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“le soleil dangereux porter à uTONS qui ile, trop puva bien t eu assez in.
bataille bien chè t'la perte de la part Nouvelle e à l’Anprès cette e.
soupçons \éry avait rmée brips qu’il $on apti.
ancé aux valurent Courage, ique des hamp de ié par lé
Les Anciens Canadiens 23r
général Murraÿ, qui le combla publiquemeïñt de louanges. A
Lors de la déroute de l'armée anglaise, à la seconde bataille des plaines. d'Abraham, Archibald dé Locheill, après des prodigés de valeur à la tête de ses imontagnards, fut le dernier à céder un terrain qu'il avait disputé pouce à pouce ; il se distingua encore par son sang-froid et ‘sa présence d'esprit en sauvant les débris de sa compagnie dans la retraite ; car, au lieu de suivre le torrent des fuyards vers la ville de Québec, il remarqua que le moul'a de Dumont était évacué par | les grenadiers français, OC: cupés à la poursuite de leurs ennemis dont ils. faisaient un grand carnage, et profitant de cette circonstance pour dérober sa marche à l'ennemi, il défila entre cette position et le bois adjacent. ‘Ce'fut alors qu'il crut entendre prononcer $on ñoïh ; et, se détournart, il vit sortir du bosquet un officier, le ‘bras éx écharpe, la tête couverte
d’un linge sanglant, l'uniforme en lambeau, qui, Fépée à à. # la main, s'avançait en chancelant vers lui. |
| — Qué faites-vous, brâse Cameron de Lochéill, cria
l'inconnu? Lé moulin est évacué par nos vail'ants soldats;
il n'est pas mêmie défendu par des femmes, des enfants et des vieillards infirmes ! Retournez sur vos pas, valeu:
reux Cameron, i vous sera facile de l’incendier pour
couronner vos exploits | !
Il était impossible de se méprendre à la voix railleuse de Jules d'Haberville, quoique son visage, souillé de sang et de boue, le réndit méconnaissabie.
282 Le Anciens Canadiens
Arché, à ces paroles insultantes, n’éprouva qu’un seul sentiment, celui d’une tendre compassion pour l'ami de sa jeunesse, pour celui qu’il désirait depuis si longtemps presser daus ses bras. Son cœur battit à se rompre ; un sanglot déchirant s’échappa de sa: poitrine, car il lui sembla entendre retentir de nouveau les paroles de la sorcière du domaine :
,— “ Garde ta pitié pour toi-même: tu en auras besoin, “lorsque tu porteras dans tes bras le corps sanglant de “ celui que tu appelles maintenant ton frère! Je n’é “ prouve qu’une grande douleur, ô Archibald de Locheil!! # C’est celle de ne pouvoir te maudire! Maïheur! mal- # heur ! malheur ! ”
Aussi Arché, sans égard à la position critique dans laquelle il se trouvait, à la responsabilité qui pesait sur ui pour le salut de ses soldats, fit faire halte à sa com- -vagnie, et s’avança au-devant de Jules, sa claymore uirigée vers terre. Un instant, un seul instant, toute la tendresse du jeune français pour son frère d'adoption
sembla se réveiller en lui; mais, réprimant ce premier mouvement de sensibilité, il lui dit d’une voix creuse et :
empreinte d’amertume :
— Défendez-vous, monsieur de Locheïll, vous aimes les triomphes faciles. Défendez-vous ! Ah | traitre !
A cette nouvelle.injure, Arché, se croisant les bras, se contenta de répondre de sa voix la plus affectueuse :
un seul l'ami de ngtemps pre ; un ir il lui >s de la
s besoirs glant de
Je né Locheill!
ir! mal.
ue dans sait sur sa come
aymore toute la adoption premier
creuse et :
s aimez tre !
