‹ Les Anesthetiques physiologie et applications chirurgicalesChapitre 36 sur 50 · PROCÉDÉ DE DASTRE ET MORAT · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ DE DASTRE ET MORAT

S 1. Principe.— g 3. llésuitiits praliques:

ratoire; 2° en cliirurgie humaine. — ■

Ihode : a. Avanlagei méthode de Cl. Bernard et Ni

ITéDienU de celte dernière. -

n physiologie opéra fanlages de la mt

Avantages c islianm. c. Suppression dBBÎncon g 4. Inconvénients possibles. —

S 1. Principe.

Le principe de la mélhodc a été pogé plus haut, lorsque nous avons donné la théorie des accidents de la chloroformisation (Liv. I, ch. IV, § 3, d.j. Nous avons vu que, dans les quatre iormcs principales d'accidents, c'est l'excitation du système modérateur cardiaque, du pneumogastrique et de son noyau bidbaire qui crée le péril. La section des deux nerfs vagues serait le moyen théorique et brutal de l'écnrler. Une telle manière de faire est inadmissible. Il y a, au contraire, un procédé pratique et délicat pour arriver au même l'ésultat : il consiste dans l'emploi de l'atropine. Latropine équivaut à la section des

nerf» va)pi«!ï : eSe <l«lniil l'fturifaihfliteties. Sets^ car- ' ilUwptM (fu vaçie «t cfe fear ae«sn batt uâe |S riot. i»»»..

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la morptiiBe. La inéUiode ooDsisteia donc dans l'is

MOBlioD laorpbÎDe-alropLM-chlorororme.

Aviuil «l'entm* dans rétadedes détails. indiqnoB les résullal^.

% 2 Resaltats pratiques.

". En pbjBioIi^e opératoire. — Le chien esl infini riieril plus Auj<;t niix socidenU chlororormiques que rhommc. Avec le chloroforme seul, dans le labora" loire 'le In Sorbonnc, nous perdions un chien sut troifl, el, pour les deux autres, il y avait souvent des menareH d'necidcnt^ ou des irrégularités dans l'ane: tliéfliu. Depuis dix ans fl878-1888), tous les chieni opéré» ont èlé anesthésiés par le procédé mixte, el Biir de» cenluines d'animaux, je n'en ai pas vu mourir uti Hflul. ïoiijourâ j'ai obtenu l'anesthésie absolue, lypiquo, complète, sans agitation, avec résolution purl'aila, pouvani durer deux et trois heures HHUH micuii danger. M. Morat, à Lyon, est dans le mâmo cas. 11 Caul, pour iurivor sûrement à cerésul-

LA MÉTHODE MIXTE, ATBOPINE-MOnPHTSE. 201

tat, dépenser une quantité de chloroforme vlogt fois, trente fois moindre que pour y arriverproblématiquemenl avec la métliode ordinaire,

Voici la manière de procéder :

Dix minnles avant l'opération, on introduit en injection sous-cutanée une solution contenant :

2 centigrammes de chlorhydrate de morphine,

2 milligrammes de sulfate d'atropine, par centimètre cube. On injecte 1/2 centimètre cube parkilogr. du poids de l'animal, c'est-à-dire 5 centimètres cubes si le chien pèse lOkilogr., 10 centimètres cubes s'il pèse 20 kilogr. En d'autres termes, on injecte par kilogr. d'animal 1 centigramme de chlorhydrate de morphine et 1 milligramme de sulfate d'atropine. Puis on fait respirer le chlorolorme ; 2 ou 3 grammes de chloroforme suffisent pour une anesthésie parfaite de deux heures de durée. Une telle économie de l'agent anesthésique réduit singulièrement les dangers de l'intoxication par abus chloroformique.

/>. En chirurgie humaine- — La méthode a été employée en chirurgie humaine. C'est Aubert (de Lyon} qui a eu le mérite d'appliquer ce procédé, que Morat et moi avions proposé vainement aux chirurgiens, montrant une fois de plus que les initiatives ne sonl pas plus rares en province qu'Ëi Paris. Beaucoup de chirurgiens lyonnais, et Léon Tripier l'un des premiers, ontimité l'exemple d'Aubert.

Voici la formule employée par les opérateurs :

Injection, quinze à trente minutes avant l'opéralion, de I centimètre cube 1/2 de la solution suivante :

Chlorhydrate de morphine. 10 ceiiUgrammes.

SulTsle d'atropine 3 milligrammes.

Eau distillée 10 fframmes.

