‹ Les anémones du roi NômanChapitre 10 sur 11 · LE JOUR FATAL · texte numérisé non relu

LE JOUR FATAL

Hantalah s'apprêta à sortir tout doucement de la tente; après avoir approché, sans les poser, les lèvres des joues de sa femme et de son fils, il contempla dans une angoisse inexprimable ces deux calmes figures, qui reflétaient encore les songes riants, échos de la précédente journée; et il ne put s'empêcher de répandre des larmes à la pensée du

bonheur dans lequel Hobeïbeh et Amrou s'étaient endormis, et de la douleur profonde qui allait suivre le réveil ! . . . Le malheureux cheik restait là, dans une immobilité qu'il n'avait pas le courage de rompre pour leur dire un éternel , un muet adieu !

Cependant l'aurore empourprait l'épaisse toile de la tente, et jetait un jour rose sur la fraîche figure d' Amrou. Ils vont se réveiller! se dit le misérable père en s' arrachant à sa posture de désespoir, insensible en apparence; et, après avoir fait à Nabbah un geste impérieux qui lui commandait le silence, il ouvrit doucement la porte et sortit pour se rendre à l'écurie de Djin, et courir, avant que personne dans le campement fût encore" debout, à l'ermitage du père Arsenios.

La confidence que jusqu'alors il s'était refusé de faire au bon moine , tant il craignait de l'affliger trop tôt, il voulait la lui faire à présent , afin de l'avoir près de lui au tao-

ment où il aurait besoin d'une main qui pressât la sienne, d'une bouche qui lui parlât pour la dernière fois de la religion , du ciel, de Dieu. Il voulait aussi lui recommander Hobeïbeh et Amrou...

Mais à peine avait-il franchi le seuil, que s'éleva un grand bruit de tambours, de cymbales et de trompettes, mêlé à des acclamations de joie et de bon accueil. Tous les hommes de la tribu étaient réunis depuis l'aube autour de la tente du maître, pour le saluer ainsi dès qu'il paraîtrait, et donner le signal de la fête du jour.

Getaccord de voix et d'instruments, plus bruyant qu'harmonieux, éveilla Amrou et Hobeïbeh, et ils furent bientôt hors de la tente, près de Hantalah, qui, tandis qu'ils le comblaient de caresses , était dans un épouvantable supplice. Comment s'arracher à ces embrassements? comment s'échapper? Il était entouré de tous ceux qu'il pouvait appeler ses sujets : ils lui étaient soumis par le plus

doux de tous les jougs, celui de la reconnaissance. Kafour surtout ne pouvait se lasser de le remercier, de le bénir, en lui racontant quelle nuit heureuse il avait passée entre son père et sa mère, qui s'efforçaient aussi de témoigner leur gratitude à Hantalah.

Quel bonheur il eût éprouvé s'il eût eu devant lui une longue vie pour jouir de cette félicité qu'il avait créée ; mais , épouvantable martyre! il fallait qu'il courût à la mort, et on le retenait au milieu des préparatifs de fêtes ! Et Korad , que devait-il penser?

A cette heure même on devait faire les apprêts de son supplice; Korad l'attendait... chaque instant de retard ne pouvait-il pas faire douter de sa foi?... Hantalah éprouvait d'inexprimables angoisses... Korad lui apparaissait en ce moment étendu sur le tapis de cuir, sous le sabre du bourreau : et tout son sang affluait à son cœur.

Korad ne subissait pas encore le supphce

auquel il s'était livré à la place de son ami; mais le supplice se préparait déjà. Toutes les troupes étaient rassemblées sur une vaste esplanade, au centre de laquelle s'élevaient les Ghorebaïn, et le roi Nôman venait d'arriver accablé sous le poids du sacrifice qu'il allait' ordonner ; il ne pouvait , dans sa ferme croyance, se soustraire à cette obligation que, nous le savons , il regardait comme plus imposante et plus sacrée que jamais depuis la mort de sa mère, de son fils, de son ministre, et lorsque son dernier enfant venait d'être atteint de ce mal affreux qui faisait tant de victimes : la peste !

