‹ Les Anémies PernicieusesChapitre 28 sur 34 · POS · texte numérisé non relu

POS

Le malade tousse et crache un peu, mais l'examen de l'appareil respiratoire dénote une sonorité exagérée et quelques râles bronchiques (emphysémateux bronchitique).

L'anorexie est totale, la soif vive, la bouche sèche et la langue rouge.

La digestion est restée facile mais la constipation est opiniâtre.

Le foie semble normal, mais la vésicule est douloureuse.

On ne trouve, dans les urines, ni sucre, ni albumine.

On diagnostique une :

Paraplégie spasmodique chez une anémie pernicieuse anaplastique.

Le B. W., le Kahn, Hecht, sont négatifs.

L'examen de la ponction lombaire ne décèle pas d’albumine. Le Guillain est négatif.

Les autres diagnostics possibles ont été écartés.

Un examen du suc gastrique dénote une achylie.

Une numération globulaire pratiquée le 12 septembre donne les résultats suivants :

GiGHHIES TOUTES OS 1.200.000 CODES DIANCS PI CPU EEE 7.200

On se trouve donc devant : une ANEMIE PERNI- CIEUSE CRYPTOGENETIQUE AVEC SYNDROME DE RIESSEN RUSSEL.

Du 12 septembre au 2 octolire, le malade ne reçoit aucun traitement de son anémie autre que le repos et une nourriture substantielle. A cette dernière date, le nombre d’hématies est toujours de 1.200.000.

Puis, pendant un mois, il absorbe trois ampoules le matin et trois ampoules le soir d'EXTRAIT BUVABLE ANTIANEMIQUE (Extrait N° 3).

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Le nombre des globules rouges passe successivement de 1.200.000 à 1.320.000 -— 1.850.000 —- 2.200.000.

Soit un acquit de 1.000.000 de globules rouges en quatre semaines.

Le malade va se reposer pendant une quinzaine chez lui sans autre traitement qu’un bon régime.

À son retour, une numération globulaire décèle un nombre de globules rouges encore légèrement augmenté : 2.350.000

Du 23 novembre au 14 décembre, soit trois semaines, il reprend son traitement anti-anémique et le nombre de ses hématies passe de 2.350.000 à 3.000.000, 3.200.000 et 9.700.000 le 14 décembre.

Nous vimes ce sujet ce jour-là. Son facies était assez

coloré — Ie malade répondait bien aux questions — il était assez gai — l’appétit était bien revenu.

Sans pouvoir marcher avec assurance, il pouvait aller à la selle sans l’aide de ses cannes.

On réduisit alors le traitement de six ampoules par jour à deux par jour.

Une numération globulaire faite au bout de six jours montrait que le nombre des globules rouges se maïntenait à 3.600.000.

On peut remarquer, par l’étude du tableau ci-dessous, quelle influence put avoir le traitement mis en vigueur en face d’une anémie très marquée, 1.200.000 globules rouges, constante, que le repos et une nourriture substantielle ne purent relever en vingt jours.

Le nombre des globules rouges passe, en effet, de 1.200.000 à 2.200.000 —— soit un acquit de 1.000.000 en l’espace d’un mois — et ce, chez un sujet présentant des troubles très graves, une paraplégie très prononcée, syndrome de Riessen Russel, marquant quelle atteinte profonde s’était installée.

+ goes

G.R G.B. Eosinoph. Hémogl.

Sept. 12 1.200.000 7.200 70 % (8 PE HE 1.200.000 6.000 70 % — 13 5

— 19 1.320.000 6.200 3 65 % — 20 1.850.000 10.000 70 % Nov. 3 2.200.000 11.000 0,5 75 % — 23 2.350.000 9.000 1 70 % VISTA Le 3.000.000 8.600 80 % — 7 3.200.000 7.500 80 % — 14 3.700.000 10.000 85 % — . 21 3.600.000 7.500 85 % 028 3.400.000 8.000 Janv. 4 3.700.000 8.500 85 % — li 3.300.000 12.000 85 % — 18 3.600.000 10.000 85 % — 25 3.900.000 8.000 Février 3.950.000 8.500 80 % — 8 3.550.000 9.400

Il a été constaté une augmentation progressive du poids; le malade a passé de 62 kilogrammes, le 24 novembre 1936, à 67 kgr. 600 le 16 février 1937, soit une augmentation de 5 kgr. 600.

