CLiniq. chirurg.^ I, p
giome ; le céphalématome offre un bourrelet dur à sa périphérie, et une zone ramollie au centre; les kystes peuvent être fluctuants; mais leur surface est lisse, leur contour régulier. En tout cas, ni kystes, ni hématomes, ni tumeurs solides ne sont réductibles ou érectiles; on ne trouve pas autour d’eux, comme dans le cas de Treves, des vaissaux ectasiés. Les hernies du sinus ou l’hydrencéphalocèle sont bien réductibles; mais, dans le premier cas, la réduction est complète et le doigt ne sent plus que la perforation du crâne, tandis que, s’il s’agit d’un angiome, il reste une masse spongieuse plus ou moins épaisse. Dans le cas d’hydrencéphalocèle, la peau n’est que distendue et conserve d’habitude sa coloration normale : la tumeur est transparente; sa réduction est souvent parfaite et s’accompagne de troubles cérébraux. Quand la réduction est nulle, on devra penser à un kyste et non à un angiome.
Les angiomes non communiquants devront être différenciés des tumeurs liquides ou solides non réductibles. Nous doutons que cette séparation soit bien aisée quand le péricrâne passe au-dessus de la tumeur, comme dans le cas de Virchow. On n’aura plus pour s’aider que la coloration particulière de la peau, la consistance plus ou moins spongieuse de la tumeur, et ses variations de volume. Nous ne pouvons préciser davantage vu le petit nombre de faits exis tants .
Pronostic. — Les angiomes de la tête comportent en général un pronostic plus grave que ceux du reste du corps. L’extrême vascularité de la région prédispose ceux des parties molles à l’évolution cirsoïde et tout ce qu’il s’en suit ; c’est à la tête qu’on observe
en effet le plus souvent cette dégénérescence. A l’égard des angiomes communiquants, il sera d’autant plus sérieux que les moindres inflammations, accidentelles ou chirurgicales, peuvent amener des thrombroses suppurées des sinus (cas de Michaud).
II. Face. — 1® Angiomes naso- frontaux, — Ils ont deux lieux d’élection. Un premier est la racine du nez ou du front; un second est le bord cutanéomuqueux des narines. Ils peuvent être enfin le résultat de Textension d’un angiome du sillon nasojugal ou des lèvres.
Le nez peut offrir ainsi des proportions vraiment éléphantiasiquesS qu’il soit envahi primitivement ou secondairement. Les angiomes de la racine du nez ou du front ont des tendances érectiles très manifestes : ils donnnent souvent lieu à des anévrysmes cirsoïdes. Nous avons déjà cité en partie l’exemple remarquable de Bruns : un angiome caverneux de cette région s’était ainsi transformé à l’époque de la puberté : les ramifications artérielles de la frontale, de l’angulaire de l’œil et même de la temporale étaient devenues variqueuses : à leur suite, les jugulaires, les carotides et le ventricule gauche s’étaient hypertrophiés et dilatés. Il fallut recourir à la ligature de la carotide externe, puis de la carotide primitive. Cette dernière détermina l’affaissement de la tumeur, mais le malade mourut d’embolie.
Angiomes des joues. — Aux joues, l’angiome est rarement limité à la peau. Les différentes couches sont ordinairement envahies jusqu'à la muqueuse.