MERCIERS
Une des plus anciennes corporations et en même temps une des plus importantes, car le commerce de la mercerie embrassait tout; pour être exact, il faudrait plutôt, en parlant d'un mercier, dire un marchand ; toutes les différentes espèces de marchandises sont du ressort de la mercerie, et on formerait vingt classes en sulidivisant les catégories du métier.
Les Merciers formaient un des six corps de marchands ; leurs armes, « trois vaisseaux sur champ d'argent, construits et matés d'or, sur une mer de sinople, le tout surmonté d'un soleil d'or », mais surtout la devise qui les accompagne « te toto orbe sequemiir », nous montrent à quel degré de confiance en eux ils étaient arrivés. Leurs jetons, que l'on rencontre assez facilement, sont à l'image de saint Louis, leur Patron. Nous pouvons rappeler que, au moyen âge, le Magistrat cliargé de la police des artisans et du gouvernement des corporations des Marchands prenait pour titre celui de « Roi des Merciers », nom générique donné aux commerçants.
Il n'est pas étonnant qu'un corps si important, et qui nécessairement se trouvait en rapports constants avec quantité de métiers, ait eu tant de difficultés, et avec tant de corps différents : reportons-nous aux faits signalés aux articles : Marchands bonnetiers, marcliands de draps, Epiciers, et autres.
Il n'est fait aucune mention des Merciers dans les archives que j'ai consultées, et cela s'explique, leur historique se trouvant mêlé à celui de toutes les corporations que nous venons de citer.
En 1772, ils présentent une requête pour obtenir « qu'il soit interdit aux colporteurs d'exposer ou vendre toiles et
merceries, et ([ue les Merciers et Toiliers soient autorisés à établir un bureau pour y recevoir les marchandises étrangères et les y vendre, en payant un droit pour les frais de bureau •> (1). Leur demande fut combattue et on se basa sur ce fait que les Juges et Consuls avaient pris leur parti, alors qu'ils s'opposaient à une pétition semblable, émanée des Bonnetiers.
En 1773, le s' Dubois, M'' en cette ville, se plaint qu'un ballot de marchandises avait été arrêté par les Bonnetiers à la Messagerie. Celte affaire est portée au Parlement et annexée au procès pendant à la cour entre les Merciers et les Bonnetiers.