‹ Les anciens peuples de l'EuropeChapitre 15 sur 303 · LINGUISTIQUE COMPARATIVE · texte numérisé non relu

LINGUISTIQUE COMPARATIVE

pement du latin en pays celtibère, le castillan et le galicien auraient un substratum ibère ; le catalan aurait subi l'influence du ligure. En Gaule le substratum de la langue d'oc serait l'ibère et le ligure. Les dialectes italiens : gallo-italique, vénitien, toscan, sicilien, sarde, correspondraient aux anciennes populations. Le roumain occuperait l'ancien domaine du thrace. Le principe de cette méthode est incontestable ; la variété des dialectes s'explique sans doute par l'influence des langues barbares auxquelles ils se sont superposés. Mais le domaine respectif des langues antérieures aux langues romanes est si mal connu que leur identification est nécessairement hypothétique.

La comparaison des langues appartenant à la môme famille permet aussi de déterminer le vocabulaire commun à ces langues avant leur séparation en dialectes différents et par suite, dans la mesure où les mots correspondent aux idées et aux objets, de tracer les traits principaux de la civilisation de ces peuples, au temps où ils formaient un même tout linguistique, et, sans doute aussi, politique. Il faut remarquer, toutefois, que des mots, usités dans certaines langues à l'époque qui a suivi immédiatement la séparation, ont pu, par la suite, y être remplacés par d'autres après des établissements en de nouveaux pays et des contacts avec de nouveaux peuples. L'absence d'un mot dans une ou plusieurs langues ne suffît donc pas à prouver que l'idée ou l'objet qu'il représente était inconnu de l'unité indo-européenne et qu'il a été acquis postérieurement à cette unité. Les peuples qui employaient le même mot avaient en commun, à l'exclusion des autres peuples, non pas seulement l'objet ou l'idée exprimée, dans sa forme ou son sens le plus général, mais souvent même une marque de l'objet ou une nuance de l'idée exprimée K Certains mots peuvent servir à fixer des points de repère

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