‹ Les anges de la terreChapitre 7 sur 19 · KM · texte numérisé non relu

KM

ltiir> itirclirs cl Iciii^ cxcicicrN l'cliLMriix dans 1rs laultoiiri^s des villt's. leur (IdriKlaiil de s y rciidn' armes, à la réserve des gerililshoniuies. (iiii poiivaieiil y |)<Mler, coiniiie parhuil ailleurs, la dague el l'épée.

Cet edit, rejeté par plusieurs parleiueiils. ne lui accepte par celui de l'.iris (piaprès trois injouclions.

Opendaiit le l'anaiisnie niulli|)liail les massacres des prolestants à Sens, à Cahors, à Toulouse, à Tours, à Amiens, à Vassy ; et les sanglantes revanches des prolestants, dai)s le .Midi, étaient suivies des vengeances impitoyables des Monlluc et des Tavannes.

Un seul homme à la cour se souvenait de l'édil de tolérance, c'était l'Hô])ilal.

Sa pensée était de former un grand jiarli national, ayant pour chef unique le roi de France, pour lois un code étendant son empire sur tout le royaume, substitué aux coutumes qui variaient d'une province el souvent d'un canton à l'autre. Il y travailla pendant six années; aussi, chose remarquable, les plus sages ordonnances sont contemporaines d'une époque de guerres civiles, et datées du règne de Charles IX.

Cependant ce prince touche à sa majorité • l'Hôpital l'invite à parcourir le royaume, précédé. d'un édit de pacification. La reine-mère, affranchie par le poignard de Poltfot de la domination de François de Guise, accepte ce projet de voyage; mais Catherine a eu à Bayonne une conférence secrète avec le duc d'Albe, et, s'il faut en croire quelques historiens, l'infernal projet de rallier les réformés, pour les égorger plus tard, sans défense, à un signe convenu, a germé dans son imagination italienne.

Dès ce jour l'Hôpital a perdu tout crédit sur elle ; ses avis ne sont plus écoutés, il est même exclu -des conseils ; il s'en aperçoit, et se retire dans sa terre de Vignay, près d'Élampes, pour ne reprendre ses fondions qu'après la rentrée du roi à Paris. Le roi, soit artifice, soit versatilité, paraissait l'écouler, avec respect ; aussi toute la cour semblait conspirer la perte de ce grand

hoiiuiu'. Il fui rcpn^scnlé coMime le plus perfide d le jtliis diuiger(Hix des pi'oleslanls. a Dieu nous ijarde de la messe du clianlelierl » disaient les hommes qui com|)loluient eonire les lujguo iiols de nouvelles vêpres siciliennes. Knfin, on voulait être à l'aise pour le erirne, et l'ifopital l'ut renvoyé, ou plutôt on lui permit de donner sa démission ; (H il retourna dans sa maison de campagne, où il devait finir ses jours. Dans (-efUî modeste retraite l'étude, la prière, la culture des champs, l'éducation de ses petits-lîls, la société d'une femme digne de lui partageaient ses journées.

îl y vivait depuis quatre ans, lorsque le tocsin de la Saint- Bartliélemi résonna jusqu'à son vallon solitaire. A la nouvelle du massacre des protestants, les paysans du voisinage s'ameutèrent contre leur bienfaiteur. La reine envoya pour le protéger un détachement de cavalerie. A la vue de cette troupe armée, les gens de sa maison courent à lui, tout effrayés, et se disposant à la résistance, lui demandent s'il ne faudrait pas fermer les portes. « Non, non, dit-il; si la petite n'est bastante (suffisante) pour les faire entrer, que l'on ouvre la grande. » Ainsi il ne son- ^ geait pas même à disputer. aux bourreaux de son pays une vie" (ju'il avait consacrée à sa prospérité.

Peu de jours après la Sainl-Barthélemi, il avait goûté un instant de bonheur : sa fille unique, qui résidait à Paris, auprès de son époux, M. de Beslebat, lui était rendue : elle avait été sauvée par la duchesse de Guise, et venait se jeter dans les bras de son père, qu'elle ne devait plus quitter. • »

L'Hôpital se vit si cruellement déçu dans l'espérance qu'il concevait, même dans la retraite, de voir les Français former enfin un peuple de frères, que le plus sombre désespoir succéda à ses illusions chéries, (c Excidat illa dies! (périsse le jour fatal)! » s'écriait-il toutes les fois qu'on parlait devant lui de la Saint- Barthélemi. 11 mourut de chagrin, à Yignay, le 15 mai 1573, et fut modestement inhumé dans l'église deChampmoteux, sa paroisse.