Il fit donc amener devant lui Korad-ben- Adjdaa, et lui présenta la pierre du serment, en échange de laquelle Korad remit la sienne au roi.

Alors les cymbales , mêlant leurs lents tintements aux longs roulements des tambours, s'élevèrent en signal sinistre, lorsque le prince Ferid, auquel Nôman était vivement attaché,

se précipita de son cheval et vint tomber devant Yahmoum, en élevant vers le roi ses mains jointes.

« Oh! je vous en supplie, s'écriait-il les larmes aux yeux, je vous en conjure, attendez que le soleil se montre au-dessus de cette colline, là-bas; Hantalah-ben-Thaï est incapable de manquer à sa promesse : attendez... »

Et de même que l'année précédente on avait attendu la victime à laquelle on avait fait grâce de la vie pour un an, de même on l'attendait encore , mais cette fois pour être implacable.

Tous les regards étaient fixés , soit sur le sommet de la colHne, qui déjà commençait à s'éclairer des rayons qui montaient au versant opposé, soit sur la route qui devait amener Hantalah. Ferid surtout, qui ne cessait de presser la main de son maître favori Korad , ne détournait pas les yeux de ce point de l'horizon. Il était dans une bien cruelle

situation : forcé de souhaiter la mort du père d'Amrou , qu'il avait pris dans une vive affection ; mais il aimait encore mieux Korad. Aussi le malheureux jeune homme courut-il sur le point le plus culminant de la forteresse de Kawarnak pour y regarder de tous les côtés de l'horizon ; mais il n'aperçut rien sur la plaine. Rien ! . . . pas un homme, un cheval, un chameau, un tourbillon de poussière.

Cela va s'expliquer. Hantalah, de plus en plus torturé par la pensée que Korad était exposé à mourir pour lui en l'accusant de manque de foi, frémissait d'impatience et d'anxiété, lorsque Amrou tira de son écurie Djin pour se joindre à la cavalcade qu'on s'apprêtait à exécuter devant le cheik, avec jeu de lance, de javelot et de djerid. Hantalah n'hésita pas un instant, et s'élança comme le plus habile cavalier sur le dos du rapide animal , en piquant des deux.

Il fit un.geste de la main et disparut comme un éclair dans une nuée.

— j^ Et lorsque Ferid monta sur la tour de Kawarnak, Hantalah était déjà entré dans l'ermitage du moine Arsenios.

Il courut comme un fou vers l'ouvroir d'en bas , en répétant :

a Mon père ! mon père 1 »

Il ne reçut aucune réponse.

L'ouvroir était vide, et une corbeille de jonc était là, à demi terminée : «Mon père! mon père ! » Hantalah renouvela ses appels ; mais de réponse il n'en eut pas davantage.

« Mon Dieu! s'écria-t-il dans la plus vive angoisse, s'il allait être absent! moi qui ai tant besoin de son dernier appui!»

Et, en disant ceci, il s'élança sur le sentier tournant qui gravissait à pic jusqu'à la cellule taillée dans le roc, et sur le seuil de laquelle il trouva la charmante gazelle étendue comme un chien. Elle le salua de son joli petit cri , et il se précipita dans la grotte.

Arsenios y était absorbé devant un crucifix par une profonde prière , une prière évidemment si fervente, qu'il fallait une cause aussi sainte et aussi pressante pour que Hantalah osât le retirer de ce recueillement. Mais le temps s'écoulait; et si Korad allait mourir!... Hantalah n'avait plus qu'une pensée, le salut de Korad et la foi jurée.

Le moine leva la tête, puis son capuchon, qui s'était rabattu sur ses yeux, et, les tournant autour de lui , il reconnut Hantalah à genoux.

