PLAGES
L'état général s'aggrave.
Température matutinale 38°6.
Température vespérale 39.
9 août. — Les lésions locales ne changent pas beaucoup d’aspect. |
Température matutinale 38°6.
Température vespérale 39°.
10 août. — Le décollement de la muqueuse au niveau de la fac postérieure de la gencive supérieure s’accentue. D'autre part, la partie médiane du maxillaire inférieur est à nu.
Température du matin 38°6.
Température du soir 39,
11 août. — L'état général devient de plus en plus mauvais.
Température du matin 38°2.
Température du soir 38°9.
12 août. — Le facies est pâle, les yeux excavés.
Température du matin 3865.
Température du soir 38°6.
13 août. — L'enfant meurt à 7 heures du matin.
Autopsie. — Pratiquée le 14 août. "
Cavité buccale : Lèvres. — Elles sont le siège d’ulcérations peu profondes. QE
Maxillaire inférieur. — La partie médiane est nécrosée. Les incisives sont tombées. La gencive postérieure est décollée sur la partie médiane.
Maxillaire supérieur. — Nécrose sur la partie médiane, les incisives sont également tombées.
Vorle du palais. — Il est complètement détruit à droite.
Le pilier postérieur, l’amygdale, le pilier antérieur droit ont
été dévorés par une vaste ulcération qui a formé une caverne
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profonde. Les bords antérieurs de cette excavation arrivent jusqu’au sillon gingival.
L’ulcération remonte sur le voile osseux, formant une tache bleuâtre, s’effilant en avant.
Sur la partie médiane. et le bord postérieur du palais osseux on constate l’ébauche d’une plaque ovalaire ulcéreuse.
On enlève le pharynx et le larynx.
Le décollement de la paroi postérieure de l’œsophage est très facile.
Il existe un abcès rétro-pharyngien.
Les vertèbres cervicales sont à nu ; la face antérieure des corps vertébraux est noirâtre.
Sur les parties-latérales les tissus sont nécrosés à gauche.
Au niveau des poumons on constate les lésions suivantes :
A droite, il existe des adhérences pleurales et à la pression on fait sourdre du pus, des petites bronches de certains lobules pulmonaires.
A gauche il y a une infiltration œdémateuse de la base pulmonaire.
Le cœur est normal, il'y a une sérosité péricardique assez abondante.
Le foie est un peu gros. La rate normale. Les reins sains.
Observation II (inédite).
Scarlatine, une ulcération du voile et une autre au niveau du
palais osseux ; rougeole secondaire ; mort.
L'enfant R... Pierre, âgé de 5 ans, entre à l'hôpital Claude-
Bernard, avec sa mère atteinte de scarlatine, le 1°* août 1907.
La mère est soignée au pavillon Jenner.
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L'enfant entre au pavillon Pasteur, service de M. Griffon.
A son entrée l'enfant ne présente pas d’éruption nette. Cependant, au dire de la mère, il y aurait eu quelques jours auparavant une éruption assez marquée au niveau de la partie supérieure du thorax.
La langue est saburrale.
La gorge ne présente pas la rougeur des gorges scarlatineuses. On note un exsudat sur l’amygdale droite.
11 n’y a pas d’albumine dans les urines.
La température est de 37°7.
L'état général paraît bon.
Cet état se maintient ainsi jusqu’au 5 août, époque à laquelle on constate alors les lésions suivantes :
5 août. — La température du matin est de 38°2, le soir de 39,
À l’examen de la gorge on remarque une petite ulcération en raquette dont l'extrémité siège sur le pilier antérieur droit du voile, et dont le manche s'effile en dehors et en avant sur le voile du palais vers l’arcade dentaire.
Cette ulcération a une coloration grisâtre, elle est limitée sur son pourtour par un liseré rouge vif.
Sur le palais osseux on note également une seconde ulcération de la dimension d’une pièce de 50 centimes. Elle est placée à gauche, à quelques millimètres en dedans de la dernière molaire supérieure.
