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LES ANGINES A FA-ÏÏ

l’emporta en quelques jours : les noyaux d’hépatisation pulmonaire contenaient exclusivement des streptocoques et de rares colonies de staphylocoques. Là, l'angine paraissait avoir été le point de départ d’une infection broncho-pulmonaire. Notons qu’il n’y avait eu aucun symptôme de croup.

Une des complications les plus fréquentes de cette forme grave d’angine streptococcique, qui d’ailleurs est exceptionnelle, ce sont les érythèmes. On les observe dans plus de la moitié des cas suivis de mort. Ce fait prouve bien que les érythèmes dans les angines bacillo-streptococciques relèvent de l’infection secondaire par le streptocoque. Tantôt c’est une éruption miliaire rouge, plus ou moins confluente, siégeant de préférence sur les membres inférieurs ét l’abdomen; tantôt un érythème, d’abord rosé, puis scarlatiniforme, à teinte écarlate, constitué par des placards plus ou moins étendus, laissant toujours entre eux des intervalles.de peau saine; parfois, il vient s’y joindre des papules d’urticaire. On comprend, eu égard à la fréquence si grande de l’érythème scarlatiniforme, combien il est difficile de dire parfois si on se trouve en présence d’une angine avec érythème ou d’une scarlatine avec angine pseudo-membraneuse : il est certain que l’erreur a dû être commise dans un grand nombre de cas,

Cliniquement, ces, angines pseudo-membraneuses à streptocoques, qu’elles soient bénignes ou graves, présentent un double caractère sur lequel nous devons insister en terminant : elles ne sont pas contagieuses et, jusqu’à présent du moins, elles n’ont pas été suivies des paralysies de la convalescence. Ce sont là deux grands

signes qui les distinguent des angines diphtériques. La non contagiosité de ces angines est un fait absolument indiscutable : des enfants, reçus par erreur au pavillon d’isolement de la diphtérie, ont pu être ramenés dans les salles communes après qu’on eut prélevé dans les fausses membranes l’absence du bacille de Lôffïer, sans qu’après leur retour on ait jamais relevé dans leur entourage aucun cas d’angine pseudo-membraneuse. L’importance d’un diagnostic précis est considérable, puisque ces enfants, qui ne font courir aucun danger aux personnes qui les entourent, sont exposés, s’ils sont confondus avec des sujets atteints de diphtérie, à contracter une angine diphtérique; les exemples de faits de ce genre ne sont pas rares.

L’absence de paralysies dans les angines pseudodiphtériques permet de dire que les accidents paralytiques sont bien dus, chez l’homme ou chez l’animal en expérience, à la toxine du b acille d e Lôffler, mais rien n’autorise à affirmer a prior i que les angines pseudomembraneuses à pneunjocoques ou à streptocoques ne puissent un jour être suivies de paralysies. On sait, en effet, que la plupart des maladies aiguës peuvent se compliquer — quoique rarement — de paralysies survenant pendant la convalescence qui reproduisent tous les traits des paralysies diphtériques ; même l’expérimentation aurait permis de reproduire des paralysies chez les animaux inoculés avec le streptocoque 1 .

1. Manfredi et Traversa, Giornale inlcrnazionalc dclle science mediche, anno 1888, p. 4S6.

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