PATHOGÉNIE
logique est presque nulle et laissent seul en évidence leur caractère de monstruosité.
Reste à savoir maintenant par quel mécanisme se produisent ces anomalies vasculaires , cette angiomatose, hdi solution de ce problème nous sera fourni, en partie du moins, par ces formes angiomateuses bâtardes, à qui nous refusions tantôt, pour ainsi dire, le droit de cité.
Certaines d’entre elles, nous l’avons dit, succèdent à des traumatismes, à des inflammations, ou bien se développent au niveau de cicatrices malades. Leur pathogénie est sans doute la suivante. Les vaisseaux embryonnaires, chargés du travail de réparation, conservent ou exagèrent le type qui leur est propre : les bourgeons vasculaires, loin de s’affaisser, de s’atrophier, une fois leur tâche remplie, persistent ou même s’accroissent. Les influences qui amènent ce résultat sont sans doute de natures diverses. Le défaut de résistance des parois, surchargées d’éléments embryonnaires, les troubles vaso-moteurs, la stase sanguine, les irritations continuelles peuvent agir séparément ou de concert pour transformer le capillaire jeune en télangiectasie, et leur masse totale en quelque chose d’analogue à l’angiome. C’est du moins ce qui paraît s’être passé dans la muqueuse utérine d’une femme, dont M. Quénu citait tout récemment le cas à la Société de Chirurgie L C’est ce qu’on voit tous les jours dans une foule de tumeurs bénignes ou malignes subissant la transformation télangiectasique ou caverneuse.
l. Soc. de Chirurgie, no'^embre 1893.
Si nous appliquons ces données au fœtus pendant la vie embryonnaire, nous pourrons entrevoirie mécanisme de Yangiomatose. Gomme Virchow Ta très bien vu et magistralement exposé, l’angiome a une prédilection marquée pour les régions des anciennes fissures branchiales ou des fontanelles. De là cette proportion énorme des angiomes céphaliques. Les fissures embryonnaires ne s’oblitèrent en effet que par le développement d’un certain nombre de bourgeons : nasal, frontal, maxillaire, etc... Entre eux et le bourgeon charnu, expression banale de tout travail plastique, les différences sont presque nulles. Même richesse, même disposition des vaisseaux, même fragilité de leurs parois, qui plongent dans un stroma embryonnaire ou différencié de la veille seulement.
Mais chez l’embryon il y a en plus cette énergie vitale, cette poussée vasoformative, nécessaire à son accroissement, et qui fait du tissu des régions fissuraires un tissu éminemment propre à subir toutes les influences et à en conserver les traces. Qu’une inflammation, ou qu’une augmentation de pression quelconque survienne et l’on verra les vaisseaux en voie de développement s’accroître, se distendre et constituer un angiome, comme la chose se passe à peu près sous nos yeux chez l’adulte. Les causes de ce résultat, nous les devinons beaucoup mieux que nous ne les connaissons : ce sont les inflammations de l’œuf, les maladies fœtales, si peu connues encore, le trauma intra-utérin, souvent mentionné à f étiologie des nævi, les troubles circulatoires maternels. Et à ce dernier point de vue on est amené à se
PATHOCxÉNIE.
demander si les idées anciennes étaient aussi ridicules qu’elles semblent au premier abord. L’expression d’envies serait la traduction populaire des troubles circulatoires maternels. Il est vrai d’ajouter que, sur ce fond raisonnable, se sont édifiées les conceptions les plus fantaisistes.
L’angiome vrai n'est donc pas une malformation d'ar?^êt, mais une exagération de développement. Une preuve assez nette en est fournie par une observation de Vanlair^ : la persistance de l’artère hyaloïdienne et de ses branches avait transformé une partie du corps vitré en une « efflorescence télangieclasique ».
Le mécanisme de formation des angiomes, tel que nous venons de flexposer, peut nous expliquer aussi la rareté des concomitances tératologiques. Plusieurs monstruosités sont, en effet, la conséquence d’un arrêt dans l’évolution normale du corps : leur présence implique donc la cessation du travail plastique qui est une des premières conditions du développement des angiomes.
Les angiomes des membres ont sans doute une pathogénie analogue à celles des angiomes fissuraux. Ils peuvent occuper tout un membre (cas d’Audry^ angiome profond de la totalité du membre supérieur). On les voit souvent, aussi, occuper les régions voisines des articulations. Virchow l’a bien vu, mais n’en a tiré aucune conclusion. Si Pon se rappelle que c’est au voisinage des articulations que