les bras,
tueuse : |
— "Toi aussi, mon frère Jules, toi aussi, tu m'as con« damné sans m’entendre ! \
A ces paroles d'affectueux reproches, une forte secousse nerveuse acheva de paralyser le peu de force qui restait à Jules; l'épée lui échappa de la min, et il tomba la face contre terre. Arché fit puiser de l'eau dans le ruisseau voisin par un de ses soldats ; et sans s'occuper du danger auquel il s’exposait, il prit son ami dans ses bras et le porta sur la lisière du bois, où plusieurs blessés tant Français que Canadiens, touchés des soins que l’Anglais donnait à leur jeune officier, n’eurent
| pas même l’idée de lui nuire, quoique plusieurs eussent
rechargé leurs fusils. Arché, après avoir visité les blessures de son ami, jugea que la perte de sang était la seule cause de la syncope : en effet, l’eau glacée qu’il
lui jeta au visage, lui fit bien vite reprendre connais-. | sance. Il ouvrit les yeux, les leva un instant sur Arché, .
mais ne proféra aucune parole. (Celui-ci lui serra une main qui parut répondre par une légère pression.
— Adieu, Jules, lui dit Arché ; adieu, mon frère ! le:
devoir impérieux m’oblige de te laisser: nous reverrons tous deux de meilleurs jours,
Et il rejoignit en gémissant ses compagnons.
— Maintenant, mes garçons, dit de Locheill après
avoir jeté un coup-d'œil rapide sur la plaine, après avoir
prêté l'oreille aux bruits confus qui en sortaient, main'e-
nant, mes garçons, point de fausse délicatesse, la bataille
est perdue sans ressource; montrons à présent l’acilité de nos jambes de montagnards, si nous voulons avoir la chance d’assister à d’autres combats ; en avant donc, et ne me perdez pas de vue.
Profitant alors, avec une rare sagacité, de tous les accidents de terrain, prêtant l’oreille de temps en temps aux cris des Français acharnés à la poursuite des Anglais, qu'ils voulaient refouler sur la rivière Saint-Charles, de Locheill eut le bonheur de rentrer dans la ville de Québec; sans avoir perdu un seul homme de plus. Cette vaillante compagnie avait déjà assez souffert : la moitié était restée sur le champ de bataille; et, de tous les officiers et sous-officiers, de Locheilt était le seul survivant. ‘
Honneur au courage malheureux! Honneur aux mânes dés soldats anglais dont les corps furent enterrés pêle-mêle avec ceux de leurs ennémis, le 28 avril 1760. Honneur à ceux dont on voit encore les monceaux d’ossements reposer en paix près dü moulin de Dumont dans un embrassement étérnél ! Ces soldats auront-ils oublié leurs haines invétérées pendant ce long sommeil, ou seront-ils prêts à s'entr'gorger de nouveau, lérsque la trompette du jugement dernier sonnera le dernier appel de l’homme de guerre sur la vallée de Josaphat ?
Honneur à la mémoire des guerriers français dont les plaines ‘d'Abraham recouvrent. les corps sur le sinistre champ de bataille de l'année: précédente. Auront ils
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Les Anciens Canadicns 285
mémoire, après un si long sommeil, de leur dernière lutte pour défendre le sol de leur patrie passée sous le joug de l'étranger ? Chercheront-ils, en s’éveillant, leurs armés pour reconquérir cette terre que leur courage trahi n’a pu conserver? Les héros chantés par les poètes de la raytholôgie, conservaient leurs passions haineuses dans les champs élysées ; les héros chrétiens pardonnént en mourant à leurs ennemis,
Honneur au courage malheureux! Si les hommes, qui fêtent l’anniversaire d’une grande victoire glorieuse-
| ment disputée, avaient dans l’âme une parcelle de senti-
ments généreux, ils appendraient au brillant pavillon national, un drapeau à la couleur sombre avec cette légende : “ Honneur au courage malheureux !” Parmi ls guerriers célèbres dont l’histoire fait mention, un seul, le lendemain d’une victoire mémorable, se découvrit avec respect devant les captifs en présence de son nombreux état-major, et: prononça ces paroles dignes d'une grande âme : “Honneur, messieurs, au courage “ malheureux +” Ebvoulait, sans doute, que les Français, dans leurs triomphes futurs, fissent la part de gloire aux vaincus qui :én étaient dignes il savait que chacune de ses paroles resterait à jamais gravée sur le marbre de l'histoire, . Les grands guerriers sont nombreux ;. la nature avare prend des siècles pour enfanter un héros,