Observation N° IV Service de M. le Professeur Cruchet

Le petit H.. Roger, âgé de six ans, entre dans le service du Professeur CRUCHET, à l’hôpital, à Bordeaux, le 1% septembre 1936, sur les conseils du médecin de sa famille, pour anémie résistant à toute thérapeutique.

Le début de la maladie, remontant au mois de décembre 1935, soit huit mois environ, a été marqué par une fatigue progressive, une pâleur des téguments et des muqueuses; en même temps que s’installait une anorexie très marquée. À ce moment, on ne note pas de température.

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À aucun moment l’enfant n’a présenté d’hémorragie ou de purpura.

Il est à noter que vers le mois de juillet 1936, l'enfant a présenté un peu de température; tous les signes précédents se sont accentués sans qu’un amaigrissement important en résulte.

Il fut nourri au sein et n’a présenté aucune maladie dans l’enfance.

Les parents sont bien portlants; on ne révèle pas chez eux de stigmates de syphilis ni d’éthylisme.

Il a un frère âgé de huit ans qui a présenté une affection semblable, avec les mêmes signes, mais qui a rapidement cédé au traitement antianémique habituel.

Actuellement, ce frère est bien portant et ne présente aucune séquelle.

À son entrée, ce qui frappe est la pâleur cireuse des téguments et des muqueuses, qui sont décolorés. Le visage est émacié, le reste du corps également. La paume des mains est pâle.

L'examen des différentes cavités : buccale et nasales, 1e révèle aucune lésion, aucun saignement.

On ne trouve pas de sang dans les selles, ni parasites.

Il ne vomit pas, mais présente une anorexie tres

marquée (il est à noter que dans sa famille, cet enfant ne prenait qu’un peu de lait bouilli et parfois un œuf). Pas de diarrhée. La langue reste saburrale.

L'examen des poumons est négatif.

Au cœur, on perçoit un souffle anémique.

Le foie est normal: la rate non perceptible.

Les urines sont claires, les reins non douloureux.

Le système nerveux est indemne — aucun signe neuro-anémique.

L'appareil ganglionnaire ne montre rien.

L'appareil osseux n’est pas douloureux à la pression.

La température, à son entrée, est à 38°3. Le pouls battait à 120.

En résumé, il s’agit d’un syndrome anémique apparu progressivement depuis huit mois chez un enfant de six ans: dans les antécédents duquel on ne relève pas de spécificité ou de bacillose (Hecht, Kahn, Cuti : négatifs) et dont l’examen somatique ne montre rien de particulier (pas de grosse rate).

Cette maladie évolue depuis quelque temps avec un peu de température 38°5 et résiste à toute thérapeutique.

Depuis son entrée, on mit cet enfant successivement aux régimes suivants :

Du 10 au 20 septembre : foie de veau cru.

Du 21 septembre au 3 octobre : injection d’extrait de foie et foie de veau.

Du 4 octobre au 25 octobre : extrait de foie per os el foie de veau.

Du 26 octobre au 24 novembre : Tot-Héma et foie de veau.

Du 25 novembre au 10 décembre : Protoxalate de fer et foie de veau.

Du 11 décembre au 23 décembre : frictions de créosote et foie de veau, plus 3 comprimés de Septazine.

Le 2 sept. 1936, on trouve 1.600.000 globules rouges.

Le 15 — — ——- 3.920.000 — — Le 22 — — — 3.940.000 — -— Le 7 oct. — — 3.640.000 — -—

Le 2 décembre 1936, l’enfant garde le lit, le nombre des hématies atteint de nouveau 2.010.000.

Le traitement au foie semble ne plus agir.

À partir du 23 décembre, on donne à cet enfant :

2 ampoules, par jour, de 2 cc., d'EXTRAIT ANTIANE- MIQUE (Extrait N° 3).

SERVICE

HOPITAL-HOSI Professeur CRÜCHET BO

R7 ; Nom : cf ea + Roger SALLE 17. GE N°6ë DIAC

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