LOCALES
les pertes de ces infortunés.… Hentt-10 5 ei sd
Toutes. les! habitations: et: leurs Ai d'une
partieide la Rivière-Ouélle| des ; paroisses dé Sainte-Annè et de Saint-Roch, Île long du fleuve Saint-Laurent, n°
fraient: déjà plus que dés ruines furfantes, et l'ordre n arrivait ‘point de suspendre cètte œuvre diabolique dé dévastation. : De Lôcheill voyait, au contraire, de temps ‘à autre, la division de son supérieur, qui suivait à une petite distance, s'arrêter subitement sur un terrain élevé, pour pins sans. one‘ à son commandant des sa
+ It rÉ 15 Cr DR : Ji4 2 re
Ux, qui | brûlait à
entendre quelquefois ses éclats de rire étoves à la vue de tant d'infortunes,
La première maison de Saint-Jean-Port-Jc ol était celle d’un riche habitant, sergent dans la compagnie du capifair taine d'Haberville, où de ‘Locheill : J avait été fréquemment
re nrier avec son ami jus "ét sa sœur, pe pendant leurs vacances: li se rappelait, avec douleur, l'empressement,
da joie de ces bonnes ‘gehs $ st heureux des visites de leurs
feunes seigneurs ét dé Téurs anis A Ter arrivée, à mère Dapont et”ses files céutaieità W'lsiterié, au'jardin, à Pétablé, chérchér 16s œufs, lé beutté, ‘12 érêmé, ‘lé persil, Le cérfeuil; pour faire les crépés"et'les ôme éttés aux fines herbes." Le ‘pré Dupont ‘et sés fils #émipréséalent de détéler leschévaux; dé'les mèrier à Pééürie ét'dé leur donner te fätge portion d'avoine. ‘Tandis que là mère
Düpônt préparait DE répas; ‘les Jeunes gens faisaient un bout de toilette ; on improvisäit un’ bal, ‘et lon sdütait au
son du violon, le-plus-souvent à trois cordes qu'à quatre,
qui grinçait sous l’archet du vieux sergent. “Jules, malgré les remontrances de sa sœur, mettait tout'seris dessus dessous dans la maison, faisait ‘endiabler' tout:lè monde, êtait la poële à. frire des mains de la mère Dupont, l'emmenait à bras le corps danser un menuet avec-luf, malgré les efforts de la vieille pour s’y soustraire, vü'sor absence’ de toilette convenable; et ces braves -gehs, riänt aux éclats, trouvaient qu'on ne faisait jamais assez de vacarme,
De Locheill repassait toutes ces.choses dahs l'amiertume
de son âme, et une sueur froide coulait de tout son corps, . |
a vue
t celle | Capiament t leurs ment, : Jeurs | mère din, à persil, * fines nt de é leur | mère ht un ait au quätre, malgré dessus
; lemmalgré
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OIPS, :
iondé,
Les Anciens Canadiens 435 lorsqu’il ordonna d'incendier cette demeure si hospitalière dans des temps plus heureux.
La presque totalité des habitations de la shamilse concession de la paroisse de Saint-Jean-Port-Joli avait été réduite, en. cendres, et l'ordre d'arrêter la dévastation n 'arrivait pourtant pas. . Parvenu, au, soleil couchant, À la petite rivière Port-Joli, à quelques arpents du domaine d'Haberville, de Locheill fit faire halte à sa troupe. il monta sur la côte du même nom que Ja rivière, et Jà, à la vue du manoir et de ses vastes dépendances, : il attendit ; il attendit comme un criminel qui, Sur l'échafaud, espère jusqu’au der ter moment voir acçourir un messager de miséricorde. avec un sursis d'exécution. Il contempla, le Cœur gros. de souvenirs, cette demeure où pendant: dix ans il avait été accueilli. comme l'enfant de la maison; où, pauvre orphelin proscrit et et exilé, il avait retrouvé une autre famille. 1 contemplait avectristesse ce hameau silencieux qu’il avait vu $i vivant et si animé avant son départ
pour l’Europe. ! Quelques pigeons, qui voltigéaient au-
dessus des bâtisses, où ils se reposaient de temps à autre;!
paraissaient les seuls êtres vivants de ce beau domaine. Il répéta, en soupirant, avec le barde écossais : ce Selma, 77 halls are silent. There is no sound in the woods of
7 Morven. The wave tumbles alone in the coast. The
“ silent beam of the sun is on the field.”—Oh | ouii mes
amis ! s’écria de Locheill dans l’idiome qu’il affectionnait,
vos salons sont maintenant, hélas ! déserts et silencieux !
