ÉVÊCHÉS
civitas Turonorum. .
. Tours.
Cenomanorum. J Diablintum. \
. Le Mans
Andecavorum. .
. Angers.
Namnetum.. . .
. Nantes.
Ve7ietum. . . .
. Vannes.
Coriosopitum. . .
. Quimper
Il est très probable que la cité des Diablintes fut annexée tout entière à celle du Mans. Il est sûr au moins que son chef-lieu, la localité actuelle de Jublains, fut compris dans les limites du diocèse du Mans. Il en était ainsi dès le neuvième siècle, et sans doute depuis assez longtemps. On ne saurait ni affirmer ni nier avec une complète certitude que la cité des Diablintes ait formé jadis un diocèse distinct de celui du Mans. .Je crois cependant que l'atîirmative serait beaucoup plus probable que la négative, car la cité en question existait au commencement du cinquième siècle, et, pour cette époque, une cité sans évéque serait, dans ces contrées, une anomalie tout à fait singulière. En tout
cas la cité et le diocèse disparurent peu après la rédaction de la Notitia; car dans la longue série des conciles qui, pour cette province, commence dès le milieu du cinquième siècle , on ne rencontre jamais le nom du siège des Diablintes (1).
Nous sommes plus au clair pour les deux autres cités, la civitas Redonum (Rennes) et la civitas Ossismorum. A défaut de listes épiscopales, il nous reste des signatures conciliaires et quelques autres documents.
CIVITAS REDONUM.
A Rennes l'abondance des renseignements est assez grande pour que l'on puisse constituer une série épiscopale assez longue :
1. Athenius signa au concile de Tours en 461 et à celui de Vannes un peu plus tard.
2. Amandus est donné comme le prédécesseur de saint Melaine dans la vie de celui-ci, ou plutôt dans une de ses rédactions, la moins ancienne sûrement (2).
(1) En réunissant les renseignements fournis par le concile d'Angers (453) et par une lettre adressée peu auparavant aux évoques de la IIP province lyonnaise {Conc. Galliae, t. I, p. 573), on peut reconstituer le personnel épiscopal de la province de Tours, en 453. Outre les évêques de Tours (Eustochius), du Mans (Victurius), d'Angers (Thalassius), de Nantes (Desiderius), il y en a quatre, Sarmalio, Charialo, Rumoridus , Viventius, dont les noms ne sont pas indiqués. En supposant la cité des Diablintcs déjà supprimée, cela fait autant de sièges que la Nolitia indique de cités. Le même nombre de huit sièges résulte du concile de Vannes (v. 465), dont la synodiquo permet de retrouver les noms des évoques de Tours, Le Mans, Nantes, Angers, Rennes et Vannes, et donne, en outre, deux noms d'évoqués, Albinus et Liberalis , dont les sièges ne peuvent être indiqués. Si je ne me trompe, ces deux prélats sont les évêques des cités des Corisopites et des Ossismes, lesquelles doivent aussi réclamer, concurremment avec les cités de Rennes et de Vannes, les quatre évêques de siège inconnu, mentionnés en 453.
(2) C'est celle qui figure dans les Acta SS., au 6 janvier. Il n'est pas question d'Amandus dans le texte récemment édité par les nouveaux Bollandistes, Calalogus codd. hagiogr. lat. bibl. nal. Parisiensis, t. I, p. 71, Paris, 1889. Cf. Neues Archiv, t. XIV, p. 50. Amandus, considéré comme évêque de Rennes, n'a donc qu'une bien faible attestation. Je ne l'enregistre ici que sous les réserves les plus formelles.
3. Mclanius assista au concile d'Orléans, en 511. Son nom figure aussi en tête d'une lettre collective adressée vers 515-520 par les évêques de Tours, de Rennes et d'Angers, à deux prêtres bretons, Lovocat et Catihern (1). Il mourut en odeur de sainteté. Grégoire de Tours (2) raconte un miracle arrivé dans l'église (3) que l'on avait élevée sur son tombeau. Sa vie fut écrite longtemps après, pas avant le onzième siècle, je crois.