‹ Les Angiomes de la LangueChapitre 9 sur 16 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Anatomie Pathologique

D’après le professeur Forgue, l’angiome est défini :

1° Anatomiquement par trois caractères, à savoir : son siège initial dans le système capillaire, la dilatation de ce réseau la néoformation de nouveaux capillaires ; 2° Pathogéniquement, par ce fait qu'il prend rang dans les troubles du développement plutôt que dans les tumeurs vraies ; 3° Cliniquement, par son évolution variable, la malformation et la néoformation vasculaires, pouvant tantôt rester stationnaires ou même rétrocéder, tantôt au contraire progresser, aboutir à des formations caverneuses et entraîner des lésions secondaires du système veineux et artériel.

Cette définition peut aussi bien s'appliquer aux angiomes externes, ceux de la peau, qu’aux angiomes internes, ceux des mu-

ueuses et de la langue en particulier.

Avec Cornil et Ranvier, nous distinguerons l’angiome simple et l’angiome caverneux.

L’angiome simple, dont le type est le 2œvus malernus, le signe, l'envie des anciens auteurs, est constitué par un amas de capillaires dilatés et allongés, à parois plus ou moins épaissies, formant par places de petits lobules connus sous le nom de Grains de Porta. Les parois vasculaires sont séparées par un tissu conjonctif, formant des lames plus ou moins épaisses.

L’angiome caverneux, provient de l'évolution de l’angiome simple. Il a été étudié sous différents noms. Dupuytren l'appelle tumeur érectile ; d’autres auteurs le désignent sous le nom de fongus hématode. La caractéristique de l'angiome caverneux est sa structure aréolaire, comparable à celle des organes érectiles. Les lames conjonctives séparant les vaisseaux s’amincissent ; les capillaires, par leur distension progressive, deviennent d’abord tangents puis finissent par se confondre, en formant des espaces à

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travers lesquels circule le sang. Interposé entre les artères afférentes et les veines efférentes, ce système lacunaire tient la place du réseau capillaire aux dépens duquel il s’est développé. Les lacs sanguins sont tapissés par un endothélium semblable à celui des vaisseaux dont ils proviennent. Les cloisons circonscrivant les alvéoles sanguines sont constituées par du tissu flbreux et des cellules conjonctives. Elles présentent même des fibres musculaires, des vasa vasorum et souvent quelques filets nerveux.

L'angiome de la langue débute en général par un simple nœvus qui ne tarde pas à évoluer vers la tumeur érectile. La dilatation commence par les vaisseaux des papilles et du fin réseau de la couche sous épithéliale. Les papilles, simples ou composées, sont munies de vaisseaux. Chacune d’elle possède une anse capillaire, une artériole afférente et une veinule efférente. Sous l'influence du processus signalé plus haut, ces vaisseaux se dilatent. Grâce à cette ectasie, la papille s'hypertrophie et aplatit le corps muqueux de Malpighi. La muqueuse qui recouvre la tumeur peut subir des modifications considérables. Les cellules épithéliales superficielles forment souvent comme dans la peau, une véritable couche cornée.

La structure des angiomes de la langue a été étudiée par Cornil, Yersin et Suzanne. Dans une pièce étudiée par ce dernier, la tumeur était constituée par un système de lacunes, dont les cloisons composées surtout de tissu conjonctif, contenaient par places des ilôts musculaires:et n'étaient pas complètement revêtues d’endothélium. Les globules sanguins, en certains points, étaient en contact des fibres musculaires sans interposition d’une tunique conjonctive et d’une tunique enclothéliale.

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