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transforme en acide glycuronique passant ensuite dans les urines. Il y a donc lieu de montrer une certaine réserve dans les cas de ce genre, bien que des anesthésies aient pu être pratiquées sans aucun inconvénient chez des sujets atteints d’ictère prononcé.
Technique.
a) Avant l'opération. — La veille, on donne au malade un lavement simple. II est bon de lui faire absorber une certaine quantité de sucre pour stimuler la glycogenèse. Au moment de s’endormir, il prend 1 gr. de chloral.
Le matin de l’opération, une piqûre de morphine ou pantopon. Trente minutes avant l'intervention, le lavement narcotique lui est administré. La préparation de la solution ne présente pas de difficulté mais demande beaucoup de soin.
La dose variera, selon l’état, la vigueur et l’âge du sujet, entre 0 gr. 08 et 0 gr. 10 de substance par kilogr. de poids.
L’avertine est présentée sous deux formes, solide ou liquide.
Dans ce dernier cas le produit est dissous dans de lhydrate d’amylène, et 1 centimètre cube de la solulion contient 1 gr. d’avertine.
La dilution sera faite dans de l’eau distillée neutre à 40°, de façon à obtenir un titrage de deux et demi pour cent (2,5 %). On agite longuement pour obtenir un mélange parfait.
S'il convient de ne jamais dépasser au cours de cette préparation la température de 40°, qui mettrait l'acide bromhydrique en liberté, il est par contre, in-
dispensable de ne pas laisser la solution refroidir. Sinon on risquerait de voir se produire une cristallisation qui obligerait à tout recommencer, le produit ne pouvant ni être rechauffé ni redissous.
Une fois la solution préparée, on la place, par commodité, dans un récipient isolant à double paroi, genre thermos.
Il reste à vérifier la non-altération du produit. Dans ce but, 5 cc. de la solution sont additionnés de 1 cc. de rouge-congo à 1 pour mille.
Si le produit n’a subi aucune décomposition, la couleur du mélange reste orange, bien nettement, sans tendance à virer au bleu, et il peut être employé. Si, au contraire, la solution vire au bleu, elle doit être formellement rejetée,
Le malade ayant été préalablement placé dans une pièce sombre, éloignée de tout bruit, reçoit alors le lavement anesthésique. On utilise habituellement une sonde rectale à diaphragme empêchant tout refoulement de liquide.
Au bout de 10 à 15 mintes, le malade s’endort sans la moindre réaction. À la 30° minute, les réflexes ont généralement disparu.
Mais, chez certains malades, notamment chez les sujets nerveux ou très robustes, la narcose ainsi obtenue peut se montrer insuffisante. M. le Professeur Gosset et M. Thalheimer insistent sur le fait, qu’en pareil cas il ne faut pas augmenter la dose d’Avertine, mais passer immédiatement à l’anesthésie complé-
mentaire par inhalation d’éther.
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Dans les cas normaux, et aux quantités indiquées ci-dessus, la durée de la narcose est d'environ une heure et demie.
b) Pendant l'opération.
Il est bon de placer la spatule de Mayo, la langue tombant en arrière dès le début de la narcose. En outre, souvent la respiration se montre superficielle, et le malade peut présenter de la dyspnée avec cyanose de la face. Dans ce cas on peut, soit laisser l'opéré respirer en atmosphère confinée en ramenant l'appareil d’'Ombrédanne à 0 ou 1/2, ainsi que le conseillent M. le Professeur Gosset et M. Thalheimer, soit administrer quelques bouffées de carbogène. Nous reviendrons plus loin sur ce dernier procédé. En cas de dyspnée marquée, on évacue du rectum ce qui peut rester du lavement narcotique, et on fait une piqûre soit de caféine, soit de lobéline, soit mieux encore d’éphédrine.
Ces incidents ne surviennent d’ailleurs que dans les cas où la dose de 0 gr. 10 par kilogr. a été dépassée, ou en cas de susceptibilité particulière du malade.
c) Après l'opération. — L’opéré se réveille très calme, sans aucune douleur ni malaise, et sans jamais présenter de vomissement. Il est bon de le laisser reposer tranquillement, de préférence dans l’obscurité. Il reste demi-somnolent et dans un état d’euphorie parfaite, pendant environ six heures.
