‹ Les anciens canadiens [microforme]Chapitre 6 sur 27 · PAU |, PRE · texte numérisé non relu

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Tous.— Elle l’étrangla ! elle l’étrangla ! !!

José.— Ah ben!.... quand j'dis étranglé....

mais il n’en valait guère mienx l'cher honine, parce qu’il perdit tont à fait connaissance. Quand il revint à lui, il entendit un petit oiseau qui criait : Qué-tu ?.... Qué-tu ? Ah ! ça, dit mon défunt père j'sus donc point en enfer puisque j'attends les oiseaux du bon Dieu. Il risque un œil, et puis un autre et voit qui s’fait tout à fait jour. Il attelle donc sa jument qui avait eu connaissance de rien, à ce qu'il paraît, la pauvre bête et reprit au plus vite le chemin de la maison. Ce fut que quinze jours après qu’il nous conta son aventure.

FonTAINE.—C'est aussi effrayant que les contes que nous contait mon défunt grand-père .... j’en frissonnais des pieds à la tête.

DE Sainr Luc.— Allons ! Fontaine, fais-nous grâce de tes histoires ! Savez-vous bien qu’il est sept heures à mon estomac et que vous devez vous aussi sentir la faim. Allons, mangeons un morceau de pain pour nous réconforter.

José.— D'accord, mon capitaine.

Tous. — D'accord, d'accord.

FoNTAINE.-—C’est y joli tout de même d’être au bivouac quand on ne sent les ennemis que de loin.

Dusé.—V'là que j'aperçois dans le lointain, Pierrot qui s’en vient avec sa cornette sous le bras.

DE SainT-Luc.-—Tant mieux, la douce liqueur qu’il apporte servira de sauce pour arroser notre pain. (Avec feu.) Qu'elle est belle, la vie du soldat ! je parie contre tout l’or du monde que le plus riche n’est pas aussi heureux qu’un bon troupier sans peur et sans reproche, mangeant sa soupe et .Son pain noir avec un appétit d’enragé.

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José.--Vous avez ben raïson, mon «ffcier, surtout quand ce militaire est un Canayen.

Tous.— Vive le soldat canayen !!

SCOÈNE £V.

Les PRÉCÉDENTS, PIERROT.

Dugé.—Arrive donc, Pierrot, il y a longtemps que nous t’attendons.

FoNTAINE.—C'est la cruche, va ! plutôt que le cruchon. |

PierRoT.— Tiens, ce farceur de Fontaine... tu finiras, grand drôle....

Dué.—Pour le moment il ne s’agit que de manger, de boire et de se divertir en attendant que nous fassions danser à messieurs les Anglais un rigodon au son du canon. Maintenant asseyonsnous là et que chacun fasse son devoir. (Zows s'asseyent.)

FoNTAINE.—Son devoir, morguenne, j'cré ben qu'nous le ferons son devoir. J’voudrais aue son devoir fût jamais plus difficile que ça. (7/5 mangent et boivent.)

JOSÉ (commençant à fredonner, puis élevant la voix graduellement.) — Savez-vous pourquoi mes amis etc., etc.

UN SOLDAT (un verre à la main.) —A la santé de papa José ! !

José.-—Merci ! à la tienne pareillement.

FoNTAINE.—A la santé de maman Lizette pi d’'son garçon Edouard Fontaine qu’est en guerre,

DuBé.—Quand est-ce donc, mon officier, que nous aurons le plaisir de nous frotter un petit peu

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avec les Angia.s? Je commence à m’ennuyer de cette vie tranquiile ei toujours la mêine.

PiERROT.—Certainement, mon officier, le solaat canayen n’est pas fait pour resver oisif, il lui faut l'odeur de Ja poudre, le bruit du canon, les luttes d’une guerre longue et pénible.

UN Mizicien.—-Et puis, moi donc, que c’est pour la première fois que j'aurai le bonheur de me battre contre ces hérétiques. J'ai ben hâte de leur montrer ce qu’on peut quand on défend son pays.

Un AUTRE MILICIEN.-—Oui, nous leur montrerons que lorsqu'il s’agit de défendre son pays, les Canayens jeunes comme vieux.... tous sont soldats,....

JosÉ.—J’crois ben que j’sommes tous des soldats et des crânes de soldats encore ! Qu'ils viennent, ces Anglais, et nous les battrons une fois de plus, qu'ils soient tant qu'ils voudront, un contre cinq, un contre dix, un contre vingt, nous les battrons toujours !

DE Saimr-Luc (se evant.) —- Bien! mes amis, montrez-vous toujours les dignes fils des héros canadiens, et les ennemis nous les vraincrons partout. Nous élèverons le Canada au plus haut degré de gloire et de prospérité. Mais en attendant que uos chefs nous guident au champ d’honneur, faisons des vœux pour le succès de nos armes, et puisse le drapeau fleur de lys toujours flotter sur les rivages de la Nouvelle-France !

Tous (se /evant).—Vive la Nouvelle-France !

FonraiNe.—C'est y ben joli, tout de même de s’battre comme ça avec des cris pi des beaux discours. Au moins, ça n'fait pas d'mal au pauvre monde. V’là comme j'aimeruis une guerre ousqu'il ne s'agirait que d’hoire et manger, ousqu'’on pour-

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rait battre l’ennemi sans le rencontrer. S'il y avait moyen de s'arranger comire cela avec messieurs les Anglais.

DE Sainr-Luc (/'interrompant.)—Fontaine! es-tu Canadien ?.... songe donc au sang qui coule dans t2s veines...

FONTAINE. - Ah! mon officier, j'sommes pas capabie de penser au sang, ça me fait trop peur, t’nez, j'me connais, j'suis d’un caractère trop bonasse pour être soldat. ... c’est à un point que..

DE Samnr-Luc (/’interrompant.)— Allons, assez, assez, mon ami Fontaine pour devoiler ta lâcheté...

Dugé.— Voici que j'aperçois venir not’ commandant ....

DE Sainr-Luc.— Chacun à son poste,

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