Il ne sort plus une voix.de.ce promontoire dont l'écho.
er dm D + — De 2 re |
230 Les Anciens Canadiens répétait naguère vos joyeux aécents ! le murmiré de la vague tombant sur le sable ‘dû rivage se fait seul enten.
dre Un unique et pâle rayon du soleil couchant éclaire vos prairies jadis si rates
. Que faire, ! moñ Dieu si là r rage de cet animal féroce CT, Dois-je refuser d'obéir ? Mais alors
k suis un homme déshionoré ; un Soldat, surtout en temps de guerre, ne peut sans ‘être flétri, refuser d’exécuter les ‘ordres d'un officier supérieur. Cette brute âurait le droit de me faire fusiller .sur le champ, et le blason des Caméron of Locheill serait à jamais terni ! car qui se chargera de laver la mémoire du jeune soldat jui aura préféré la mort du criminel À la souillure de lingratitude ? Au contraire, ce qui, chez moi, n'aurait été qu ‘un sentiment de reconnaissance, ? me serait imputé comme trahison par cet homme qui n me poursuit d'une haïne satanique.
. La voix rude du major Montgomery mit fin à ce dnsiotns
2 — Que faites Vous : ici, 1üi ai ?
or Jai laissé reposer : mes soldats s sur. les bords de la rivière, répondit Arché, et je me proposais même d'y passer Ja nuit pres la lrgpe marche ae nous avons
faite. - ee Has
Éte n'est dt vie at ae: ns rajor vous cofinäissez mielx que #ol lh carte du pays ; et vous |
‘de la éntenéclaire
féroce Is alors out en : d'exc.
brute p, et le terni !
soldat lure de v'aurait imputé t d'une
n à ce
* vous ét vous
Le
trouverez aisément pour bivouaquer une autre place que celle que je viens de choisir pour moi-même, |
—* Je vais remettre mes hommes en marche; il y a une autre rivière à un raie d'ici, où Aus RAPERREN passer la nuit.
- C'est bien, dit Montgomery dt ton insolent, ei comme il ne vous restera que peu d'habitations à brûler dans cet espace, votre troupe pourra bien vite se ne de ses fatigues.
— C'est vrai, dit de Locheill, car il ne rebte que cinq habitations ; mais deux de ces demeures, ce groupe dé bâtisses que vous voyez et un moulin sur la rivière où je dois bivouaquer, appartiennent au seigneur d'Haberville, à celui qui, pendant mon exil, m'a reçu et traité comme son propre fils: au nom: de Dieu! major Montgomery, donnez vous-même l’orire de destruction.
— Je n'aurais jamais pu croire, reprit le major, qu’un
officier. de Sa Majesté Britannique sû osé parler de
trahison envers son souverain. -
— Vous oubliez, monsieur, fit Arché se contenant à peine, que j'étais alors un enfant. Mais, ençore une fois, je vous ep conjure an nom de ce que vous avez de plus cher au monde, donpez l'ordre vous-même, et ne m'obligez pas.à manquer À l'honneur, à La cmt en promenant la torche incendiaire sur les propriétés de ceux qui dans mop. infortune m'ont comblé de bienfaits.
— J'entends, reprit, en ricanant, le major : monsieur
RAA EE.
FRA RS É. SATA
238 Les Anciens Canadiens $e réserve üne porte pour rentrer en grâce avec ses amis quand l'occasion s’en présentera.
A cette cruelle ironie, Arché hôrs dé lui-même fut teité un instant, un seul instant, de tirer sa claymore et de lui dire :
— Si vous n'êtes pas aussi lâche qu'insolent, défendezvous, major Montgomery |
La raison vint heureusement à son aide : sa main, au lieu de se porter à son sabre, se dirigea machinalement vers sa poitrine, qu’il déchira de rage avec ses ongles. Il se ressouvint alors des paroles de la sorcière du domaine :
“ Garde ta pitié pour toi-même, Archibal Locheill, “lorsque, contraint d’exécuter un ordre barbare, tu # déchireras avec tes ongles:cette poitrine qui recouvre “ pourtant un cœur noble et généreux. ”
— Elle était bien inspirée paf l’enfér, cette femme, pensa:t-il, lorsqu'elle faisait cette ta à un Cameron of Locheill.