En introduisant un stylet dans l'ulcération, on a la sensation d'une faible résistance.
On ramène à l'extrémité du stylet un peu de mucus blanc
verdâtre.
On fait à l'enfant de fréquents lavages de gorge à l’eau oxygé-
née, et on badigeonne les ulcérations au bleu de méthylène,
10 août. — L'état général à faibli.
Depuis le 5 août la température n’a jamais été au-déssous de 38°, et suit une marche progressivement ascendante.
L'enfant qui jusqu’àlors était extrêmement docile, ne se laisse plus examiner que difficilement. On est obligé de faire usage de l’ouvre-bouche pour pouvoir faire les lavages de gorge.
La première ulcération intéressant le voile semble cependant être en voie de régression.
‘ni n’en est pas de même dela seconde intéressant le palais osseux.
On note en outre une petite ulcération à la commissure la-
biale droite.
13 août. — L'enfant a maintenant une éruption de rougeole suraJoutée, l'élévation de température précédente correspondait donc à la période d’invasion de la rougeole.
Il y a d’ailleurs en ce moment une épidémie de rougeole dans le service des scarlatineux.
De 3%4 le dixième jour la température s’abaisse de 1° le 11. Les yeux sont injectés.
= L’éruption caractéristique de la rougeole est des plus typiques sur la face, Sur le corps elle l’est un peu moins. L'enfant tousse.
A l’auscultation on entend quelques râles très fins aux deux bases pulmonaires. | 4 août. — L’éruption est généralisée.
L'examen de la gorge est de plus en plus difficile. A l’auscultation on perçoit des râles sous-crépitants disséminés sur toute la hauteur des poumons.
On fait donner à l’enfant des bains sinapisés et des envelop-
pements humides.
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15 août. — Tout le naso-pharynx est rempli d’un mucus jaune verdâtre, rejcté avec le liquide quand on pratique les lavages de jonc.
Autant qu'il est permis de le distinguer, l’ulcératiou primitive du voile est restée stationnaire.
Il n’y a pas à gauche perforation complète du palais osseux.
16 août. — Desquamation généralisée mais particulièrement abondante à la face et surtout tout autour des yeux.
L'enfant a une diarrhée abondante, il est de plus en proie à une dyspnée assez prononcée,
17 août. — La diarrhée persiste et est extrêmement fétide ;
de plus il y a de l’œdème des mains.
19 août. — Des convulsions de la face et des membres font leur apparition et l'enfant meurt.
AUTOPSIE, — L'autopsie ne révèle aucune autre lésion macroscopique qu'un foie gras, volumineux, et des poumons parsemés
de quelques noyaux de bronchopneumonie.
Observation II (/nédite).
Scarlatine. Angine ulcéreuse. Mort. Autopsie.
Mon... Louise,;16 mois, entre le 10 novembre 1907 à l'hôpital Claude-Bernard, service de M. Griffon, pavillon Pasteur.
Le 11 novembre. — La petite malade est abattue, le facies es pâle.
Il n’y a pas d’éruption appréciable.
Le jetage nasal est assezaccentué, la cavité bucco-pharyngée est tapissée de mucosités sanieuses et sanguinolentes que l’on détache assez facilement à l’aide d’un tampon de coton monté
sur une pince,
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La langue est saburrale. Les amygdales apparaissent tapissées de fausses membranes. Au niveau de la paroi postérieure du pharynx ces plaques prennent une coloration grisâtre.
La température qui était de 40c à l'entrée de la malade à l’hô- : pital est tombée à 39°4.
On fait une injection de 20 centimètres cubes de sérum antidiphtérique. Des phénomènes d’asphyxie, cyanose, difficultés de la respiration ne tardent pas à faire leur apparition. On fait la respiration artificielle, et l'enfant meurt dans l’après-mid; du 11 novembre. L’ensemencement sur sérum de bœuf des parcelles de membranes prélevées est négatif au point de vue diphtérique.
