CHAPITRE XII
Sommaire. — Fréquence. — Division topographique et embryogénique. — I. Angiomes crâniens externes : communiquants et non communiquants. — Diagnostic. — II. Angiomes de la face : région fronto-nasale ; 2^ angiomes
des joues; 3“ angiomes auriculaires et parotidiens; 4® angiomes labiaux; 5° angiomes maxillaires inférieurs. — Diagnostic et pronostic des angiomes de la face en général; 00 angiomes de l’appareil oculaire : paupières, orbite, œil. — III. Angiomes des antres muqueux : 1® fosses nasales; 2® cavité buccale : voile du palais, langue, plancher de la bouche, gencives. — Diagnostic. — IV. Angiomes du cou. — Caractères anatomiques et cliniques. — Diagnostic.
L’observation journalière et les statistiques de Heine, Porta, Barker, Bœckel, Lebert concourent toutes à montrer que la tête et le cou sont le lieu d’élection pour les angiomes. Virchow nous en a donné la raison en attirant notre attention sur leur distribution topographique. On les trouve en effet au niveau des anciennes fissures branchiales.
Rappelons que la face résulte du développement ou de la fusion de plusieurs bourgeons prenant naissance tout autour de la première fente bran-
chiale. Du front descend le bourgeon nasal, qui va constituer le nez et l’os incisif ou partie médiane du maxillaire supérieur : il se divise lui-même de chaque côté en deux bourgeons secondaires, nasal interne et externe, qui vont concourir à la formation des narines. Latéralement, s’avancent vers la ligne médiane le bourgeon maxillaire supérieur et le bourgeon maxillaire inférieur : entre les deux se forment les lèvres. Entre le premier et le bourgeon nasal, on trouve le canal nasal, qui conduit dans les fentes oculaires, premiers vestiges de la cavité conjonctivale. Enfin, les parties les plus externes delà première fente branchiale vont servir au développement de l’oreille externe et moyenne.
Le cou offre aussi de nombreuses fentes branchiales, mais peu marquées et beaucoup plus transitoires qu’à la face : elles disparaissent presque sans laisser trace de leur présence.
C’est donc à la face, comme on le prévoit naturellement, que nous trouverons le plus grand nombre des angiomes de l’extrémité céphalique. Nous allons suivre, dans leur description, l’ordre topographique; cette division suit d’ailleurs de fort près la division embryogénique. L’observation trop scrupuleuse de cette dernière nous obligerait en effet à des groupements peu en harmonie avec les besoins de la clinique.
I. Angiomes crâniens externes. — Ils forment deux groupes très distincts au point de vue de leur siège, de leurs rapports et même de leur physionomie clinique. Le premier comprend les angiomes des parties molles (cuir chevelu, extrémité supé-
rieure du front, extrémité postérieure de la région mastoïdienne) ; le second comprend les angiomes plus profonds ayant des rapports intimes avec le péricrâne ou le crâne. Mais, quel que soit le plan qu’ils occupent, ils ont tous une prédilection marquée pour les régions des sutures ou fontanelles; c’est même dans la partie la plus élevée de la zone temporo-pariétale qu’on en trouve relativement le plus grand nombre. Ce fait concorde parfaitement avec les lois de Virchow.
a. Angiomes superficiels, — L’angiome du cuir chevelu serait rare. Porta n’en a trouvé que 18 sur 107 cas d’angiomes céphaliques. La statistique de Parker est cependant beaucoup plus riche : 94 sur 320. On ne compte dans ces chiffres, bien entendu, que les angiomes primitifs du cuir chevelu : il arrive souvent en effet que ceux du front ou de l’oreille l’envahissent secondairement^
On y rencontre toutes les variétés étiologiques, anatomiques ou cliniques.
Costilhes^ a décrit des kystes vésiculeux, hydatiformes, dans une tumeur vasculaire du front. Chez une petite fille, observée par HofmokP, un nævus de la tempe paraissait infiltré de pelotons adipeux ; il n’en avait pas moins pris en quatre mois une extension énorme; la tête, la face, le cou d’un même côté étaient envahis, etc.
Ces angiomes des parties molles ne prêtent qu’à