus grands efforts pour s'élever et pour former un corps civil. »

Nous voilà bien loin de ce monopole d'État que, d'après M. Paul Bert, l'Eglise aurait supporté avec tant de patience, parce qu'elle en était maîtresse.

Saint Anselme, qui appartient au siècle pré-

1. Rovue archéologique. 1863. Inutile de répéter que nous empruntons une partie de ces textos à M. Maître. Ch/ viii, p. 148-41, 181.

cèdent et quelque peu à notre France f comme disciple de Lanfranc et professeur à l'école du Bec, rendait un témoignage bien opposé. Dieu n'aime rien tant que la liberté de son Église : Nil diligit Deus plus quant libertalem Eeclesiœ suœ. Or, ajoute fort bien M. de Riancey : ce l'Église, elle aussi, n'aime rien tant que la liberté de ses enfants ; elle veut être servie dans l'amour et non dans la crainte » ; et il rappelle qu'au siècle précédent, Bérenger retomba cinq fois dans ses erreurs, sans que l'enseignement lui fut interdit (1). Il était cependant moine, astreint à l'obéissance religieuse ; il était directeur de toutes les écoles de Tours, comme écolâtre, et comme tel, il dépendait aussi immédiatement de l'Église. Enfin, c'est Hildebrand, sous-diacre alors de l'Église romaine, qui montrait cette longanimité, en qualité d'un de ses principaux juges.

M. VioUet-le-Duc n'exagère pas cette libre

1. Histoire de l'instruction publique et de la liberté' d'enseignement. Sagnier et Bray, 1844. T. 1«', ch. m, | 1".

activité que nous avons déjà constatée au sujets d'Abailard. Ce docteur ouvre une école à Melun, la transporte à Corbeil, à Paris, sans rencontrer Tobstacle d'aucune mesure préventive ou prohibitive, ou si Técolâtre de Laon veut lui faire quitter le territoire de cet évêché, cesser au moins ses commentaires sur l'Écriture : a Jamais, dit-il, chicane pareille n'a été faite (1). » Même, quand il s'est fait moine à Saint-Denis et quand son épouse Héloïse est religieuse à Argenteuil, il professe sur ce dernier terrain, au Paraclet, puis à Paris, puis sur la montagne Sainte-Geneviève, qui n'était pas comprise dans les murs de la capitale. Partout des camps et les tournois de la dialectique, enseignée a plurimis magisiris (2). a L'ancienne liberté d'ouvrir école, dit Crevier (3), était bien peu restreinte. Celle de Saint-Victor est érigée, celle de

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