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CHAPITRE XV

ANGIOMES INTERNES OU VISCÉRAUX

1° Angiomes du foie.

Craveilhier ^ les décrivait déjà avec soin dans ses premiers travaux. Les caractères des angiomes du foie sont en effet très typiques et on les cite partout en exemples.

Ils contituent de petits noyaux du volume d’un pois ou d’un grain de chénevis. Ils siègent le plus souvent au-dessous de la capsule du foie, qu’ils soulèvent légèrement ; ils ne forment jamais de tumeur proprement dite. On les rencontre surtout à la face convexe, sur les bords, et au niveau du ligament suspenseur ; mais il n’est pas rare d’en trouver en plein parenchyme hépatique. A leurs limites existe une capsule fibreuse vraie, ou plus souvent

^ T. Essai sur Vanat. path., Paris, 1816, II, p. 133.

une pseudo- capsule, résultat du mélange d’un peu de tissu embryonnaire et de tissu hépatique condensés.

A la coupe, ils offrent une certaine résistance et une coloration rouge violacé qui les différencie assez nettement du reste de l’organe. Cette coloration a dû les faire confondre autrefois avec les apoplexies du foie. Leur disposition caverneuse est très souvent fort remarquable : par le lavage et le râclage on met en évidence une sorte de charpente fibreuse étoilée ; entre ses rayons se voient les cavernes.

Examinée dans ses détails, la structure des angiomes du foie ne diffère guère de celle que nous avons déjà décrite à propos des angiomes externes. Ils sont en relation de voisinage et d’anastomoses avec les différents systèmes de vaisseaux sanguins du foie. On peut les injecter par l’artère ou les veines hépatiques et par la veine-porte.

C’est l’étude microscopique des angiomes du foie qui a conduit Yirchow et Pilliet à supposer l’existence d’un processus vasculaire néoformateur. Pour ce dernier auteur, l’angiome débuterait par une sorte de d’hépatite interstitielle, caractérisée par des agglomérats embryonnaires. Peu à peu se développeraient des vaisseaux, soit directement, au sein de ces plaques laiteuses, suivant l’heureuse expression deM. Quénu, soit indirectementpar le bourgeonnement des vaisseaux du voisinage.

Nous avons vu que ces angiomes du foie n’ont, d’ordinaire, que des proportions assez petites. Mais ils en prennent quelquefois d’énormes. Yirchow en cite un qui avait envahi le lobe de Spiegel tout

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entier; Richerolle^ a présenté à la Société anatomique un angiome de toute une moitié du foie, et à ce sujet le professeur Gornil rappelait que, dans une présentation antérieure, il avait montré un angiome total de l’organe. En l'absence du volume, le nombre de ces formations peut être assez considérable : on en a compté jusqu’à 10 et sur le même sujet.

Mais jusqu’ici l’angiome du foie n’est pas sorti du domaine des curiosités pathologiques. Sa véritable nature est elle- même controversée.

On l’a toujours donné comme l’exemple le plus élégant des angiomes en général, et du caverneux en particulier. Mais il est très probable qu’il ne s’agit ici encore que de formations angiectasiques, et non d’angiomes vrais. Rokitansky^ signalait déjà la coexistence du cancer et des angiomes du foie. Les travaux de Journiac^, Ghervinsky^, Hanot et Gilbert^, Beneke®, Burckhard^, ont signalé leur coexistence avec plusieurs états morbides du foie et, en particulier, dans ceux qui s’accompagnent de troubles circulatoires : foie cardiaque, hépatites congestives, athéromes, etc. Il est donc très plausible d’admettre que les ectasies simples ou caverneuses sont le résultat des modifications pathologiques des vaisseaux et de la circulation.

Gette origine, tout en jetant quelque lumière sur

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