‹ Les anciens peuples de l'EuropeChapitre 9 sur 303 · Strabon, I · texte numérisé non relu

Strabon, I

nécessaire, aussi, de n'attribuer qu'une valeur relative et provisoire aux résultats, d'ailleurs médiocres, que comporte ce genre de recherches.

Les historiens romains ne nous fournissent guère de témoignages immédiats que pour l'histoire de l'Italie. Pour le reste, ils ne font qu'utiliser les historiens grecs, mais ils peuvent nous avoir conservé des citations qui n'ont pas été recueillies avant eux. Ainsi, Ammien Marcellin, qui écrivait vers l'année 390 de notre ère, a traduit ou résumé un ouvrage perdu de Timagène d Alexandrie, qui est de première importance pour l'histoire des Celtes. Festus Aviénus, qui fut proconsul d'Afrique en 366 de notre ère, nous a conservé les traits essentiels d'un périple phénicien où Himilcon décrivait les côtes de l'Europe occidentale vers le v*" siècle avant notre ère. Malheureusement, les historiens latins sont encore moins exacts que les historiens grecs dans l'indication de leurs emprunts, et des limites de leurs citations.

L'étude qui fait l'objet de ce livre touche à la fois à l'ethnographie et à la géographie politique. Or, en ce qui concerne l'ethnographie, les anciens étaient aussi embarrassés que nous le sommes maintenant pour déterminer les caractères qui constituent la race, et, quant à la géographie politique, ils ont dû souvent employer les mêmes noms dans divers sens et plusieurs noms pour désigner les mêmes peuples ' ou les mêmes pays ; ils se sont servis parfois, pour désigner un pays, du nom usité de leur temps, sans donner à ce nom le sens ethnographique qu'il avait à l'origine. Nous appelons France un pays qui s'est constitué plus par les Gaulois et par les Romains que parles Francs. Le même nom d'un peuple peut avoir tantôt un sens ethnographique, tantôt un sens géographique, tantôt im

i. Cf. H. d'Arbois de Jubainville, Les premiers habitants de l'Europe, 2» éd., I, 1889, p. 85.

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