« 0 mon père ! ô mon père ! lui dit-il en lui pressant les mains , venez ! il faut que vous me suiviez sur-le-champ, il le faut... il le faut...

— Qu'y a-t-il de si pressant, mon fils?

— Quelqu'un a besoin de vos secours!

— Un mourant?

— Un mourant.

— Sur ton habitation?

— Non, non. . . , venez ! . . .venez, hâtez-vous, je vous en conjure, hâtez-vous... Vous le saurez chemin faisant... »

Et, pendant ce dialogue pressé, Hantalah entraînait le moine et descendait la rampe taillée à pic dans le roc, d'un pas que le vieillard ne suivait que de loin et avec la plus grande peine.

« 0 mon père ! dépêchons-nous ! . . . Quand vous saurez ce dont il sagit... »

Arrivés sur le seuil de F ermitage, Hantalah prit Arsenios entre ses bras nerveux, le plaça sur Djin, et, sautant en croupe, il fit prendre à la cavale un nouvel élan ; et bientôt le moine apprenait de son disciple quel était le mourant auquel il devait porter ses soins suprêmes , tandis que le rapide animal se dirigeait, de son galop le plus effréné, vers la capitale du roi Nôman.

Tout cela s'était passé en peu d'instants, et Ferid, en ce moment encore sur la haute

tour de Kawarnak, aperçut enfin, avec une anxiété toujours croissante, un tourbillon de poussière courant sur la plaine avec la rapidité d'une trombe soulevée par le simoun.

Son cœur battit avec violence : était-ce enfin le salut de Korad , de son maître bienaimé?

Mais le tourbillon grossissait toujours en approchant : pour Ferid, il n'y avait plus de doute, et, tout palpitant d'une poignante émotion , il accourut sur la place au-devant du roi.

Nôman, triste et inquiet, car il aimait aussi Korad , portait alternativement les yeux sur l'émir et sur le sommet delà montagne où le disque du soleil commençait à se montrer. Faisant un effort sur lui-même , il allait donner le signal du supplice, lorsque Ferid, tout haletant, parut devant le roi en s'écriant :

« Arrêtez ! arrêtez ! voici la victime î . . . »

Tous les yeux se tournèrent alors vers la route que montrait Ferid, et où l'on ne voyait rien encore.

« A quoi bon attendre? disait Nôman; Hantalah, devenu riche, époux d'une femme bienaimée, père d'un fils adoré, entouré des bénédictions de tous, comment renoncerait-il volontairement à la vie? Non, non, Hantalah ne viendra pas , et mon serment doit être accompli »

Korad, impassible devant les apprêts du supplice, n'avait pas un instant douté de la foi de son ami ; mais il s'étonnait et se demandait quel invincible obstacle avait pu l'arrêter. Il y avait un mois seulement qu'il l'avait quitté. Le Wady-Hantalah était alors un paradis terrestre pour tous, hormis pour celui qui y répandait les trésors de son ardente charité.

Tout à coup, au milieu du silence plein d'anxiété qui avait suivi les paroles du roi, on discerna le bruit du galop d'un cheval ,

et, dans un moment plus rapide que la pensée, Djin apparaissait à la foule silencieuse qui s'était ouverte pour lui livrer un passage.

D'un seul bond elle se trouva au centre de l'esplanade, et l'on put voir alors, au milieu des nuages de vapeur qui enveloppaient cette brusque apparition, la vénérable figure du père Arsenios, que Hantalah, déjà à terre, aidait à descendre de sa monture.

Presque aussitôt Hantalah serrait dans ses bras son ami , tandis qu' Arsenios , tremblant d'émotion , s'avançait à pas chancelants vers le roi.

A l'aspect de ce noble visage qui racontait tous les jours d'une sainte vie, Nôman, frappé d'un respect involontaire, se tourna vers les officiers qui l'entouraient, comme pour demander quel était ce vieillard.