Moñtotery conitémplé uñ instant, avec ühe joie féroce, cétte tütté de passions contraires qui torturäient l'Ame du jeune homme ; il sävouta ce patüiysme dé désespoir ; püis, Se Pätiarit qu'il refusérait d'obéif, il lui tourna le dos, De Lotheill, pénétiänt s0h dessein pérfidé, se’dépêcha
dé réjoindre 4 compagnie, ét'ané deiicheüre äprès, tout dbinthe d'Haberville était la proie des flämmes. Arché
amis
e fut >re et
ndeze
in, au ment ngles.
re du
cheill, e, tu ouvre
emme, meron
féroce, Aime du sspoir ; lé dos, épêcha ës, tout
Arché
Les. Ancjeus, Çanadjens 259 s'arrêta ensyite sur la petite côte, près dé, çatte fontaine,
où, dans des temps plus heureux, il avait été si souvent se désaltérer ayec ses amis ; 3.et de là ses, yeux de lynx
décoyyrirent Moptgomery r revenu à la même place où il lui avait si ifié ses, ordres, “Montgomery qui, les bras
croisés, sem blait se se repalre d de ce cruel spectacle. Alprs, écumant de rage à, à la vue de son ennemi, il s'écria : :
— Tu.as née mémoire, Montgomery; tu, d'an:pas oubliéles coups de, plat: de sabre qué. mon:ajeul, donna à ton srand-père dans une auberge. d'Edimbourg ;. mais moi aussi! j'ai: la mémoire tenace ;.je ne. porterai;pas toujours cette livrée qui: me. lie les. mains, et.tôt ou.tard je doublerai la dose sur. tes: épaules, car.tu serais. trop lâche pour me .rencontrer face à fage : un homme. aussi barbare que:toidoit être. étranger à tout noble sentiment, même à celui de la: bravoure, que. l'homme partage. en commun. avec l'animal privé:de raison. : Sois. maudit:toi et toute ta race ! Puisses-tu, moins heureux que ceux que tu.as:privés d'abri, ne pas avoir, lorsque tu, mourxas,
une seule pierre. POUX reposer, bis Puissent toutes les funies de L'enfer...
Mais, voyant qu'il s'épuisait dans t une rage impuissante, il ‘'éloigna « en gémissant.
Le moulip, sur la. rivière, des. TroisSaumns, ne. fut bientot, qu'un. moppea, de, cendres. et: linpendie, des
maisons, que. possédait, à. Québes le. Pains jh à
‘240 Les Anciens Canalfiens
ville, qui eut lieu pendant le siége de la capitale, | ie ‘sa rüine,
De Locheill, après avoir pris les précautions nécessaires à la sûre eté de sa compagnie, se dirigea: vers l’ancien manoir de ses amis, qui n’offrait plus qu ‘une scène de désolation. En prenant par les bois, qu'il connaissait il s'y transporta en quelques minutes. Là, assis sur la cime du cap, il contempla longtemps, silencieux et dans des angoisses indéfinissables, les ruines fumantes à ses pieds. 1l pouvait être neuf heures ; là nuit était sombre; peu d'étoiles se montraient au firmament. 7! lui sembla néänmoins distinguer un être vivant qui errait près des ruines : c'était, en effet, le vieux Niger, qui, levant quelques instants après la tête vers la cime du cap, poussa trois aurlements plaintifs : il pleurait aussi, à sa manière, les malheurs de ia famille qui l'avait nourri De Locheill crut que cès cris plaintifs étaient à son adresse ; que ce fidèle animal lui reprochaït son ingratitude envers ses anciens amis, et il pleura amèrement,
—- Voilà donc, s’écria:t-il avec amertume, les fruits de ce que rous appelons code d'honneur chez les nations civilisées ! Sont-ce” là aussi les fruits. des préceptes qu’enseigne l'Evangile à tous ceux qui professent la
religion chrétienne, cette religion toute d'amour et de | pitié, même pour des ennemis. Si j'eusse fait partie | d'une me commandée par un chef de ces abori- |
de r cette dava liatio que | les d à né:
nique seule retro amis sur le cette je rê lorsq expéc solda de £ main bienfi
ompléta
y néces- Pancien ène de jssait, il s sur la et dans es à ses sombre ; | sembla près des , levant du cap, ssi, à sa
nourri nt à son on ingrabrement, fruits de
nations
réceptes !