Le champ de bataïlle offrait un bien lugubre spectacle après la victoire des Français : le sang, l’eau et la boue
st dame variée D. “use
adhéraient aux vêtements, aux cheveux, aux visages même des morts et des blessés étendus cà et là sur un lit de glace : il fallait de pénibles efforts pour les dégager, Le chevalier de Lévis fit prendre le plus grand soin des blessés des deux nations, dont le plus grand nombre fut transporté au couvent des Dames Hospitalières de l'Hôpital-Général. L’hospice et ses dépendances furent encombrés de malades. Tout le linge de la maison fut déchiré pour les pansements ; il ne resta aux bonnes religieuses que les habits qu’elles portaient sur elles le jour de la bataille (a). Toujours altérées de charité chrétienhe, elles eurent une rare occasion de se livrer aux pénibles devoirs que cette charité impose à celles qui, en prononçant leurs vœux, en ont fait un culte et une profession,
Le général Murray, rentré, après sa défaite, dans la cité de Québec qu'il avait fortifiée d’une manière formidable, opposait une vigoureuse résistance au chevalier de Lévis, lequel n'avait d'autre matériel de siége que vingt bouches à feu pour armer ses batteries : c'était plutôt un blocus qu’un siége régulier que les Français prolongeaient, en attendant des secours qu'ils ne reçurent jamais de la mère-patrie, po
Le chevalier de Lévis, qui avait à cœur de montrer les soins qu’il donnait aux blessés ennemis, s'était prêté de la meilleure grâce du monde à la demande du général
anglais d’envoyér trois fois par semaine un de ses officiers |
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Les Amiens Canadivius 287
visiter les malades de sa nation transportés à l'Hôpital.
| Général. De Locheill savait que son ami devait être
dans cet hospice avec les officiers des deux nations ; mais il n’en avait reçu aucune nouvelle. Quoique dévoré d'inquiétude, il s'était abstenu de s’en informer pour ne point donner prise à la malveilkince, dans la, fausse position où ses anciennes relations avec les Canadiens l'avaient mis, Il était cependant naturel qu'il désirât rendre visite à ses compatriqtes ; mais, avec la circons-
pection d’un Ecossais, il n’en fit rien paraître : et ce ne "fut que le dixième jour après la bataille, lorsque son tour l'vint naturellement, qu’il se rendit à. l’hospice, escorté
d'un officier français. La conversation, entre les deux
M jeunes gens, ne tarit pas pendant la route.
— Je ne sais, dit à la fin de Locheïll, si ce serait une discrétion de ma part de vous demander à parler privé. ment à la Supérieure de l’hospice P.
— Je n’y vois pas d'indiscrétion,. répondit le Français,
mais je crains, moi, d’enfreindre mes ordres en vous le
permettant : il m'est ordonné de vous conduire près de vos compatriotes, et rien de plus.
- J'en suis ché, dit l’Ecossais, d’un air indifférent : ! ça sera un peu contrariant Tour: moi ; Mais n'en PSFIENS plus,
L'officier secs yiidl le silence pendant quelques minutes, etse:dit, à part lui, que son interlocuteur, parlent la-lañgtié française :comme-un parisien, avait pro-
Spin. ennrtate = < + om
288 Les Anviens Canadiens
bablement lié connaissance avec quelques familles cana. diennes enfermées dans les murs dé Québec; qu'il était peut-être chargé de quelque message de parents où d’amis de la Supérieure, et qu'il serait cruel de refuser sa demande, Il reprit donc après un moment de silence :
— Comme je suis persuadé que ni vous, ni madame la Supérieure n’avez dessein de faire sauter nos batteries, je ne crois pas, après tout, manquer à mon devoir, en vous accordant l'entretien secret que vous demandez.
De Locheill, qui comptait sur cette entrevue pour opé”!
rer une réconciliation avec son ami, eut peine à réprimer un mouvement de joie, et répondit cependant d’un ton d’indifférence :
— Merci, monsieur, de votre courtoisie envers moi et cette bonne dame. Vos batteries, protégées par la valeur française, ajouta-t-il en souriant, sont en par faite sûreté, lors même que nous aurions de mauvais desseins.
