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médecine des visages pâles.” (Se redressant avec fierté). Que mon frère amène le prisonnier; la Peau Rouge ne doit rien au visage pâle. (77 se remet à fumer tranquillement.)
Dumaus.-—Ecoute, mon frère, et pardonne à Dumais s’il t’a caché la vérité. Il va te parler en présence du Grand-Esprit qui l'écoute, et le visage pâle ue ment jamais au Grand-Esprit.
La GRAND’LouTREe.—C’est vrai, que mon frère parle, j'écoute.
Dumais.—J'ai quarante-ci1q hivers ; il y a de cela quinze hivers ; je gagnais mon wigwam à la fin du dernier mois de la saison des neiges ; je m’aventurai sur la glace à environ douze arpents au sudouest du faubourg de Saïint-Thomas. La glace amollie par les feux du soleil, et minée par les eaux du grand fleuve se brisa tout à coup et ton frère disparut sons les eaux. (Cependant je parvins à sauter sur un glaçon, mais non sans accident, car je me cassai la jambe au-dessus de la cheville,
La GranD'LourRe.—La Grand’Loutre à vu la blessure de son frère et l’en plaint.
Bumais.—Alors j'appelle à mon aide. Les visages pâles couvraient bientôt la côte. Un mugissement souterrain se fit entendre semblable à un: coup de tonnerre. Les glaçons s'amoncelant les uns sur les autres formèrent une digue qui s’écroula bientôt avéc un fracas épouvantable. Je fus lancé avec la vitesse de l'éclair dans la direction de la . chûte de Saint-Thomas. La glace ne rencontra sur son passage d'autre résistance qu’un cèdre géant qui se trouvait dans un îlot, au milieu de la rivière. Je pus saisir le vieil arbre et l’enlacér de mes deux: bras avec une étreinte convulsive. Dans ce moment, j'aperçus ma femme et mes enfants qui se tordaient
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dans l’agonie du désespoir. J’entendis aussi la voix de la Robe-Noire qui, comme un ange de la miséricorde, recommandait mon âme au Grand- Esprit, je fis à Dieu le sacrifice de mes jours et j'attendais le moment suprême avec calme, quand tout à coup je me sens saisi par un bras vigoureux qui m’entraîne du milieu des flots.
LA GRAND’'LouTRE.— Mon frère ne pourra jamais trop faire pour celui qui l’a empêché de servir de pâture aux habitants des eaux.
Domais (se Zvant et ôtant sa casquette). —Eh bien! ton frère déclare en présence du Grand- Esprit que le prisonnier est celui qui lui a sauvé la vie, (A ces mots, le sauvage pousse un cri, se lève et s'élance sur Arché en tirant son couteau, coupe ses liens et le pousse dans les iras de Dumais.)
ARCHÉ. — Mon Sauveur !...
Dumais (prenant Arché sur son cœur).— Mon
ami ! bénissons la Providence, j'allais commettre un meurtre pour vous sauver.
ARCHÉ.— Noble Dumais ! vous avez fait pour moi cent fois plus que je n'ai fait pour vous. Vous m'avez soustrait # une mort honteuse et cruelle, En me conservant la vie, vous m'avez fourni le moyen de me justifier peut-être un jour auprès de mes bienfaiteurs. (On entend le cris des sauvages.) Quels sont ces cris ?...
La GRAND'LOUTRE.—Ce sont nos guerriers du Marigotte. (4 Dumais) Mon frère, allons au devant d'eux afin qu'il ne puissent pas voir ton frère au visage pâle.
Dumais —Allons, mon frère. (4 Arché) Adieu !
noble jeune homme.
ARCHÉ.— Adieu ! mon libérateur, n'oubliez pas le malheureux proscrit.
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dosté | oonnit
Dumais.—C'est entre nous, à la vie à la mort,
Adieu !