OBSERVATION II
Bulletin et mér.oire de la Société Anatomique de Paris 1905. — Moxesrier
Un homme de 35 ans, garçon marchand de vins, m'est adressé à l'hopital Saint-Antoine le 12 juillet par M. Miliau. Il est porteur dequis son enfance d'une tumeur de la langue qui depuis quelques mois semble augmenter. Elle détermine une gène légère mais appréciable. Cette tumeur occupe la moitié droite de la langue au voisinage de son
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extrémité ; elle fait une saillie comparable à celle d’une petite noix qui déforme singulièrement l'organe. I s’agit d’un angiome ayant une coloration violacée, réductible, d’une consistance générale mollasse. Cependant la réductibilité n’est pas complète. On perçoit sur le côté externe de la masse une sorte de noyau dur mal limité. La tumeur s’étend jusqu’à la pointe mais ne dépasse pas la ligne médiane ni sur la face dorsale, ni du côté du plancher, ni du côté de Fa pointe, L’extirpation en est pratiquée le 17 juillet sous anesthésie générale. J'entourai la tumeur d’unezone d'infiltration cocaïnique, transfixai la langue avec deux fils passant dans la moitié saine pour la bien main. tenir et excisai un long fragment de langue comprenant la totalité de la tumeur. Puis je réunis par une série de fils de soie Le bord dorsal de la tranche de section au bord opposé. La langue présentait alors une disposition assymétrique. Son extrémité antéricure terminée par une pointe eflilée se trouvait à gauche de la ligne médiane et le nouveau bord droit bien plus oblique que le gauche. Le malade put entrer chez lui une heure après. Lcs suites ont été parfaitement simples et le malade a guéri sans incidents en quelques jours.