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r raaeslhéâie «D oeok JMiialf- pli» ridie en

et i JBywtM l. vi^ ■ÛBBle& mw^M TofiératioB, 1 cen-

â^ert * nmém «safte 4e se^ essais Soe. Biol., 31 «rril l883;eaee5lenBes:« Je ne roaaais actuel- Itaeal ries de prë l £r^ ile ni de plus pratique.., Les anal^es 4e ce ■loiie soat les saivaDls : 1* lu sénvtté; 3* la rapidité {dos grande avec laqneUc oa obUeol le çommeil: 3' le calme absolu du malade; 4* la faciUlé du rèTeQ: 5' la simplirilé dos saife«. an point de Tue de? malaises el des vomissements alléneors... QDelques-ims de mes collègues de LyoQ, et particulièrement MM. les professeurs Gayet et Léon Tripier ont . à mon instigation , employé le même mode d'anestbésie 'S'k. Biol.. 1883. p. 628j. M. (îayel s'en loue particulièrement pour la chirurgie oculaire, à cause du calme très grand (jue l'on obiienl. et qui est dans ce cas d'une importance très grande. - Les résultats ont été excellents. Le nombre des cas s'élevait (1887/ à plusieurs milliers, sans aucun accident.

§ 3. Avantages de la méthode.

a. Avantages propres; b. AvantageB communs avec la méthode Olaude Bernard et Nusebaum ; c . Suppression des incosvénientB de cette dernière. — Le procédé d'anesthésii;

LA MÉTIlOilK MIXTE, ATROPINK-MOHI'HINB. 2H3

"mixte que nous préconisons présente les avantages propres pour lesquels il acte imaginé, à savoir d'éviter les syncopes cardiaques et paptioulièrement la syncope secondaire, contre laquelle l'opérateur se trouvait désarmé.

D'autre part, il offre les avantages de la méthode de Claude Bernard et Nussbaum (morpliine-cliloroforme), c'est-à-dire qu'il supprime l'agitation du début, les mouvements de déglutition cL de sputation et le tremblement général semblable à un frisson intense qui s'observe quelquefois en plein sommeil anesthésique. Ce sont les profits connus de la méthode mixte (morphine-chloroforme) que l'on retrouve tout naturellement ici.

Mais on sait que cette même méthode présente des inconvénients. La morphine, en effet, ne diminue point le danger des syncopes cardiaques : au contraire, elle semble l'exagérer. Verneuil (1882, Congrès de r Association françaixe, La Rochelle) a iùsisLé sur le péril que la chloroformisation fait courir aux morphinomanes. Fr. Franck (1881) a signalé la production plus facile des syncopesrespiratoires;il faut noter toutefois que ces syncopes cèdent très facilement à quelques tentatives de respiration arfificielle par pressions thoracîques, pourvu que l'on n'ait point attendu l'arrêt complet du cœur.

Poucet {Snc. BioL, 1883, p. 287) a reproché à l'association morphine-chloroforme un effet dépressif qui deviendrait redoutable chez les blessés en état de stupeur ou de choc traumalique prolongé.

Enfin, dernier trait défavorable, la morphine accroît les effets nauséeux et les vomissements de la chloroformisation. Ces vomissements, qui survien-

nenl. soit pendaQl les suspensions, soif au réveil, soil plus lard, et quelquefois enfin pendant ropéraliou même, sont autre chose qu'un simple incident désagréable ou incommode : ils peuvent constituer, dans certains temps délirais de l'opération, une complication dangereuse.

Or, de ces trois inconvénients, les deux premiers sont certainement très atténués dans notre méthode, et la situation n'est pas plus défavorable qu'avec le chloroforme simple. L'atropioe, en particulier, ne paraît pas modifier la puissance expiratoire. Quant au troisième, l'efi'et nauséeux ou de vomissement, il est presque entièrement supprimé. A l'occasion de la communication d'Aubert et des miennes à la Société de Biologie (1883, p. 289), Brown-Sequard s'exprimait ainsi : " Dans l'immense majorité des cas, l'adi( dition d'une certaine dose d'atropine à la dose de Cl morphine empêche les vomissements et même les (1 nausées que celte dernière substance, employée « seule, aurait occasionnés ».

Déjà, dès i860, Brown-Sequard avait été conduit à une règle plus générale encore, et qui consiste h employer ces deux alcaloïdes simultanément dans tous les cas où l'usage de l'un deux était nécessaire ou utile. On accroît ainsi la puissance thérapeutique de chacun d'eux sans accroître de la même manière la puissance toxique.

Cette dernière assertion peut donner lieu à quelques observations. Boger {dans une communication à la Société de Biologie, 12 mai 1888), en admettant naturellement l'antagonisme physiologique incontestable des deux substances, c'est-à-dire leur neutralisation mutuelle quant à certains effets physîolo-

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