Cité par M. Spuller
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trouve, dans les sages inspirations du foyer, un remède aux folles agitations du. forum.
Désormais Tenfant appartiendra donc, avant tout, à la famille : la liberté chrétienne a aboli les prétendus droits de l'État. Ce qui doit dèslors arriver , il est facile de le prévoir. Tout naturelle ?ment par la puissance delà persuasion, par l'éloquence des services rendus, grâce au rayon divin qui couronne son front, l'Église acquiert une influence à peu près souveraine. Seule elle a la clef de la science : l'instruction publique
lui est confiée. Les pères de famille n'abdiquent point leurs droits, mais il les lui délèguent librement. Ils savent, au moins dans un sens implicite, ce que dit encore l'École : ce L'Église a le droit et le devoir de surveiller et de diriger pour sa part l'instruction, afin qu'elle n'aille pas, du moins, contre cette fin suprême et nécessaire. »
C'est ainsi que l'Église devint la grande institutrice du moyen âge.
Et qu'on ne dise pas qu'alors l'État n'existait
pins» mais qu'il devait ressaisir ses droits dès qa'il reparaîtrait (1).
Rien de plus faux que cette théorie. La notion de rËtat n'arait point dispam* L'Élise la conservait an contraire arec on soin jaloux, non en ce qu'elle avait de païen, mais en ce qu'elle renfermait de juste et d'utile.
M. Guiiot va jusqu'à £ûre au clergé le reproche d'avoir ainsi f^rorisé l'autorité par la tradition romaine, aux dépens de la liberté gwmanique, et lui attribue cette transmission du
1. € n 11*7 a qii*WLe époque dans nùstoire de la monarchie française où renaeignement ait été complètement libre : <*est répoque intermédiaire oûy dans la mptoie de tons les liens cÎTÎls, et dans Findépendanee de la rie barbare, le prêtre était devenn, ponr le pins grand Inen de llramanité, le senl dépositaire de la science en même temps qne de la foi. L*enfiint appartient alors à FEglise «mime û appartenait jadis en Grèce A la Cité, et chex les Romains an père de famille. A ce moment Tétat est mort» on plutôt il n^est pas encore né : la notion même en a dispam. Trois on qnatre sociétés jnxtaposées,.d*origine diverse, sans antre lien qn'nn latin barbare, et sans limite bien prédse s*agitent oonfnsé-
ment snr le sol de notre yieille France. »
(M. A. DnnuT, Joe. etï.)
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despotisme impérial qui fut s bien plutôt l'œuvre des légistes, à partir du xii^ et du xiii® siècle. Ce n'était pas TËtat» c'était la tyrannie païenne qui avait disparu. On exagère aussi la bar* barie de cette époque intermédiaire (1). A côté du droit romain subsistant toujours, principalement encore par l'esprit civilisateur, par l'effet des soins conservateurs de l'Église, régnait cet admirable droit canonique dont Tétude a été reprise de nos jours avec tant d'ardeur, et la législation ancienne, divinement transformée, merveilleusement appropriée aux mœurs nouvelles, devenait le droit public.
De plusieurs sociétés d'origine diverse et sans lien, l'Église avait fait un tout homogène, doué d'une incomparable unité, inconnue aux anciens. Peut-on se rappeler encore sans admiration ce
1. « Un mdiment de dvilisation, un mélange sans nom de droit romain et de contâmes barbares, qnelqnes yestigei d'administration municipale, voilà tout ce qui -a anmagé du passé dans ce naufrage nniverseL Une seule chc^ est debout, une seule chose est inviolable : TEglise. Qui songerait à lui disputer Tenfant 1 » (Id. Ibid*)
grand empire des Francs, le saint empire romain de la nation germanique, cette immense république des nations au sommet de laquelle rayonnait Tautorité pontificale, pacifiant tout à Tintérieur afin de diriger contre Tinfidèle les forces impatientes et violentes de cette famille de peuples ou plutôt de ces grands membres du corps de Jésus-Cbrist ? Même dans notre siècle de scepticisme, qui ne saluerait avec respect cette sainte confraternité des peuples en laquelle venaient se ranger les divers états indépendants et souverains dans leur propre sphère? qui n'admirerait cette œuvre de l'Église et des papes fondée sur l'unité de foi et l'unité d'amour, qu'on appelait la Chrétienté !
Non, encore une fois, la notion de l'État n'avait point disparu au profit de l'Église (1).
1. « Mais voici que du chaos du moyen âge se dégageât des idées, une civilisation, un état social, et une forme de gouvernement tout nouveaux. La notion de TËtat, si longtemps obscurcie, se retrouve à la fin : avec Gharlemagne et ses successeurs immédiats elle avait déjà fait une première apparition, avec les Capétiens eUe se précise, elle
C'està cette digne épousedu Christ, au contraire, mère de la ce liberté des enfants de Dieu s>, que rÉtat doit la continuité et la conscience de ses droits, comme de ses devoirs.
Quoi donc? Sous Clotaire II et Dagobert P^, sous le Salomon des Francsj à l'apogée de la civilisation mérovingienne, sous ces rois qui eurent dés ministres tels que saint Éloi, saint Ouen, saint Arnould, saint Didier, saint Landry,
quand la France était parée de cette couronne vivante de sages et de saints, on n'aurait pas eu la notion de l'État aussi bien que sous Louisle-Débonnaire?
Et que firent donc les Carlovingiens, que firent donc les premiers Capétiens, sinon continuer les traditions mérovingiennes? Qu'importent de courts démêlés ou des malentendus personnels !
devient concrète et tangible ; eUe trouve en se personnifiant dans le roi son expression définitive et populaire. Commencée vers le milieu du xii« siècle, cette transformation s'acheva att xiv« avec Philippe le Bel. » {Id. Ibid,)
Certes, l'État existait avant Philippe-le-Bel, avant le milieu du xii® siècle, avant les Capétiens, avant même Charlemagne.
, Et au sein de cet État, la liberté d'enseignement- demeurait intacte ; bien plus elle allait grandissant, se développant comme une tige vigoureuse ; l'heure de son épanouissement • était venue, les universités commençaient à éclore.
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Origine ecclé^8tik][ue de l'Université.
Après les terreurs de Tan mil, et surtout après lés ravages de rinvasion normande , il y eut une recrudescence d'ardeur pour Tétude. A côté des anciennes écoles» à savoir celles du palais, de Saint-Germain et de Saint-Ejenys, qu'on appelait les trois filles spirituelles des papes, de nouvelles s'ouvrirent.
Mais toutes les écoles qui, à côté de ces deux savantes abbayes et d'autres, telles que Saint- Victor, etc., devaient bientôt constituer l'Uni-
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versité de Paris, sortaient de celle du Cloître, près du parvis de Notre-Dame, comme les jeunes essaims s'échappent de la ruche mère et deviennent à leur tour la source de nouvelles colonies. Au cloître de Notre-Dame en particulier plusieurs de nos rois avaient été élevés, (c comme au sein maternel, » ainsi que le rappelle Louis VII (1) pour lui-même. Voilà pourquoi le chancelier de l'Église de Paris, légat du pape, conserva toujours des droits sur ces écoles. Point fondamental que nous nous réservons de prouver amplement.
Des séculiers y professèrent parfois, car rÉglise permettait d'enseigner à quiconque était idoine, c'est-à-dire capable^ (2) à moins qu'il ne s'en fût rendu indigne. C'est précisément la plus large règle que l'on applique à présent. Alexandre III avait ordonné que tous les hommes idoines et lettrés qui voudraient diriger