ETHNOGRAPHIE DES GRECS
sens politique, sans que rien ne nous permette de les distinguer.
Les groupes ethniques n'étaient pas tellement purs que nous puissions être sûrs qu'ils ont toujours tiré leur nom de l'élément prépondérant ou vainqueur, et que des circonstances accidentelles et accessoires n'ont pas contribué à leur dénomination. Les Doriens de Crète étaient surtout un mélange de Thraces du mont Olympe et d'Acliéens. Les Ioniens d'Asie Mineure étaient un mélange de Minyens, d'Orchoméniens, de Caméens, de Dryopes, de Phocidiens, de Molosses, de Pélasgesd'Arcadie, de Doriens dEpidaure^. La difficulté pour identifier les anciens peuples est encore accrue par la disparition de la plupart d'entre eux. Déjà, au temps de Strabon, on ne trouvait plus en Grèce de traces des Lélèges, qui avaient sans doute été absorbés par les Pélasges et les Hellènes,
Les peuplades qui conservaient leur indépendance, à côté ou parmi de puissants voisins, étaient en grand nombre; même chez les peuples organisés, la centralisation était inconnue et l'organisation rudimentaire. Les anciens ont été souvent embarrassés pour déterminer l'origine de peuplades faisant partie de groupes politiques, auxquels elles n'étaient point primitivement rattachées. D autre part, leur tendance naturelle à la généralisation les a conduits à concevoir de vastes ensembles ethnographiques ou politiques là où il y avait mélange de races et indépendance de peuples.
« Les anciens Grecs », nous dit Strabon, <( comprenaient d'abord tout ce qu'ils connaissaient de peuples septentrionaux sous le seul et même nom de Scythes ou sous celui de Nomades, qu'emploie Homère ; plus tard, avec le progrès des découvertes en Occident, ils adoptèrent aussi pour cette partie de la terre des dénominations générales, soit