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LA MÉTHODE MIXTE, ATROPINE-MOBPIIIKE

giques (eEFels pupillaires, effets nauséeux), conteste leur antagonisme toxique. 11 conclut de ses expériences exécntées sur le lapin que les doses mortelles s'ajoutent. Nous n'avons pas à entrer dans l'examen de ces faits : nous nous contentons ici de l'antagonisme physiologique, lequel nous suffit, puisque jamais nous n'avons à approclier des doses mortelles ou toxiques. Je crois d'ailleurs, avec Claude Bernard, que cette considération des doses mortelles ou toxiques est sujette à de graves objections toutes les fois qu'il s'agit de poisons ayant des influences électives marquées sur tels ou tels systèmes organiques. J'ai montré, en particulier, ce qu'avait d'illusoire cette considération des doses toxiques, à propos de mes expériences avec Loye sur les injections d'eau salée. [Arch. de Phi/s., 1888-1889.)

Revenons à l'effet anti-nauséeux, chez l'homme, de l'association atropine-morpliine. On a pu en tirer parti, non pas seulement pour le cas de préparation à l'anesthésie générale, mais dans les cas où, d'ordinaire, l'on emploie les injections de morphine pour calmer la douleur. Sur le conseil de l'un de nous, Orlille (de Lille) avait déjà utilisé ce mélange avec succès chez divers malades. Aubert(deLyon) a insisté sur cette action anti-vomitive de l'atropine, lorsque l'on emploie l'injection mixte, et 11 recommande ce mélange, soit pour la pratique habituelle dos injections hypodermiques, soit pour l'emploi de la morphine après les repas, si l'indication se présente, soit enfin comme moyen de préparation k l'anesthésie.

Aubert terminait son travail par ces mots : » La sécurité (de ce procédé) est son mérite principal : mais il présente, de plus, toute une série d'avan-

s» ixs AxesmtsiQCKS.

Uges accessoire qui en font le type le plus parfait de lous ceux que j'ai employés, ju&qu'à v.e jour >>. Parmi ces avantages accessoires, il y en a deux qui doiveot être mis eu lumière. — Le premier est la suppression des mouvements de sputation. de déglutition, toux et rAles, qui s'obscfTcnt souvent au début de l'anesthésie cl au réveil. « Le hesoiu de cracher est, ajoutait Aubert. uo ptiénomène auquel nous faisons grande attention dans nos services de véuériens, car, s'il n'est jamais ofiréable de recevoir de la salive, il l'est moins encore de la recevoir d'une bouche sypliili tique. » Or. on sait que l'atropine tarit la sécrétion salivaire. et supprime, avec le besoin de cracher, les mouvements de déglutition, la toux et les râles que risque de produire la pénétration de la salive dans les voies aériennes. — Le second caractère qui frappfe l'observateur est le calme absolu du malade, ce que l'on pourrait appeler le silence profond de l'anesthésie ; cette inertie, ce silence, sont tels que le chirurgien, avant d'être familiarisé avec ce spectacle, est tenté de se demander si les sujets opérés respirent et vivent véritablement.

Le dernier trait, sur lequel j'insisterai à mon tour, est l'économie considérable du chloroforme. Dans nos opérations physiologiques, il nous arrive d'obtenir l'anesthésie complète avec des proportions insignifiantes de chloroforme, vingt fois, trente fois moindres que dans la méthode ordinaire, circonstance qui, on le conçoit, est de nature à écarter les dangers de rintoxicalïoîT'chloroformique vraie.

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^ 4. Inconvénieats possibles.

Fa mainlenanl, disons deux mots des ombres qui pourraient assombrir le tableau que nous venons de tracer.

Il est possible que l'avenir révèle quelques inconvénients que la pratique actuelle n'a pas encore montrés. Ces inconvénients pourront venir de la très inégale susceptibilité des dilVérents sujets en présence de l'atropine. L'excilafion atropinique, si elle n'était pas combattue el annihilée par la morphine, prendrait des formes très capables d'impressionner le praticien et l'entourage du malade. Cependant, il faut bien savoir que ces phénomènes d'agitation sont phiB bruyants et plus effrayants que réellement dangereux. Je ne les ai jamais observés, et Aubert, dans son étude, datant de 1883, n'en avait pas encore rencontré d'exemple. D'autre part, il n'est guère possible, d'une faijon générale, de descendre audessous des doses précédemment fixées sans s'exposer à perdre tous les bénéfices de la, méthode. On remarquera, en effet, que les doses employées pour l'homme (1 centigramme et denni de chlorhydrate de morphine et 7 dixièmes de milligramme d'atropine), sont extrêmement faibles et qu'elles seraient insuffisantes chez un chien d'un poids dix fois moindre. Cependant on a annonce que des doses d'atropine de 2 à 3 dixièmes de milligramme suffiraient à paralyser les filets modérateurs cardiaques du vague, tout en laissant intacte l'excitabilité des filets accélérateurs cardiaques, viscéraux, pulmonaires (Rummo, Congrès de mêd. ilal.., 15 octobre i889).

