Lissècus. Traité des angines
2. Trousseau. Cliniques médicales de l’'Hôtel- Dieu, Al Osédit:
La
ce grand maître de la clinique française insiste bien sur ce fait que l’exsudat laisse après lui des ulcérations, et que cet exsudat diffère totalement des membranes diphtériques.
Avec Hénoch (1), nous voyons apparaître pour la première fois le terme de nécrose appliqué à l’angine scarlatineuse ; c’est sous le nom d’« inflammation nécrotique » qu'il la décrit ; il est le premier à signaler les perforations du voile du palais, et la propagation des lésions nécrotiques à l’œsophage, à la muqueuse des lèvres et du nez. Il s'exprime à ce sujet de la façon suivante :
« Lorsque l’infiltration avait atteint profondément le tissu des amygdales avec nécrose correspondante, des morceaux entiers d’amygdale étaient détachés par la gangrène et flottaient ensuite dans le gosier.. En plusieurs cas il s’était fait une double perforation totale du voile du palais ayant d’ordinaire leur siège au-dessus des amygdales. » |
A partir de 1890 les auteurs dirigent leurs recherches vers l'origine bactérienne des angines scarlati-
neuses.
En 1890-1891 Wurtz et Bourges (2) ont montré que les angines scarlatineuses précoces étaient presque toujours dues aux streptocoques alors que les tardives étaient sous la dépendance du bacille de Klebs Læffler.
Dans sa thèse (1891) Bourges confirme cette opinion :
1. Hévocu. Leçons cliniques sur les maladies des enfants,1885. 2. Archives de médecine expérimentale, mai 1890.
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Jusqu'en 1900, il n’est pour ainsi dire plus fait mention de l’angine ulcéreuse survenant au cours de la scarlatine, et les différentes statistiques des épidémies de scarlatine observées dans les hôpitaux d’enfants ne signalent pas cette grave complication.
C’est alors qu’en 1900 Variot et Devé (4) en signalent de nouveaux exemples.
En 1902, Simonin (2) rapporte quatre cas d’amygdalites ulcéro-membraneuses survenues au cours de la scarlatine au Val-de-Grâce, mais il les rattache à l’angine ulcéro-membraneuse de Vincent.
La même année, Variot et Roy (3) insistent à nouveau sur la fréquence des ulcérations dans les angines de la scarlatine. Ces auteurs ont observé quarante cas en 1900.
En 1902, Antoine consacre sa thèse au « processus gangreneux dans les angines de la scarlatineet en rapporte cinq observations ».
Mais le travail Le plus important paru jusqu’alors sur cette question est de MM. Méry et Hallé (4). Ces auteurs observèrent, à l’hôpital des Enfants-Malades, au
. 1. Varior er Devé. Sur le polymorphisme des angines dans la scarlatine et sur les relations de processus angineux avec l’évolution du cycle thermique. Soc. méd. des hôpitaux, octobre 1900.
2, Simoxix. Des rapports de la symbiose fuso-spirillaire avec les angines buccales, la scarlatine, la dyphtérie, Je scorbut, Soc. méd. des hôpitaux, 14 mars 1902.
3. Varior er Roy. Nouvelles recherches sur le processus angineux dans la scarlatine chez les enfants et sur ses irradiations. Soc. méd. des hôpitaux, 2 mai 1902.
4. Méry er Hazcé. Les angines ulcéreuses et per forantes ae la scarlatine. Bulletin médical, mai 1908.
cours de l'épidémie qui sévit à Paris en 1909, dix-sept cas d’angines ulcéreuses sur 463 scarlatines.
Cette épidémie fut, pour MM. Méry et Hallé, l'occasion d’une communication, au Congrès de Madrid en 1903, dans laquelle ils réclament, pour l’angine ulcéreuse de la scarlatine, une place plus nettement définie dont les caractères primordiaux sont : « La nécrose, l’ulcération et la perforation du voile du palais. » Elles méritent bien, par ce fait, le nom d’ulcéro-perforantes.
Dans un article, publié dans les Archives de médecine des Enfants (1), ces mêmes auteurs reviennent sur cette question. |
Dans sa thèse Pivert (2) reproduit les dix-sept observations qui avaient servi de base au travail de MM. Méry et Hallé.
En 1906, M. A. HE (3) ayant eu l’occasion d'observer cette forme d’angine ulcéreuse au pavillon de la scarlatine de l'hôpital Trousseau consacra sa thèse à ce sujet.
Enfin, tout récemment, M. le D: P. Lereboullet (4) a publié dans le Progrès médical, un mémoire sur la
même question.
1, Mérrer Haut. Pérforation du voile du palais dans la scar. latine Archives de médecine des Enfants, décembre 1905.
2. Piverr. Les angines ulcéreuses et les perforations du voile du palais dans la scarlatine (7'hèse de Paris, 1905). / 3. A, Larrouy. L’angine ulcéreuse précoce de la scarlatine
(Thèse de Paris, 1906). \ 4. P. Leresourcer. Angines nécrotiques et perforations du voile du palais dans lascarlatine (Progrès médical, 8 février 1908).