‹ Les Anesthetiques physiologie et applications chirurgicalesChapitre 16 sur 50 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

1. Déiinilion et caraclères essenliels des aneslhÉsiquea généraux. — S 3. Dislinction avec les narcotiques. — g 3. Caractères chimiques. — g 4. Comparaison des dilTérents anesthésiques. Pouvoir anfiatliésique. Pouvoir toxique.

^ 1. Défloltlon et caractères essentiels des anesthésiques.

Le nombre des substances capables de produire 1 aoeslliésie est, pour ainsi dire, illimité. L'étlier et le chloroforme ne possèdent pas, à cet égard, un privi- '^ge unique, isolé, et, pour ainsi dire, spécifique. Ils "e sont que les types les plus connus, les plus ma- '"lUes et les plus avantageux de la classe extrème- "^snt nombreuse des substances anesthésiantes ; et P^ut-ètre est-il permis de dire que l'avantage qu'ils Msentent parrapport aux autres tient i\ des conditions ^■•solument secondaires lorsque l'on envisage le fond ""^s |ihénoraènes, mais qui deviennent très impor- "^ûlespour l'application à l'homme et aux animaux :

]5G LES ANJ^STHËSigUES.

c'est, à savoir : une plus grande régularité d'action, une stabilité plus grande, une gradation plus lente et successive des effets- Quels sont les caractères d'une substance anesthésique?Quels sont les corps qui présentent ces caractères? Peuvent-ils se ranger dans des groupes chimiques analogues? Comment se juge leur puissance anesthésique et leur aptitude à être utilisés par la médecine? Voilà quelques points que nous devons examiner brièvement.

L'expérience a appris que le trait distinctif des anesthésiques généraux est VuniversalUé de leur action et le caractère passager et transitoire de cette action. L'anésthésique agit sur tous les éléments anatomiques, sur toutes les variétés de protoplasme, depuis la cellule végétale jusqu'à la cellule nerveuse ; il atteint toutes les activités physiologiques, depuis la germination de la plante jusqu'à la sensibilité consciente. Le second caractère, non moins essentiel à la définition, e'estque cette influence paralysante est temporaire; de telle sorte que l'activité vitale est seulement suspendue, rendue latente, et qu'elle peut reparaître après avoir sommeillé quelques moments : ceci revient à dire que le protoplasme ne subit, du fait del'anesthésique, aucune altération définitive et profonde. Que cette attoralion soit une coagulation, une déshydratation, ou qu'elle soit d'une autre nature, il importe peu : il faut seulement qu'elle soit spontanément réparable et passagère.

Une substance qui remplit ces deux conditions essentielles est, en principe, un anesthésique, mais ce n'est pas encore un bon anesthésique utilisable en physiologie ou en médecine. La substance ne sera un

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bon anesthésiçi/e, elle ne rendra des services que si elle remplit une troisième condition; à savoir, si son action s'ej'erce d'une manière graduée et successive; si elle est mesurée, c'est-à-dire ni trop lente, ni trop rapide.

Le premier effort de l'agent anesthésique parte lur les parties les plus délicates, c'est-à-dire sur les [issus nerveux, et, parmi ces tissus, sur ceux dont la fonction esl la plus élevée, sur le cerveau et sur la moelle, instruments des actes psychiques, de la sensibilité et du mouvement. Si l'agression peut être ar- H^lée à ce moment, la substance jouera le rôle d'anes- Khésiquevéritable, et la chirurgie pourral'utiliser pour abolir le sentiment de la douleur et les réaction.s de la motilité dans les opérations. Mais si, après ce premier effort, l'attaque trop impétueuse se précipite sans temps darrèt ni trêve, de manière à anéantir les autres fonctions nerveuses, alors ce ne sera plus qu'un poison redoutable.

I — D'autre part, si l'action es.t trop lente, l'inconvé- TOient, pour être d'une nature opposée, n'en sera pas moins rcdhibiloire : la substance excitera les centres nerveux sans les anéantir, et l'effet en sera directement contraire à celui que recherche le chirurgien. Entre ces extrêmes, entre ces agents, les uns trop lents, les autres trop précipités, se classent dès à présent l'élher, le chloroforme et le protoxyde d'azote. Ce sont les plus connus. Mais il y en a beaucoup d'autres, sans compter ceux que l'avenir nous réserve, qui se rapprochent plus ou moins de ceux-ci, et que nous devons passer maintenant en revue.

LES ANESTHÉStOUKS.

^ 2. Distinction des anestliéslques et des narcotiques.

Avant d'aborder celle en umé ration, il importe de faire une remarque. Quelques mi^decins ont tendance il classer parmi les anesthéslques des substances qui ne répondent cependant pas exactement à la définition précédente; à. savoir les narcotiques, substances soporifiques ou stupéfiantes, et les médicaments nervins. C'est à tort. En principe, l'action des narcotiques n'est ni passagère, ni wiiverselk; elle se dissipe lentement; elle n'atteint pas tous les tissus, pas même tous les éléments nerveux. Le nombre de ces substances s'étend indéfiniment : à la liste cienne des dérivés de l'opium et de la belladone sont venus s'ajouter le sulfonal. le somnal, et d'autres encore. Sans doute, quelques-unes d'entre elles présentent avec les véritables anesthésiques des analogies plus ou moins lointaines. Il est possible que l'on trouve plus tard entre les deux catégories des anesthésiques et des narcotiques, certains intermédiaires qui permettront d'établir une sériation plus ou moins continue. 11 suffit cependant que la distinction soit encore possible aujourd'hui pour qu'elle soit utile à maintenir. L'étude scientifique est à ce prix: elle consiste à analyser d'abord, c'est-à-dire à distinguer. Nous écarterons donc les narcotiques de notre examen.

t; 3. Caractères ctiimiques.

Les substances anesthésiques forment plusieurs groupes. Dans une première catégorie, isolé, solitaire,

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