SCÈNE VI
Les PRÉCÉDENTS, DUuMaAIs.
JuLEs.—Eh bien! brave Dumais, votre ambassade a-t-elle réussi ?....
Dumais.—A merveille, mon commandant. La Grand’ Loutre si renommé parmi les sauvages
s’est prononcé en notre faveur. Aussitôt tous se.
- sont rangés de son avis et ont entonné le cri de guerre. La Grand’ Loutre a envoyé des messages aux chefs des autres tribus ; lui-même devait partir
le jour que j'ai quitté leur canton. Je suis même.
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surpris qu'il ne soit pas encore arrivé avec ses guerriers ; il né saurait tarder longtemps.
JULES.—Dumais, vous avez bien aérité de la patrie, pour le succès de votre mission.
D'imais.— Voilà, mon commañhdant, pour la premiere partie de mon ambassade. La seconde a été aussi facilement exécutée. J'ai passé par le camp du capitaine d'Haberville, vote père qui m'a donné les renseignements désirés sur les mouvements de l’armée anglaise. Voici d'ailleurs une lettre qu’il m'a chargé de vous remettre, (77 donne la lettre à res.)
JuLes (4f haut, tous l'écoutent). — ‘ Mon fils, l'ennemi a opéré son débarquement hizr, les tentes d’un insolent étranger couvrent nos cempagnes. Il y promène l'incendie et la dévastation. Il est bien probable que la bataille aura lieu demain. Les circonstances où nous sommes sont graves. L’ingrat Archibald de Locheil, ton ami d'enfance, est à la tête d2s ennemis, et signale sa bravoure en brûlant les habitations de ceux qui l'ont accueilli dans son ivfortune, Adieu, mon cher Jules, montre-toi toujours le digne descendant des d'Haberville et songe que tu combats pour ton Dieu et ta patrie. CAPITAINE D'HABERVILLE.”
Ai-je bien lu !! Arché que nous avons accueilli dans ses malheurs ; Arché ! pour qui j'aurais versé avec joie jusqu’à la dernière goutte de mon sang! Lui ! l’ennemi de mes compatriotes ! ! La sinistre rumeur d'hier s’est donc changée en réalité...Ah! traître, c’est ainsi que tu t’acquittes envers une famille qui t'a tant aimé !! Vil proscrit; cette terre t’a nourri parmi ses plus nobles enfants... C’est donc un serpent qu’elle a réchauffé dans son sein. ..(77 se promène à grands pas.) Mes anis,
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je me retire dans ma tente. J'ai quelque chose à expédier à mon père, nous partirons duns quelques heures pour le poste inliqué, Soyez sans crainte, et tenez-vous prêts à tout événement.
De Sainr-Luc.-—Tout ira bien, capitaine, ( /.4s sort.) SCÈNE VIT.
LEs PRÉCÉDENTS, EXCEPTÉ J'ULES,.
FuNTAINE.—C'est y drôle pour un monseigneur quand ça s’fâche.
José.—J’avons le cœur tout sans d’sus d’sous de ce que je viens d'apprendre. C’t’Arché que j'ai élevé avec monsieur Jules.... qui m'paraissait si bon, si gentil.... Ah ! c’est pas posssible....Pourtant c’est ben vrai, puisque l’papier l'dit.... Et pi
ce cher Jules qui aimait tant son Arché.... Ah! mon Dieu, j'espère qu’il pourra supnorter cette épreuve. ...
Dumais.—Ce n’est pas possible, je connaïs trop bien Arché pour le croire capable d’une telle trahison. Celui qui s'expose à une mort presqu'évidente pour sauver un étranger, comine Arché l’a fait pour moi, quand j'ai failli être englouti par la débâcle dans la chûte de Saint-Thomas, celui-là n’est pas capable d’une action aussi noire. Il faut qu’il y soit forcé par une dure nécessité. (O» entend le cri de guerre des sauvages.)
Dugé.— Quels sont ces cris ?....
Dumwais. —Je les reconnais, c’est la Grand’Loutre avec ses guerriers, Qui nous pee
DE Sainr Luc.— Eh bien ! mes amis, volons audevant de nos alliés.
LE RIDEAU TOMBE