DESCRIPTION CLINIQUE. ÉVOLUTION
Description clinique. — L’angine ulcéreuse peut apparaître au cours de la scarlatine à deux époques différentes de l’évolution de la maladie causale :
Elle peut être précoce, c’est-à-dire, apparaître avant ou en même temps que l’exanthème, elle peut être tardive et ne se montrer alors qu'à la période de desquamation. Faisons remarquer dès à présent que la première forme est de beaucoup la plus fréquente et la plus grave, que la deuxième au contraireest rare avec moins de tendance à l’envahissement en surface et en profon deur ne s’accompagnant que d'une légère atteinte de l’état général et d’un pronostic assez favorable.
Aussi aurons-nous surtout en vue dans cette étude l’angine nécrotique précoce de la scarlatine.
Voici dans ces casce que l’on observe généralement :
A l'examen de la gorge d’un malade atteint de scarlatine à son début on remarque une coloration rouge intense, framboisée de tout le pharynx avec une tuméfaction énorme, de toute la muqueuse. Puis sur l’une
Langlais 2
Lors
des amygdales l’on voit apparaître un exsudat blanchätre, lequel après avoir été enlevé en frottant la surface de l’amygdale avec un pinceau, laisse voir au-dessous de lui une très légère ulcération, qui peut ne pas se propager et guérir d’elle-mème. C’est là une forme bénigne ne méritant pas le nom d’angine nécrotique.
Dans d’autres circonstances les choses se passent tout autrement.
En effet, au lieu de cet exsudat localisé à l’amygdale, on voit que celui-ci s’est propagé à d’autres régions. Les deux amygdales, la luette, le voile du palais peuvent être atteints.
Mais un examen plus minutieux permet de se rendre compte qu’il ne s’agit pas de fausse membrane. Comme le font remarquer MM. Méry et Hallé « c'est la mu-: | queuse qui à cet endroit est infiltrée de couleur blanc grisâtre et tranche sur la muqueuse environnante ellemème très rouge el très tuméfiée. De plus, si avec un tampon on cherche à enlever les parties blanchâtres on ne détache aucune fausse membrane, aucun exsudat ».
Ces plaques quirappellent par leur coloration l’aspect d’une plaque muqueuse touchée au nitrate d’argent, affectent des sièges de prédilection et suivant leur fréquence on les trouve sur les piliers antérieurs, la luette, le voile membraneux, derrière la dernière molaire.
Si on essaye d'arracher avec une pince à forcipressure ou une curette des lambeaux de muqueuse au niveau de ces régions grisâtres, on obtient une surface cruentée, irrégulière. |
Si au contraire on a laissé les choses en état on ne
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tarde pas à voir survenir des modifications importantes.
La plaque qui a peu de tendance à se propager en surface, va s'étendre en profondeur et donner naissance à une ulcération. Celle-ci se constitue en très peu de temps et présente les caractères suivants :
Elle a une forme ovalaire le plus souvent, parfois elle est linéaire, arrondie ou triangulaire. Ses bords sont taillés à pic et nets. Autour d'elle existe une première zone où la muqueuse est rouge et tuméfiéé, puis une deuxième qui paraît saine et non décollée. Le fond n’est pas bourgeonnant, constitué par un tissu sphacélé recouvert d'un exsudat grisâtre et d'un peu de pus. Elle repose sur une base souple, ne présentant aucune induration.
Le plus souvent unique, on peut dans certains cas en observer plusieurs et alorselles peuvent prendre une disposition symétrique.
Si l’ulcération a son siège au niveau du voile du palais et si le processus de nécrose gagne en profondeur, il peut aboutir à une perforation du voile.Celle-ci n’est
annoncée par aucun symptôme fonctionnel à l’encon-
-tre de ce que l’on observe dans les perforations du voile
d'origine syphilitique. La voix n’est pas nasonnée, il n’y a pas de gène de la parole. Une fois constituée la perforation a peu de tendance à s’accroître.
Tel a été l’aspect que présentaient les ulcérations dans les différents cas où il nous a été permis de les observer.
Cet état iocal s’accompagne en outre de symptômes
fonctionnels et généraux assez inquiétants.
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Tout d’abord au début ce sont les symptômes fonctionnels de toute angine : sensation de gène très marquée dans la gorge, trismus, douleur réveillée par les phénomènes de déglutition.
Puis rapidement l’état général du malade devient très mauvais et traduit une intoxication profonde de l’organisme.
L’haleine est assez souvent fétide, de la bouche s’écoule un liquide sanieux d’odeur infecte. La face interne des joues, la langue sont tapissées d’un mucus épais et filant. On note quelquefois aussi: un écoulement muqueux ou muco-purulent par les fosses nasales.
L’engorgement des ganglions sous-maxillaires est la règle. On perçoit sur la mâchoire inférieure une masse arrondie, unique, assez volumineuse,de consistance assez ferme. Cette adénopathie n’aboutit que rarement à la suppuration.
Le malade est plongé dans un état d’adynamie très prononcé, la pâleur de la face est très accusée, le pouls est petit, filiforme, rapide, la température oscille entre 39 et 40°. Les urines sont rares, sédimenteuses, l’albu- | minurie est fréquente, assez souvent il existe de la diar- . rhée, la peau est sèche, la soif vive.
Enfin l'intensité de l’exanthème n’est pas toujours en rapport avec gravité de l'affection. Faisons remarquer toutefois que si parfois on observe des angines ulcéreuses au cours de scarlatine avec un exanthè me léger, il est plus commun d'observer celte forme io gine avec un exanthème très prononcé.
Les cas qui servent de base à notre travail nous per-