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Hérodote, IV

3. Sur la férocité des Scythes, voir Firmicus Maternus, Mathesis, I, 2, 3.

Hérodote donne les noms de leurs dieux et les identifie k des dieux grecs. Ils honorent surtout Tahiti ( Hestia), puis Papaios (Zeus) et Apia (Gaia; qu'ils croient femme dePapaios; après ces trois divinités, Oïtosf/ros (Apollon), Artimpasa (Aphrodite-Uranie), Thamimasadas (Poséidon). Héraclès. Ils élèvent des statues, des autels et des temples à Ares et n'en élèvent qu'à lui seul. Ces temples, autels et statues consistent en une pile immense de fagots, au haut de laquelle est plantée un vieux sabre de fer.

Pour les sacrifices on étrangle les animaux avant de faire cuire leurs chairs. Les os servent de combustible. Au simulacre d'Ares on immole plus de victimes qu à tous les autres dieux; on lui sacrifie même, avec des rites spéciaux, le centième des prisonniers faits sur les ennemis.

Les devins se servent de baguettes de saule pour prédire l'avenir. Ils sont chargés de découvrir la cause des maladies du roi. Ils trouvent d'ordinaire que la maladie a été causée par un faux serment. Les Scythes, dans les occasions solennelles, jurent par le foyer du roi. Les devins trouvent le coupable ; si celui-ci se déclare innocent, le roi fait venir, à plusieurs reprises, de nouveaux devins qui décident, à la majorité, de la culpabilité ou de l'innocence. Si l'accusé est enfin absous, les premiers devins sont mis k mort par le feu.

Les corps des rois sont enduits de cire et embaumés ; et, après avoir été promenés dans les diverses provinces de leur royaume, ils sont enterrés avec leurs serviteurs et leurs objets familiers; sur la sépulture, on élève un tertre très haut. Un an après, on entoure le tertre d'une ligne de cinquante chevaux, sur le dos desquels sont placés cinquante jeunes gens de la maison du roi que l'on a étranglés et empaillés. Pour les simples particuliers, les rites sont k peu près les mêmes ; avant d'enterrer les corps, on les promène pendant quarante jours chez leurs amis. Après les funérailles, les Scythes qui y ont participé se purifient en

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se frottant et lavont la tète et en étendant leurs vêtements au-dessus dun vase où sont des pierres rougies au feu.

Les Scythes avaient une prodigieuse répugnance pour les coutumes étrangères, et surtout pour les coutumes grecques. Ceux d'entre eux qui avaient rapporté en Scythie des coutumes et des cérémonies étrangères l'avaient payé de leur vie. Les vertus des Scythes, la douceur, la simplicité et la justice, étaient rassemblées dans un personnage célèbre, Anacharsis. qui fut un des sept sages de la Grèce '. L'équité leur était, dit-on. naturelle ; ils regardaient le vol comme le plus grand des crimes ^.

La langue des Scythes est peu connue. Hérodote -^ nous en donne, pour expliquer le sens de deux noms de peuples, les Arimaspes et les Oïorpata, quelques mots : arirna « un w, spou « œil ». oior <.< homme », pata « tuer » ; il traduit le nom de lieu Exampaios par « voies sacrées ». enarees par u hommes etîéminés ». Justin raconte que le nom de peuple Parthi signifie « exilés » en langue scythique ^. Hérodote et les inscriptions grecques de la mer Xoire ont livré des noms Scythes.

Les Anciens ne connaissaient pas 1 origine des Scythes, qui, dit Hippocrate \ étaient dilTérents du reste des hommes, et, comme les Egyptiens, ne ressemblaient qu'à eux-mêmes. Les Modernes l'ont cherchée dans l'étude des noms propres qui nous ont été conservés. Plusieurs de ces noms s'expliquent assez facilement par le vieux-perse et le zend ; ainsi, le premier ou le second terme -aspo- des noms

1. Straboa, VII, 3, 7-9. Cette croyance à la justice des peuples barbares, fré(juente chez les Grecs, est sans doute à rapprocher de la conception du n bon sauvag-e » si en honneur au xviii'^ siècle.

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