ASSOCIATION DU CHLOROFORME ET DE LA IIORPHINE
mixte, morphine-chloroforme, peut aussi être utilisée pour produire l'anesthésie profonde, avec résolution musculaire complète, nécessaire aux grandes opérations. On l'obtient plus facilement qu'avec le chloroforme, et on peut la faire durerplus longtemps.
Le procédé mixte a été employé par Rigaud et Sarrazin, à Strasbourg, en 1870 ;parGuibert,à Saint- Brieuc; par Labbé et Goujon, à Paris; par Molow, à Moscou; par Crombic. Aubert, de Lyon, en a également fait usage. Pour les grandes opérations chirurgicales et pour les manœuvres obstétricales, on injecte en une fois 15 à20 milligrammes de chlorhydrate de morphine sous la peau. Le chloroforme ne doit èiro administré que quand la morphine a été absorbée, c'est-à-dire au bout de 15 à 20 minutes en moyenne : il faut se rappeler seulement que le temps nécessaire à l'absorption peut éprouver quelques variations suivant les circonstances.
d. Avantages et inconvénients. — Nous avons signalé, tout à l'heure, les avantages de cette méthode mixte, à savoir : la suppression de la période d'excilation, la suppression de l'irritation laryngée et de la syncope respiratoire et cardiaque que celle-ci peut provoquer, enfin l'économie du chloroforme. On a prétendu qu'elle écartait aussi, dans une certaine mesure, le danger de la syncope secondaire (Vibert, Soc. de thérapeutique) .
Quant aux inconvénients de la méthode, on en a signalé deux. Le premier serait de faciliter les syncopes respiratoires (Fr. Franck, Soc. d'an, el pfujs. lie Bordeaux, 1881). On verrait, dans le cours d'une anesthésie parfaitement normale, alors que le chloroforme est écarté depuis quelque temps, les mouve-
ment:» p*î^irati:)ires *'étein<ire progres^iTemeot. puis ^. iiii?peailre. Le <:fiMir coatrnoe de battre régulièrement. pui> ti)iit à coup 3^'arrèie bruâquement.
Oepen«1:int. dans- taa& les eas. la respiration artiti«!ieile. faite ^tmplenieat par presâoos sur le thorax, ^>i?t toajoars mi)atrée effîcaee quand on n*a pas altemla r;irrèt «rooipLet du cœvr Fr. Franck. Soc. Biol, liîifril IHKÎ . Vemeoil A#*. fr^J^tmi^, La Rochelle, 1882 a insisté é^îalement sur les dangers de la chlorofi^rmisation chez les morphinomanes.
D Eaat ?^i^aler toatefots qoe ces syncopes respiratoires, faciles à cocihattre lorsqu'elles sont sur- ^eill«>es, n'appartiennent pas en propre à la méthode mi\te : eQes seraient seulement plus firéquentes ou pins inattendoes qo'aTec réther et le chloroforme seuls.
Le second inconvénient, mais cette fois moins certain, c'est que la méthode mixte produirait un abai^!^ement de température dangereux Poncet . Ceci contre-îndiquerait S4>n usage dans les cas de chocs traumatique^ chîrurjzie de guerre, de stupeur générale et de périlonisme Duret, Sarrazin et Poncet). L'objection s'applique d'ailleurs à toute espèce de procédé danesthésie.
Le bilan des accidents recueillis par Bossis ^thhe de Paris . 1879 se résume en deux cas d'excitation au début, un cas de cyanose cité par de Brinon., et trois cas de mort, dont Tun est le résultat d'une imprudence manifeste et un autre est contesté.