‹ Les angiomesChapitre 100 sur 194 · Cfr. Armagnac, J . de méd. de Bordeaux · texte numérisé non relu

Cfr. Armagnac, J . de méd. de Bordeaux

DIAGNOSTIC

drons, au sujet des angiomes des membres, sur ces diagnostics délicats. Disons seulement, pour le moment, que c’est l’angiome-lipome et, d’une manière générale, les angiomes sous-cutanés circonscrits, qui donnent lieu au plus grand nombre d’erreurs.

Ceux qui s’accompagnent de cavités kystiques ou pseudo-kystiques peuvent simuler fort exactement le lymphangiome, les kystes ou tumeurs liquides diverses, s’il n’existe en même temps un nævus cutané. Inversement, les lymphangiomes, dont les kystes contiennent du sang (hémato-lymphangiomes de Lannelongue et Achard), peuvent en imposer pour une tumeur vasculaire sanguine. Dans ces différents cas, c’est encore aux changements de volume ou à l’érectilité qu’il faudra recourir pour établir le diagnostic : un procédé familier au professeur Lannelongue consiste à placer les malades la tête en bas, quand il s’agit de tumeurs du cou; on se rend vite compte si leur volume s’accroît ou demeure invariable.

La ponction pourra venir encore à notre aide. Mais comme nous l’avons déjà fait remarquer, il faut analyser avec soin les résultats qu’elle donne. Si le kyste se reproduit rapidement, c’est un angiome; s’il ne se reproduit pas de longtemps, c’est un kyste lymphatique. Le liquide est-il séreux? les chances ^ont grandes qu’il s’agisse de tout autre tumeur que d’un angiome ; est-il sanguin? il faut, avant de se prononcer, contrôler par le microscope l’état des hématies : leur intégrité indiquera une cavité en communication avec les vaisseaux sanguins ; leurs déformations, leur décomposition donneront la preuve du contraire.

Quel que soit l’aspect de la tumeur, la présence de phlébolithes sera un bon signe en faveur de l’angiome. La réductibilité, qu’on peut observer en même temps, empêchera de confondre la crépitation, qu’ils donnent quelquefois, avec celle d’un kyste à grains riziformes.

La nature de l’angiome une fois démontrée, il faudra recbercber à quelles variétés de formes, de siège, d’étendue nous avons affaire; s’agit-il d’un angiome simple ou d’un cavernome? Quels sont les plans envahis, quels sont ses rapports avec les organes ou tissus du voisinage? Il suffira pour répondre à ces questions diverses de connaître les caractères généraux de l’angiome et d’appliquer les procédés d’exploration partout en usage. L’angiome caverneux offre souvent des cavités assez grandes pour être reconnues par l’exploration manuelle; sa réductibilité, son érectibilité sont ordinairement très marquées; elles n’existent guère ou pas du tout avec les angiomes simples. A la vue et au palper on déterminera assez facilement les dimensions, l’étendue et la profondeur des lésions. Aux membres on fera jouer les muscles pour étudier leurs rapports avec la situation de la tumeur, etc...

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