Le père Arsenios était connu de bien des

habitants de Hira : tous ceux qui avaient été le trouver au jour de Taffliction ne l'avaient jamais quitté sans en rapporter des consolations et des secours. Pour celui qui soiiffrait delà misère, il ouvrait sa main généreuse qui avait recueilli les aumônes. Pour les souffrances du corps, il avait des remèdes aussi, car il avait étudié la médecine et connaissait des simples qui pouvaient guérir; enfin, pour les souffrances de l'âme , Arsenios avait des paroles pleines de douceur et de bonté , des paroles qui sont l'aumône du cœur, et dont la source est inépuisable.

Son nom commençait à circuler dans la foule et il arrivait aux oreilles du roi, auquel il n'était pas inconnu.

En même temps que le vénérable vieillard, Hantalah et Korad , se tenant embrassés , s'approchaient aussi de Nôman, et s'inclinaient devant lui.

Il y avait un peu plus d'un an qu' Arsenios et Korad s'étaient rencontrés à la re-

cherche de Hantalah^ et ils se retrouvaient aujourd'hui tous les trois à cette heure suprême où la superstition de Korad-ben- Adjdaa lui rappelait le cri qu'il avait entendu dans le désert : le cri de la chouette de la mort ! . . .

TRODBLE ET DÉSOLATION DANS LE WADY- HANTALAH

Au moment où Hantalah s'était élancé sur Djin, tous les regards s'étaient tournés vers lui et l'avaient suivi avec un intérêt puissant. Chacun croyait qu'il voulait montrer à toute la colonie qu'il pouvait encore l'emporter en force, en agilité et en adresse sur les plus adroits, les plus agiles et les plus forts.

Mais quand on le vit sortir du wady, dis-

paraître et ne point revenir, l'inquiétude succéda bientôt à l'étonnement et s'empara de tous les cœurs... Que pouvait-il être arrivé au cheik vénéré que chaque membre de la tribu aimait comme un père?...

En un moment le trouble avait pris la place de la joie ; les plus timides s'interrogeaient du regard, tandis que les autres couraient déjà vers le point où Hantalah avait disparu poiir tâcher de l'apercevoir encore; ce fut vainement que les regards exercés des Arabes se promenèrent sur la mer de sable; et, de même que Ferid sur la tour de Kawarnak, ils ne virent rien : pas un homme, un cheval , un chameau , un tourbillon de poussière, rien que le soleil s'élevant à l'horizon ; et quand ils rentrèrent dans le wady , la consternation était peinte sur tous les visages.

Hobeïbeh s'était étonnée et inquiétée la première en voyant son mari disparaître et ne point revenir. Bientôt cette inquiétude ne

connut plus de bornes; les battements de son cœur étaient suspendus; tout ce qui restait de vie en elle s'était porté dans sa pensée... Une idée venait de la saisir.'... L'absence de Korad , la tristesse qu'elle aurait remarquée sur le visage de son époux, si elle l'eût crue possible, le geste qu'il avait fait en partant, tout ce qui lui était échappé jusqu'alors se représentait à elle à cette heure d'angoisse, et lui révélait un mystère... Dans un mois, avaient-ils dit l'un et l'autre... Que s'était-il passé entre les deux amis?... Et lorsque, la veille, Hobeïbeh avait témoigné à Hantalah son étonnement de ne pas voir Korad , il lui avait répondu qu'une promesse plus solennelle le retenait sans doute... Et Hantalah était parti pour le rejoindre peut-être?... Mais Hantalah n'avait jamais eu de secret pour Hobeïbeh... celui-ci remplissait son âme de terreur et de désespoir, et elle était tombée à genoux, élevant vers le Tout- Puissant ses mains jointes,

et le priant avec son cœur, car ses lèvres tremblantes ne pouvaient plus articuler une parole, de détourner d'elle le malheur qu'elle sentait sans pouvoir en mesurer la portée.

Et cette muette douleur d'Hobeïbeh n'avait fait qu'accroître l'anxiété générale.