La succession du chancelier de l'Hôpital ne fut opulente que

|>ar I lu'rilaj,M' des ^t■|•|^l^ (ju il laissa à sa digiu; rpouse et à su lillc hitMi-alFiuV. (Juaiil aux hicus (!<• la Inrr, elle consistait en son domaine de \ip;nav ; d l'avaK reen en iori mauvais état de Henri 11 . (U)mme échange des hieiis confis(|n(''s sur son père. Il avait su l'améliorer sans raij;randir ; il avait donne les (erres à défricher et à cultiver aux paysans du voisinage, moyennant une très-faible redevance, ne se réservant qu'un vaste jardin où le principal asîrémeniconsislail dans l'ulililé. C'étaient. commedans les jardins dAlcinous, décrits par Homère, de b(!lles lignes d'arbres fruitiers et de vignes, qu'il taillait et échenillait lui-même; et à côté 'des meilleurs légumes de la saison, des plantes médicinales, dont les soins et le salutaire emploi lui rappelaient avec attendrissement son enfance et son père. Sa maison était commodément distribuée en dedans; au dehors d'une riante simplicité, sans colonnes ni bas-reliefs, bien que son protégé, Jean Goujon, eût mis à sa disposition gratuitement le savant ciseau qui sculptait alors les ftiçades intérieures du Louvre.

L'Hôpital ne s'était nullement occupé de sa fortune dans tout le cours d'une vie d'ailleurs si bien remplie. Après neuf ans passés au parlement, et six ans dans l'administration des finances, vers l'époque où il entra au conseil privé, il est réduit à -demander des aliments pour lui (ce sont ses termes) *et une dot pour sa fille. Cette dot fut une charge de maître des requêtes, qui fut donnée au sieur de Beslebat lorsqu'il devint son gendre.

Ses mœiîrs étaient austères, ses goûts simples, sa sobriété extrême. JBrantôme raconte qu'étant allé visiter .avec le maréchal Strozzi le chancelier de l'Hôpital, ce dernier le fit diner dans sa chambre avec ce qu'on nomme strictement la fortune du pot : un plat de bouilli. Tout le luxe de sa vaisselle consistait en une salière d'argent qui servait à la ville et à la campagne.

Il regardait le luxe comme la plaie la plus funeste des états ; et à ce sujet il adressa au président de Thou une satire en vers latins, admirable de style et de pensées. Il en a laissé une seconde, aussi éloquemment énergique, contre les vices des grands. 11 existe également de lui deux poèmes latins sur l'art de gou-

verner, où l'on retrouve tous les grands principes constitutionnels qui (levaient prévaloir au bout fie deux cent trente années.

L'Hôpital ne voyait de remède aux maux du royaume que dans la réforme des mœurs; il voulait que la loi, expression du vœu national, fût toujours supérieure à la volonté du monarque. Son projet était de diviser les ordres religieux en quatre classes, et de les employer toutes à des travaux d'intérêt public."

Chez lui le poëte et l'homme d'état ne font qu'un avec l'homme deJbien; aussi, écrivant dans une langue jadis magnifique et qu'il régénère, son âme et son style s'élèvent-ils avec le sujet qu'il traite.

Telle est en peu de mots l'ébauche incomplète d'un homme à qui l'antiquité païenne eût dressé des statues, dont le fanatisme d'un siècle à demi barbare abreuva Ja vieillesse d'amertume, et dont la mémoire restera en vénération tant qu'il y aura.de l'écho en France pour ces mots : religion, liberté, patrie.

J. M. Berton.

SAIJiT VINCENT DE PAUL.

. Tous les iiiallieureux étaient son poids et sa douleuk. {Paroles de Vincent de Paul, tirées de su vie écrite par un de ses contemporains, Abelly , éréf/ue de Rodez.)

. cortège Vers

Admirable résumé d'une vie toute de sainte tenr dresse, de dévouement, de charité, que ces quelques mots soient notre digne épigraphe. Essayons de peindre l'iange que Dieu fit descendre sur la France pour réveiller dans une société endurcie par de longues années de désordre, les sentiments d'humanité, de générosité et de vif amour du prochain qu'avaient anéantis l'égoïsme. et la haine,

hideux des discordes civiles.

'année 1586, un pauvre enfant, âgé de dix ans à peine.

les bestiaux de son père dans un pré bien chélif du

^"\i""Dt ?MU

Iith.Becquet.

Page 1