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et que je lui.eusse dit : “ Epargne cette maison, car elle
# appartient à mes amis; j'étais errant et fugitif, et: ils
“ m'ont accueilli dans leur-famille; où j'ai trouvéun père
“et des frères,” le chef ‘indien m'aurait répordu : :
“ C'est bien: épargne tes amis : il n’y a que le sérpènt “ qui mord ceux qui l'ont réchauffé près de leur feu.”
J'ai toujours vécu, continua de Locheill, dans l’espoir de rejoindre un jour mes amis du Canada, d’embrasser cette famille:que j'ai tant aimée et que j'aime encore davantage, aujourd’hui, s'il est possible. Unc réconcilation n’était pas même nécessaire : il était trop naturel que j’eusse cherché à rentrer dans ma patrie, à recueillir les débris de la fortune de mes ancêtres, presque réduite à néant par les confiscations du gouvernement britannique. Ilne me restait d’autre ressource que l’armée, seule carrière digne d’ün Cameron of Locheill. J'avais retrouvé la claymore de mon vaïllant père, qu’un de mes amis avait rachetée parmi le butin fit par les Anglais sur le malheureux champ de bataille de Cullodén. Avec cette arme, qui n’a jamais trahi un homme de ma race, je révais ‘une carrière glorieuse. J'ai bien été peiné, lorsque j'ai appris que mon régimemt devait joindre cette expédition dirigée contre la Nouvelle-France; mais un soldat né pouvait résigner, sans déshonneur, en temps de guerre: mes amis l’auraient compris. Plus d'espoir maintenant pour l'ingrat qui a brûlé les propriétés de ses
bienfaiteurs! Jules d'Habérville, celui que j'appelais
jadis mon frère, sa bohne et sainte mère, qui était aussi la mienne par adoption, cette belle et douce jeune fille, que j’appelais ma sœur, pour cacher un sentiment plus tendre que la gratitude du pauvre ‘orphelin l’obligeait à refouler dans son cœur, tous ces bons amis écouteront peut-être ma justification avec indulgence et finiront par me pardonner. Mais.le capitaine d'Haberville ! le capitaine d’Haberville, qui, aime de toute la puissance de ‘son âme, mais dont la haine est implacable, cet homme qui n’a jamais pardonné une injure vraie ou supposée, permettra:t-il à sa famille de prononcer mon nom, si ce n’est pour le maudire ?
Mais j'ai été stupide et lâche, fit de. Locheill en gringant des dents ; je devais déclarer devant. mes soldats, pourquoi je refusais d'obéir ; et, quand bien-même Montgomery m'eût fait fusiller sur. le champ, il se serait trouvé des hommes qui auraient approuvé ma désobéissance, et lavé ma mémoire, J'ai été stupide et lâche, car, dans lé cas où le major, au lieu de me faire fusiller, m'eût traduit devant. un tribunal militaire, on aurait, tout en prononçant sentence de mort contre moi, apprécié mes motifs. J'aurais été. éloquent.en défendant mon honneur ; j'aurais été éloquent en. défendant un des plus nobles sentiments du cœur. humain: la gratitude. Puissiez-vous, mes amis, être témoins de, mes. remords! 11 me semble qu’une.légion. de vipères. me, déchirent la poitrine. Läche, mille. fois lâche Wessin!
Une voix près de lui répétAa: “ Liche! mille fois
ait aussi une fille, ent plus ligeait à outeront ront par le capisance de homme upposée, )m, si ce
en grinsoldats, e Montse serait lésobéistt lâche, fusiller, rait, tout apprécié nt mon un des atitude, emords | ent la
ille fois
“ jâche1” . Il crut d’abord que c'était l'écho du cap qui répétait ses paroles dans cette nuit si calme pour toute là rature, tandis que l’orage des passions grondait seul dans son cœur. Il leva la tête, et aperçut, à quelques pieds de lui, la folle du domaine debout sur la partie la plus élevé d’un rother qui projetait sur la cime du cap; elle joignit les mains, les étendit vers les ruines à ses pieds, et $’écria d’une voix lamentable : “ Maïlheur ! malheur ! malheur!” : Elle descendit ensuite: avec la vapr dité de l'éclair, le sentier étroit et: dangereux qui conduit au bas du promontoire, et, comme l'ombre d'Œrope, se mit en. errer. parmi les ruines en criant : Désolation ! désolation ! désolation ! : Elle. éleva: ensuite un bras menaçant. vers, la cime: du cap et cria: “ Malheur! “ malheur à.toi, Archibald.de Lochéeill !”