Cependant Amrou et Kafour, qui tout d'abord, et suivis du fidèle Nabbah, s'étaient élancés sur la lisière du w^ady, plongeaient leurs regards d'aigle dans l'espace ; mais eux aussi ne voyaient rien ! . . .

Le vent, qui promenait son souffle sur le sable du désert, avait promptement effacé les traces du rapide passage de Djin.

« Où est le maître? où est le maître, Nabbah? cherche ! cherche! » s'écria Amrou de la voix la plus émue.

Le fidèle animal regarda Amrou, comme s'il comprenait et partageait son inquiétude; il se mit à allonger le museau dans toutes les directions. Un instant suffit à son instinct

pour lui faire découvrir la route suivie par Hantalah et Djin. Il sauta après les deux jeunes gens, comme pour attirer leur attention, et, tournant alternativement ses yeux vers eux et dans la direction de l'ermitage du père Arsenios, il se mit à courir et à gambader joyeusement, revenant ensuite vers eux, comme pour les inviter à le suivre.

Amrou et Kafour interprétèrent bien ce langage. Ils n'hésitèrent point : ils revinrent chercher des montures, et, précédés de leur guide intelligent et affectueux, ils franchirent comme une flèche la distance qui les séparait de l'ermitage. Nabbah, toujours en avant, y pénétra le premier ; mais , tandis qu'Amrou et Kafour attachaient leurs chevaux, Nabbah reparut sans accuser aucun signe de la joie qu'il eût montrée s'il avait retrouvé son maître.

Néanmoins Amrou et Kafour entrèrent à leur tour dans l'ermitage; ils appelèrent, comme peu d'instants auparavant l'avait fait

Hantalah. Comme lui, ils virent la corbeille de jonc qui témoignait de la récente présence du moine dans la grotte; mais nous savons qu'aucune voix ne pouvait leur répondre , puisque Arsenios et Hantalah étaient dans ce moment même devant Nôman.

Zebou seule, toujours couchée à l'entrée de la grotte, les salua de son cri doux et gracieux.

(( Oh! mon Dieu! oh! mon Dieu! où peut être mon père? s'écria Amrou, les mains jointes et avec l'accent du désespoir. Me faudra-t-il retourner près de ma mère sans lui? »

Amrou était partagé entre la pensée de son père absent et de sa mère qu'il avait laissée dans une si profonde douleur. Que faire? Que résoudre? Que dire à Hobeïbeh, qu'il avait vue si malheureuse, et dont il allait augmenter l'anxiété en reparaissant devant elle sans un seul indice consolant?

Le désespoir allait pénétrer dans ce jeune

cœur, quand les yeux d'Amrou se portèrent sur le cruciOx du père Arsenios ; il tomba à genoux , et Kafour, qui lui aussi était chrétien (son nom le dit), Kafour imita son jeune maître ; tous les deux adressèrent à Dieu une fervente prière , et tous les deux se relevèrent fortifiés.

Ce fut Kafour qui le premier rompit le silence, dans ce sanctuaire qui inspirait aux deux jeunes gens un saint respect.

« Maître, dit-il, Dieu, qui m'a rendu mon père et ma mère, ne nous ôtera pas notre bien-aimé cheik. Retournons près d'Hobeïbeh : il ne faut pas qu'elle soit tout à la fois privée de son époux et de son fils!... Qui serait là pour la consoler?.. . Non, non, retournons au w^ady... Et puis, qui sait?... peutêtre le cheik y est-il de retour?... Partons tous, et si Hantalah n'est pas revenu, Kafour en fait le serment , il ne reparaîtra devant vous qu'après avoir trouvé son maître ! »

Les deux jeunes gens se prosternèrent en-

core devant le signe de notre rédemption, et, après avoir dans un pieux silence traversé l'ermitage désert, reprirent le chemin du w^ady; mais Nabbah ne semblait les suivre qu'à regret, et il regardait toujours en arrière.

Page 1