Les passages de l’hospice qu'il fallait franchir, avant de pénétrer dans le parloir de la Supérieure, étaient litté ralement encombrés de blessés. Mais Arché, n’y voyant aucun de ses compatriotes, se hâta de passer outre Après avoir sonné, il se promena de long en large, dans ce même parloir où la bonne Supérieure, tante de Jules,
leur faisait jadis servir la collation, dans les fréquentes visites qu’il faisait au couvent, avec son-ami, pendant :
son long séjour au collége des Jésuites, à Québec.
illes cana qu'il était arents où refuser sa silence :
| madame batteries, devoir, en 1andez.
: pour opés à réprimer!
d’un ton
nvers moi ées par la t en par 2 mauvais
hir, avant aient littén’y voyant ser outre, arge, dans
> de Jules, :
fréquentes | , pendant.
Les Anciens Claises «289 ieure l'accueillit avec une AO IRERE 6
Biet fAchée de vous avoir fi atténäre prenes, s’il vous plait, un siége, monsieur, |
— Je crains, dit Arché, que madanie 1 Sepéttre ao me recoñhaisse pas.
— Mille pardons, répliqus li Supérieüte : vous étés monsieur Archibald Cameron of Locheill.
— Vous sh'éppelies autrefois Aïché, fit le Jeine homme, des
— Les terips sont bieï Changés, monsiei répliqua la religieusé ; & il s'est paiéé bien des ‘évênements dépuis.
De Locheill fit écho à ces paroles, et : Fépéta. er en soupt ant: je
— Lés teps doit Bien changés, a ti s'est passé bien des évébémients depuis. Mais, au moins, madame, com ment se botte on fière Jules d'Haberville?
— Celui que vous appelez autrefois votre. frère, mon sieur de Locheill est maintenant, je l'empère, Dors de danger, ;
— Dieu soit loué! it de Locheill, toute espérance n'est. ph maintenent éteinte dans mon cœur! si je plus qu'.me après avoir remercié madame Fr" Supérieure dé l'éntrevue qu'élle a daigné m'accorder... D ae de pa nt on Dem
290 Les Ansiens Canadiens
à l’héritière d’un nom illustré dans l’histoire par de hauts faits d'armes, par les nobles actions d'une dame d’Haberville ; et, si madaine veut le permettre, si madame veut oublier un instant les liens de tendre affection qui l’attachent à sa famille, si madame la Supérieure veut se poser en juge impartial entre moi et une famille qui lui serait étrangère, j'oserais alors entamer une justification, avec espoir de réussite.
j— Parlez, monsieur de Locheill, repartit la Supérieure : parlez, je vous écoute, non comme une d’Haberville, mais comme une parfaite étrangère à ce nom : c’est mon devoir, comme chrétienne, de le faire; c'est mon désir d'écouter, avec impartialité, tout ce qui pourrait pallier votre conduite cruelle et barbare envers. une famille qui vous aimait tant
Une rougeur subite, suivie d’une pâleur cadavéreuse, empreinte sur les traits du. jeune homme, fit craindre à la Supérieure qu’il allait s'évanouir. Il s#isit des deux mains la grille qui le séparait de son interlocutrice, s'y appuya la tête pendant quelques instants; puis, maîtrisant son émotion, il fit le récit que le lecteur connait ce sé pt Lien trgte
1 es it teens RS. où en l’année 1690, et en l'année 1698, défendirent un fort sitaqué par Les savvages, et les repoussérent. La tradition, dans la famille | de l’auteur, est que ceù dames, leurs servantes et d'autres femmes, se vétirent en hommes pour tromper les Indiens, tirèrent le canon, firent lo coup de fuailen se multipliant
sur tous les points attaqués, juiqu’à ce que les __. vont le fort dé- . fendu par uns it mr M a
de hauts d'Haber.
