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GÉNÉALOGIES GRECQUES H

merles traditions ethnographiques, ou bien n'était-elle que la création d'imaginations vives qui ne voulaient pas se résoudre à ignorer ? Selon que l'on répondra à cette question négativement ou afTirmativement, on ajoutera ou non aux textes historiques une nouvelle source de renseignements. Outre que leur exactitude même est sujette à caution, les anciennes généalogies contiennent, sans doute, autant de mythes religieux que d'histoire, et leur symbolisme, qui nous échappe, ne doit pas nous faire illusion. Néanmoins on ne peut admettre que les légendes ethnographiques n'aient aucun fondement historique K L'imagination des logographes reposait, à tout le moins, sur des réalités qu'ils connaissaient, et que nous ignorons; et leurs mensonges contiennent sans doute plus de vérité que nos hypothèses. Les légendes héroïques reproduisent parfois des détails géographiques dont il serait imprudent de ne pas tenir compte, et qui témoignent, en tout cas, de rapports entre les divers pays où elles situent la vie de tel ou tel héros.

Peut-on faire état des dates précises que nous fournissent les Grecs pour des événements lointains où la légende a plus de part que l'histoire ? Les principales chroniques grecques qui nous sont parvenues sont : la chronique de Paros - (dite aussi marbres d'Arundell) qui fut composée vers 263 avant notre ère, et qui s'étend de Cécrops à l'archonte Diognète (264 âv. J.-G.) ; les fragments de la chronique en vers iambiques d'Apollodore ^ (ii^ siècle av. J.-C.) qui s'étendaient de la guerre de Troie

1. Sur la part que Ion doit faire à l'histoire dans les légendes grecques, voir V. Bérard, De l'origine des cultes arcadiens, 1894. Éphore a, le premier, dit que la vraisemblance des récits, pour une période fort ancienne de 1 histoii'e, est d'autant plus grande qu'ils sont moins développés (F. //. G., I, p. 234, fr. 2).

jusque vers 144 av. J.-C. ; la chronique d'Eusèbe ^ (mort en 340) que nous connaissons surtout par des traductions, et qui s'étend de l'origine du monde à 325 après J.-C; la chronique du Syncelle - (vers 800 ap. J.-C.) et la chronique Pascale 3 (vers 630 ap. J.-C.) qui sont fondées surtout sur la chronique d'Eusèbe.

Les documents qui ont servi à établir ces chroniques ne sont pas très sûrs. La chronologie grecque ne commence à être précise qu'avec l'ère des olympiades. Or cette ère fut employée pour la première fois par l'historien Timée '* (3o0-256). Les Eléens auraient consigné sur une liste conservée dans le gymnase d Olympie les noms des vainqueurs depuis 776, date de la fondation des jeux. Mais quelques critiques doutent de l'existence d'une telle liste avant le temps de Thucydide '. De la première olympiade (776) au règne de Cécrops, il se serait écoulé environ 830 ans pour lesquels nous nous demandons quelle a pu être la base de computation, en l'absence de toute chronologie régulière; il est probable que les généalogies seules, par le calcul de la durée moyenne des générations successives, ont fourni matière aux apparentes précisions des chronographes.

Les points de repère des anciens historiens grecs sont la guerre de Troie et le retour des Héraclides. La date du commencement de la guerre de Troie oscille entre 1343 et 1154 ; et le retour des Héraclides se serait fait de 63 à 189 ans après la guerre de Troie ^. Si l'on accepte, à titre d in-

1. Eimebi Chronicorum canonurn r/uae supersuni, éd. A. Schœne, Berlin, 1866-1876. S. Jérôme, Eusehii Paniphili Chronicorum liber secundus (Migne, Palrologia latina, XXVII, 1846, col. 22o-;)07).

2. Georgius Syncellus, éd. Dindorf, Bonn, 1829 {Corpus Scriptorum hisloriae Byzantinae).

3. Chronicon Paschale, éd. Dindorf, Bonn, 1832 {Corpus Scriplorum hisloriae Byzantinae).

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