Certains chirurgiens prescrivent, par prudence, des lavements simples dans les jours qui suivent l’opé-
ration, bien que l’on n’ait à noter aucune irritation
du ct, lorsque toutes les précautions voulues ont : été é prises, lors de la préparation du Jlavement.
USE F) Il n'y a aucune modification de la sécrétion uri- | naire. Pendant les 48 heures qui suivent l’anesthésie, fa pes reins éliminent plus de 80 % du produit absorbé. 4
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ANESTHESIES DE BASE PAR VOIE INTRAVEINEUSE
De même qu’en thérapeutique, cette voie est celle qui utilise au maximum et le plus rapidement, les principes actifs de la substance introduite.
Avantages.
C’est donc elle qui permettra, avec des doses proportionnellement plus faibles, d’obtenir des narcoses plus profondes en évitant dans la plupart des cas de recourir à une anesthésie complémentaire par inhalation. C’est en Allemagne que son application a débuté et en a été faite jusqu'ici sur la plus large échelle, Mais la méthode est à l’heure actuelle répandue partout et avec un égal succès.
Les effets du narcotique sont en général rapides, et plus que toute autre cette voie est indiquée dans Îles interventions ou une anesthésie de courte durée suffit (petite chirurgie, obstétrique, art dentaire). Ainsi que nous le verrons, elle convient d’ailleurs également aux interventions de longue durée.
Produits utilisés.
Nous examinerons les trois principaux produits utilisés actuellement pour les anesthésies de base
TONER
par voie intraveineuse. Le Numal, le Pernocton, le So-
néryl Sodique, et l'Evipan.
NUMAL.
Le Numal (Allyl-Isopropyl-malonylurée) a été étudié en France par Mlle Perlis, et utilisé en chirurgie principalement par M. Fredet qui a rapporté environ 1.500 narcoses. M. Gleiz l’a employé en obstétrique.
Son action anesthésique serait insuffisante sans le renfort de morphine administrée peu de temps avant. L’anesthésie ainsi obtenue n’est cependant pas encore assez profonde pour permettre l’incision et la suture de la peau, mais elle suffit aux autres temps de l’opération.
La dose à employer est calculée à 1 dixième de centimètre cube de Numal (soit 1 centigramme de produit actif) par kilog. de poids corporel du malade, avec un maximum de 6 centimètres cubes à ne pas dépasser. Chez les sujets âgés ou déprimés, 3 centimètres cubes seront: un maximum.
Technique.
M. Fredet emploie le Numal de la façon suivante :
a) Avant l'opération. — 40 minutes avant l’heure fixée pour l'opération, le malade reçoit une piqüre Morphine 2 centig.-Scopolamine, 3/4 de milligr. vingt minutes après, on injecte dans une veine:dw:pli du coude la dose de Numal établie comme il a été dit; injection poussée très lentement. Dix minutes après,
le malade est prêt à recevoir les quelques bouffées d’éther nécessaires à parfaire l’anesthésie. Celle-ci se poursuit normalement la plupart du temps, et peut être prolongée tout le temps nécessaire aux grandes interventions.
b) Après l'opération. — Le malade se réveille sans douleur ni nausées. Il reste somnolent pendant une demi-journée.
L’élimination du Numal se faisant très lentement à travers le filtre rénal, et demandant une dizaine de jours pour être complète, il est bon de faire boire abondamment l’opéré pendant cette période.
PERNOCTON.
Le pernocton est une malonylurée, proche parent du Numal, mais d’une puissance beaucoup supérieure. Il a été introduit en 1924, sous forme de Noctal dont
il est un homologue plus élevé.
Indications.
Le pernocton est remarquable par sa très faible
toxicité, qualité qui le désigne particulièrement à
l'usage obstétrical, étant donné qu’il est absolument inoffensif pour l'enfant, ainsi que Bohler l’a établi par plus de cent observations.
Tout récemment M. Vaudescal a reconnu que le pernocton ne modifie ni le caractère ni la fréquence
des contractions utérines au cours de la période d’ex-
zulsion, tout en procurant l’avantage de relâcher les
muscles de la région périnéo-vulvaire.