me veut ‘qui l’at-
veut se s qui lui ification, érieure ; iberville, est mon on désir it, pallier mille qui
ivéreuse, aindre à les deux ic -$ sy maîtriconnait
Le Apciens Saad egr
Arché entra dans les déiails les vlus minutieux; il ravonta ses regrets d’avoir pris du service dans l’armée anglaise, lorsqu'il apprit que son regiment devait faire partie de l'expédition dirigée contre le Canada ; il parla de la haine héréditaire des Montgomery contre les Came ron of Locheill; il représenta le major acharné, à sa perte, épiant toutes ses actions pour y réussir; il s’actusa de lâcheté de n’avoir pas sacrifié l'honneur même à la reconnaissance qu’il devait à la famille qui l'avait adopté dans son exil. , Il n'omit rien: il raconta la scène chez le vieillard de Sainte-Anne; son humanité en faisant prévenir d'avance les malheureuses familles canadiennes du sort qui les menaçait ; ; ses angoisses son désespoir sur la côte de Port-Joli, avant d'incenidier Je manoir seigneurial, ses prières inutiles pour fléchir son ennemi le plus cruel; ses imprécations, ses projets de vengeance contre Montgomery à la fontaine du promontoire, après avoir accompli l'acte barbare du destruction ; son désespoir à la vue des ruines fumantes qu'il avait faites; sa capture par les Abénaquis, ses réflexions amères, son retour à Dieu qu'il avait si grièvement offensé en se livrant ‘À. tous les mouvements de haine et de rage que le déséspoir peut inspirer. Il raconta la scène sur les plaines d'Abraham, ses angoisses dévorantes à la vue de Jules, qui pouvait avoir reçu des blessures mortelles ; il n'omit rien, cf n'ajouta rien à sa défense. . En meftant à au les émotions . cruelles de son âme, en. ei
l'orage des, passions qui avait grondé.
392 “Les Ansièns Canadiens
dans son An © ‘péndant des fatales Jourtiées, de’ Éocheill n'avait rien ajouter pour sa justification devant un tel juge, Quel plaidéyer pouvait être, en effet, plüs éloquent que lerécit fidèle de tout ce qui avait agité son âme | Quel plaidoyer plus éloquent que le récit simple et sans fard: des’ mouvements! d'iidignation qui tortürent ‘une grande âme; obligée d'exécuter les ordres Crüels d'un chef féroce, mort À tous séntiments ‘d'humanité! De
Lochéill, sans tême sen doùter, était ‘subline d'élo-
qüence en plaidänt sa ésuie deyant cette noble dame, sn était 1x hauteur de sés séntiments dde
Elle était bien.à la. Fantesie de. ses pin n celle qui ayait dit un Jeu à son. Pré le initiés F'Haber ville :.
Ti. ÿ gi 0 19 15823 t # ur Mon frère, vous waves pas déjà trop de biens pour “:soutenir dignement l’honneur de’notré maison, sans
‘partager avec moile patrimoine de -mon- père ; jentre
‘ demain dans un : couvètit ;.et voici l'acte de fenon- “çciation que ÿäi fait en votre faveurs ” “La bohné Süpérièure Y'avait écouté à avec une émotion
toujours croissante ; “elle Joignit. les 3 mains, et des. tendit
malédiction, sés nn e ses projets LA vengeance
contre Montgomerÿ. Les larmes coulent abondanr-
inént de £es veux, “à orsque dé 21 Ni er des sauvages € et voué À üne ue Ex entra en lui-même,
se courba sôus 141
ocheill | un tel oquent l'âme!
et sans nt-une ls d'un él De
> d'élo- | dame,
8, celle
ns pour Ps
j'entre
Tenon-
motion tendit
éta ses
Les Anciens Canadiens d’un chrétien repéntant ; et elle élevs ses raains vers le Ciel pour lui témoigner sa reconnaissance.
— Mon cher Arché, dit la sainte femme......
— Ah! merci | cent fois merci | madame, de ces bonnes paroles, s’écria de Locheill en joignant les mains.
