CHRONOLOGIE GRECQUE
dications tout au moins, les dates des chronologies, il convient d'admettre pour elles presque les mêmes écarts d'évaluation que pour les dates de l'archéologie.
Si l'on récuse en bloc toutes ces dates, il est néanmoins intéressant de consulter la liste des événements dont le souvenir s'était conservé en Grèce * et dont la succession nous donne, à défaut de dates absolues, des dates relatives. Les historiens nous fournissent rarement des indications précises de temps ; les faits qu'ils racontent ne sont pas toujours rangés dans l'ordre chronologique et nous risquons de reporter dans l'antiquité la plus reculée des événements de basse époque. La confusion fréquente des Phéniciens et des Carthaginois entraîne, par exemple, à d'inévitables erreurs.
Les historiens modernes ont eu dans le témoignage des anciens une riche matière à reconstructions et à interprétations qu'ils ne se sont pas fait faute d'exploiter en tous sens. La méthode qui semble avoir eu chez eux le plus de succès tend à unifier le plus grand nombre possible de peuples distingués par les anciens. Ainsi on a identifié les Lélèges, Pélasges, Lyciens, Dardanes et Illyriens ~ ; les Celtes, les Scythes, les Ibères, les Germains, les Sicanes, les Sicules -^
Souvent aussi, les modernes se sont montrés enclins à faire table rase des textes grecs et latins. Des savants ont essayé de résoudre les problèmes que pose l'histoire des Pélasges en niant leur existence ^.
de Ninos en Assyrie, après la naissance d'Abraham, après la 22' année du règne d'Europs à Sicyone ; et il s'était écoulé 376 ans, du commencement du règne de Cécrops jusqu'à la chute de Troie. Eusebi Chronicorum libri duo, éd. A. Schœne, II, p. 52. Les Athéniens la plaçaient en 1209; les Lacédémoniens, en 1183. Curtius, Histoire grecque, trad. Bouché-Leclercq, I, p. 179.
1. On trouvera ci-après, ch. iv, les principales dates des chronographes.