13 novembre. — Autopsie : Au niveau des différents organes thoraciques et abdominaux on ne trouve rien à signaler, si ce n'est de la congestion aux deux bases pulmonaires. On enlève la trachée, le larynx, le pharynx, avec la partie postérieure du voile du palais. Après avoir détergé avec soin la surface des ‘amygdales, on y remarque la présence de deux ulcérations des dimensions d’une pièce de 50 centimes chacune.
L'examen bactériologique des produits de raclage obtenus ne
donne aucun résultat intéressant.
Observation IV (inédite).
La
Scarlatine avec angine ulcéreuse précoce ; mort ; aulopsie.
Guil... Jean, âgé de 7 ans.
Entre dans le service de M. Griffon à l’hôpital Claude-Bernard, pavillon Pasteur, le 27 octobre 1907.
Il présente une éruption scarlatineuse de moyenne intensité,
s'étendant sur l'abdomen, le thorax, les cuisses, les mb et le sbras.
La langue est rouge et dépouillée.
La gorge est le siège d’une rougeur diffuse qui s’étend sur le | voile du palais ; les amygdales sont hypertrophiées, mais on ne remarque pas d’exsudat.
L'état général est mauvais.
La température est de 395.
Le pouls petit et rapide (130 pulsations).
Le malade est prostré, somnolent ; il répond mal aux questions qu’on lui pose et ne peut donner aucun renseignement sur le début de sa maladie.
Il n’y a pas d’albumine dans les urines, l’auscultation est négative.
28 octobre. — La température s’élève à 400 le matin, à 40°6 le soir.
L'érythème est toujours très accentué ainsi que l’angine; on n'observe aucun exsudat dans la gorge. Le malade esttrès agité, surtout la nuit.
29 octobre. — Cette agitation persiste durant toute la jour née du 29. La température est de 40°5 le matin, de 40° le soir.
Il y a de la diärrhée. La soif est vive, la déglutition difficile. I n’y a pas d’albumine dans les urines,
30 octobre. — Persistance de l’érythème,
La température monte à 41e le soir.
L’agitation est extréme. |
31 octobre. — La diarrhée a cessé, mais la soif est toujours aussi vive. Il n’y a pas de vomissements, ni de délire, On ne trouve rien de particulier à l’auscultation.
Le ventre du malade est souple et non douloureux.
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L’examen des urines décèle de très légères traces d’albumine.
L'examen de la gorge permet de constater au niveau des cryptes amygdaliennes un exsudat blanchâtre, Le voile du palais est d'une teinte rougeâtre ; cn observe au-dessus de l'amygdale droite une zone au niveau de laquelle la muqueuse présente une coloration violacée.
On fait une injection de 100 centimètres cubes de sérum physiologique.
* 1% novembre. — Ja température est à 395, le pouls à 110 L’érythème a tendance à disparaître.
À l'examen de la gorge on remarque que l’enduit blanchâtre observé la veille-a tendance à gagner en surface ; les deux amygdales sont alors totalement recouvertes d’exsudat,.
De plus, au-dessus de lamygdale droite la muqueuse est grisâtre et largement ulcérée sur une zone qui part de la fossette sus-amygdalienne, s'étend un peu sur le pilier postérieur, mais a surtout tendance à s’étendre vers la luette en suivant le bord libre du voile du palais.
L’ulcération semble superficielle, mais elle est recouverte d’un enduit grisätre de mauvaise apparence.
La déglutition est très gênée par suite des mucosités qui encombrent toute l’arrière-gorge.
L’agitation est moine marquée que les jours précédents, le malade est plongé dans un état de somnolence dont il est dif-
ficile de le faire sortir.
Les liquides absorbés (lait et champagne) sont avalés avec beaucoup de difficultés et rejetés même en partie par les fosses nasales. On note de même une Certaine difficulté dans l’ar-
ticulation des mots. Nouvelle injection de 100 centimètres
cubes de sérum.