MM LES ANESTHËSIUUI'JS.

— Le serond point est relatif au calme profond qui so maintient chez le sujet après l'opération. Chez i'animnl, c'est une condition favorable et que l'opérateur recherche, l'animal réveillé pouvant essayer de se débarrasser des appareils et ligatures, el détruire ainsi les dispositions destinées à assurer le succès de l'opération. Au contraire, en chirurgie humaine, on recherche un prompt réveil. N'y a-t-il point là iiae sorte de préjugé irrationnel? Si le sommeil post-opératoire est un véritable sommeil réparateur, pourquoi le redouterait-on? Outre qu'il repose le malade, il éloigne le moment ok vont apparaître les douleurs et les réactions morales. Ce n'est que dans le cas d'un sommeil dépressif et comateux qu'il y aurait utilité à l'interrompre pour stimuler l'organisme déclinaDt. Mais, précisément, dans nos expériences physiologiques, le sommeil post-opératoire, au lieu de présenter les caractères d'un abaissement de la vitalité et d'une stupeur dépressive, offre toutes les apparences el les avaulages d'un véritable repos, calme et réparateur.

— Le troisième point est relatif àdes accidents respiratoires possibles. Le chirurgien devra être prévenu que ces menaces de syncope respiratoire, déjà rendues plus rares, si elles venaient à se produire encore, n'auraient plus la signification périlleuse qu'elles revêtent dans la chloroformisation simple. Elles céderont toujours à quelque manœuvre de respiration artificielle par pressions thoraciques.

§ 5, Tentatives antérieures.

Pour terminer, nous devons rappeler les tentatives qui ont précédé la nôtre. M. Morat et moi avons été

ATllOPlNE-MOitPHINK.

conduits à nos essais par des considérations rationnelles et rapplicatiun de notions physiologiques. Mais, antérieurement, des tentatives purement empiriques avaient pu se produire.

Harley, en Angleterre, dès 1868 {Br'Ukh médical Journal), s'exprimait ainsi : k Dans toutes les conditions où il y a dépression de l'intluence nerveuse sympathique, comme la syncope, l'asthénie, le choc, le collapsus du choléra, le défaut d'action du cœur sous l'influence du chloroforme ou d'un autre paralysant cardiaque, l'emploi sous-cutané du sulfate d'atropine à doses variant de un centième à un quarantième de grain, est le moyen le plus approprié, celui dans lequel on peut espérer le plus pour la résurrection du cœur » .

Aubert (de Lyon), qui cite ce passage, ajoute qu'il est surprenant que ces idées si nettes n'aient pas eu d'éeho, et que personne en Angleterre, après les années qui ont suivi la publication du mémoire de Harley et qui furent fécondes en catastrophes anesthésiques, n'ait employé ces injections préparaloires à la chloroformisation.

L'association de l'atropine au chloroforme avait été tentée d'autre part à Vienne, dès 1861, par Pitha. Dans un cas où le sommed anesthésique tardait à s'établir, le chirurgien en détermina l'apparition en administrant un lavement de 1 gramme d'extrait de belladone. Inversement, Aubert administra le chloroforme pour avoir raison d'un délire atropinique, et obtint ainsi un sommeil calme, profond et durable. Brown-Sequard a eu recours au même moyen, et L d'autres praticiens ont dû certainement l'employer.

En résumé, notre métliodo mixlc, préparée par des

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tentatives empiriques, devenue plus tard rationnelle, fondée sur des notions physiologiques sûres, consacrée par dix années de pratique de laboratoire sans un seul échec et par huit années de pratique dans les hôpitaux de Lyon, mérite de subir de la part des chirurgiens une épreuve plus étendue, qui en jugera défmitivement Tefficacité.

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