DATE DE L'ÉTABLISSEMENT DE LA SALLE
En quelle année de La Salle commenca-til son établissement de Lachine ? Quelle est la date de sa concession ? Le cor respondant de M. Sulte suppose que ce fut l’année “ 1666.” M. Sulte dit “l'hiver de 1667-68.” Je crois que le correspondant a raison. M. Sulte, affirme qu’en 1666, La Salle n'était pas encore sorti de France, Il ajoute qu'il tenait sa seigneurie de
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M. Galinier qui devint supérieur du séminaire en novembre 1667. Mais l'aillon, t, 3, p. 337, et Gravier, page 15, affirment qu'elle lui fat concédée par M. de Queylus, qu'il fût supérieur ou non. Voilà peut être pourquoi de La Salle n’eut pas de titre écrit.
M. Sulte continue : *‘ Ces concessions de terre à des habitants ‘* paraissent avoir eu lieu l'automne de 1668. En tout cas, rien ‘ne prouve que La Salle ait fait beaucoup plus que de dresser “des plans cette année 1668, la seule durant laquelle il fut en ‘ possession du domaine de la côte de Saint-Sulpice.”
Le greffe de Basset, que j'ai consulté au greffe des tutelles à Montréal, constate que plusieurs concessions et mutations de propriété à Lachine furent faites en 1667 et même 1666, L'on y trouve une vente par Jean Chevalier à Mathurin Thibodeau du 29 décembre 1667 ; une autre de George Allain du 23 décembre 1667 ; une autre de Nicolas Moisan à André Rapin dit La Muzotte, (il signait Rapein) du 4 décembre 1667 ; une autre de Louis l'ortier dit La Grandeur au même et de la même date ; une autre de Jacques Morin du 29 août 1667 ; enfin un acte d'échange du 11 mai 1670, entre René Cuillerier et Louis Homo, dans lequel les parties déclarentque l’une des terres échangées avait été concédée le 11 avril 1666, La description des immeubles et les noms des parties ne laissent pas de doute que ces concessions et mutations se rattachaient à la seigneurie de La Salle, Tous les titres de concession, tant ceux de 1666 et 1667 que de 1668, 1669 et après, ont été donnés par le Séminaire, de La Salle n'ayant pas de titre écrit. Ils étaient généralement émis sous la signature privée du supérieur et le plus grand nombre en est perdu. On en trouve quelques-uns dans les greffes des notaires du temps, entr'autres de Basset, Bourgine, Adhémar et LePailleur. Il faut ajouter qu'ils étaient souvent précédés d’un billet de location. Enfin, comme l’aliénation par le colon n'était guère possible avant qu'il eut défriché quatre arpents de terre en état de culture, on peut raisonnablement conclure que les ventes de l’année 1667 supposent une prise de possession remontant au moins à quelques mois.
Ilexiste d'autres preuves non moins positives que la concession d'un fief à de La Salle fut faite en 1666 et qu’il commença son établissement cette année même. Gravier, page 14, dit que de La Salle ‘se rendit au Canada au printemps de 1666 pour
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chercher gloire et fortune” Margry, t 1, p. 330, cite un mémoire de sa famille au Roi, en 1677, où il est dit :—-‘ Le ‘sieur de La Salle, ayant toujours eu beaucoup d'inclination pour ‘* faire des découvertes et establir des colonies qui pussent estre ‘ avantageuses à la religion et utiles à la France, passa en Canada en 1666, et commença la même année le village de la Chine, ‘ sitcé dans l'île de Montréal au delà de toutes les habitations # Françoises. L’année 1667 et les suivantes, il fit divers voyages ‘ avec beaucoup de dépenses, dans lesquels il découvrit, le pre- ‘ mier, beaucoup de pays au sud des grands lacs, entr'autres la ‘ grande rivière Ohio.”
On sait, enfin, que de La Salle, ontre le fief noble de plusieurs milliers d’arpents, obtint du Séminaire la concession en roture d’une terre de cinq arpents, située un peu plus haut, à l’endroit où est aujourd’hui l'écluse de Lachine. Au sujet du fief noble, le terrier du Séminaire ne fait mention que du titre écrit de son domaine particulier, que le Séminaire lui accorda le 9 janvier 1669, Ce titre était celui des 420 arpents qu’il avait détachés de laseigneurie ct sur lesquels il avait construit une habitation. Mais au sujet de la terre en roture, lelivre terrier dit que la con-
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cession en fut faite ‘ vers 1666.