Le vieuxichien: poussa un hurlement: paabipiet prolongé et tout tomba dans:le silence.
Au moment où Arché, sous impression douloureuse de ce spectacle et de ces paroles sinistres, baissait la tête sur son sein, quatre hommes ‘vigoureux se précipitèrent sur lui, le renversèrent sur le’ rocher, et lui lièrent ies mains, C'était quatre sauvages de la tribu des Abénaquis, qui épiaient, cachés lé’ long de la lisière des bois, tous les mouvements de la.troupe anglaise, débarquée la veille à
la Rivière-Ouelle. : Arché, se confiant à sa force herculéenne, fit. des efforts désespérer pour briser ses liens - la forte courroie, de ct d'orignal qui enlaçaitses poignets,
à triple tour, se tendit à plusieurs reprises, comme
elle allait se rompre, mais résista à ses attaques puis | santes. Ce que voyant de Locheill, il se résigna à son À
sort, et suivit, sans autre résistance, ses ennemis, qui s'enfonçant dans la forêt, se dirigèrent vers le sud. Sa vigoureuse jambe écossaise lui épargna bien des mauvais traitements.
Elles étaient bien amères les réflexions que faisait le captif pendant cette marche précipitée à travers la forêt, dans cette même forêt dont il connaissait tous les détours, et où, libre et léger comme le chevreuil de ses mon-
“tagnes, il avait chassé tant de fois avec son frère d'Haberville. Sans faire attention à la joie féroce des Indiens, dont les yeux brillaient comme des escarboucles en le voyant en proie au désespoir, il s’écria :
— Tu as vaincu, Montgomery ; mes malédictions retombent maintenant sur ma tête; tu diras que j'ai
déserté à l'ennemi ; tu publieras hautement que je suis |
un traître que tu soupçonnais depuis longtemps. Tu as vaincu, car toutes les apparences sont contre moi Ta joie sera bien grande, car j'ai tout perdu, même l’honneur.
Et, comme Job, il s’écria :
Périsse le: jour qui m’a vu naître!
Après deux heures d’une marche rapide, ils arrivèrent au pied de la montagne, en face de la coupe qui ‘conduit au lac des Trois-Saumons: ce qui fit supposer à Arché qu'un détachement de sauvages y était. campé. Arrivés
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MIS, qui sud. Sa Mauvais
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édictions que j'ai
> je suis |
Tu as noi Ta donneur,
vèrent conduit : Arché Arrivés
sur les bords du lac, un de ceux qui le tenaient prisonnier poussa, par trois fois, leicri du huard ; et les sept échos des montagnes répétèrent, chacun trois fois, en s’'éloignant, le cri aigre et aigu du superbe cygne du Bas- Canada. Malgré la lumière incertaine des étoiles, de Locheill n’aurait pu se défendre d’un nouveau mouvement de surprise mêlé d’admiration, à la vue de cette belle nappe d’eau limpide, encaissée dans les montagnes et parsemée d’îlots à la couronne de sapins-toujours verts, si son cœur eût été susceptible d’autres impressions que de celles de la tristesse. C'était bien pourtant ce même lac où il avait, pendant près de dix ans, fait de joyeuses excursions.de pêche ‘et de chasse avec ses amis, C'était bien le même lac qu'il avait traversé à la nage, dans sa plus grande largeur, pour faire preuve de sa force natanoire, Mais pendant cette nuit funeste, tout lui semblait mort dans la nature, comme son pauvré cœur.
Un canot d’écorce se détacha d’un des îlots, conduit par un homme portant le costu.aie des aborigènes, à l'exception d’un bonnet de renard qui lui couvrait la tête : les Sauvages ne portaient sur leur chef que les plumes dont ils l’ornaient. Le nouveau venu s’entretint assez longtemps avec les quatre sauvages ; ils lui firent, à ce que supposa Arché, le récit de leur expédition.; mais corame ils se servaient de l’idiome abénaquis, de Locheill ne comprit rien à leurs discours. Deux des Indiens se dirigèrent vers le sud-ouest, par un sentier un
nciens Canadiens
peu au-dessus du lac. On mit alors Arché dans le canot et on le transporta sur l’ilot, d’où était sorti l’homme au
- A e + Ll babes …
» canot ame au