— Mon cher Arché, reprit la religieuse, je vous absous moi de tout mon cœur; vous avez rempli les devoirs
souvent pénibles du soldat, en exécutant les ordrez de votre supérieur ; votre dévouement à notre famille vous
eût pérdu sans ressource, säns empêcher la ruine de
Le. fière ; où, je vous absous “moi, mais " Jemnère que
crrirst
— Mon ennemi, onlonte. ou plutôt celui qui le fût jadis, a eu à solliciter son pardon. de Celii qui noùs jugera tous. ; Il.se déroba un des premiers paï la fuite au champ de | bataille qui noue été si-funèste;: uñ coüp
de feu: : l’étendit blessé à mort sur un monceau de glâce j il n’a:pas même eu une .pierre pouf y.'appuyer sa tête j
le tomahawk a mis fin à.ses souffrances, ét sa chevelure sanglante pend maintenant à'la ceintüre d’un Abénaquis, Que Dieu lui pardonne, continua Arché en élevant les
inains, comme je le fais du plus profônd de mon cœur ! (4) |
Un râÿon de joië illurnina lé visage de là Supérieure ; née vindicätive commé Son frère le capitaine d'Habel
ville, une religion touté d'amour ét dé charité, br Mn ins M'aväit laisse ‘dths sôn ut
qu'amour et charité envers tous l:s hommes. Elle parut “prier pendant un instant, et reprit ensuite :
— J'ai tout lieu de croire qu’il sera facile de vous réconcilier avec Jules. Il a été aux portes de la mort ; et, péndant son délire, il prononçait sans cesse votre nom, parfois en vous apostrophant d’une voix menaçante, vous adressant les reproches les plus sanglants, mais, le plus souvent, paraissant converser avec Vous de la manière la plus affectueuse,
11 faut connaître mon neveu, pour juger du culte qu’il Vous portait ; il faut connaître cette belle âme toute | d’abnégation, pour comprendre son amour pour vous, et ce qu'il aurait été capable d’entreprendre afin de vous ‘le prouver. Combien de fois m'a-t-il dit : J'aime les hommes, je suis toujours prêt à. leur rendre service ; mais, s’il fallait demain faire À mon frère Arché le sacri- . fice de ma'vie, je mourrais, le sourire sur jes Îèvres, car je lui aurais donné la seule preuve de mon affection qui fût digne de lui. De pareils sentiments ne s'éteignent pas-soudain dans un noble cœur comme celui de mon neveu, sans des efforts surhumains. Il séra heureux, au contraire, d'entendre votre justification de ma bonche ; ‘et soyez sûr, mon cher Arché, que je n'épargnerai rien de ce qui pourra amener une réconciliation avec votre fière, . ln n à jamais prononcé. votre nom depuis s .conence -et.comme il est. encore trop faible pour Fentretenir d'un. sujet qui pourrait lui causerspe émo-
> parut
e vous mort ; e votre açante, nais, le la ma-
Ite qu'il e toute vous, et de vous ime les service ; le sacriès, car ion qui eignent de mon eux, au bonche ; rai rien ec votre is .conle pour ne émo- A
Les Arïens Canadiens
tion dangereuse, j’attendrai qw'il ait repris plus de force, et j'espère vous donner de bornes nouvelles à notre prochaine entrevue. En attendant, adieu jusqu’au revoir s des devoirs indispensables m obligent de vous quitter.
— Priez pour moi, madame, j'en ai grand besoin, dit Arché|
— C'est ce que je fais tous les jours, repartit la religieuse, On dit, peut-être à.tort, que les gens du monde ont plus besoin de prières que nous, et surtout les jeunes officiers ; quant; à vous de Locheill, vous auriez donc bien changé si vous n'êtes de ceux qui en ont le moins besoin, .ajouta la Supérieure en souriant avec bonté. Adieu, encore une fois ; que le bon Dieu vous bénisse, mon fils.
Ce ne fut que quinze jours après cette visite que de Locheill se présenta de nouveau à l’hospice, où Jules, que la Supérieure avait satisfait par les explications qu’elle lui avait données, l’attendait avec une anxiété nerveuse pOur lui. prouver qu'il n'éprouvait aucun autre . sentiment que celui de l'affection, dont il lui avait jadis donné tant dé preuves. On convint de ne faire aucune allusion à certains événements, comme sujet d' entretien trop pénible F pour tous deux. …
Lorsque. de Locheill entra dans Ja petite chambre qu'occupait Jules en sa qualité de neveu de la Supérieure, par préférence à d'autres officiers de plus haut grade, Ô t les bras, et fit un effort inutile pour se