CHAPITRE IX
COMPLICATIONS
Sommaire. — Complications inflammatoires : ulcérations, phlegmons, érysipèle, gangrène. — Hémorragies. — Dégénérescence cirsoïde. — Complications cardio-vasculaires. — Dégénérescence cancéreuse.
Les angiomes, grâce au relief nettement accusé de certains d’entre eux, sont prédisposés à des inflammations diverses. Celles-ci trouvent d’ailleurs un terrain assez bien préparé par les dystrophies qu’on y observe.
Entre les sillons qui séparent les nodosités ou les tumeurs kystiques de leur surface se développent souvent de petites ulcérations. Elles sont produites ou entretenues par les lésions de la peau et l’œdème qui accompagnent quelques angiomes étendus. Ces ulcérations, naturellement, n’ont que peu ou pas de tendance vers la guérison : elles se recouvrent de gros bourgeons charnus vasculaires, d’aspect fongueux. C’est ce qui les a fait englober autrefois dans le fongus hématode, avec le sarcome et le carcinome
LES ANGI03IES.
ulcérés. Elles n’ont aucune influence heureuse sur l’évolution de l’angiome.
Il n’en est pas de même de celles qui se forment accidentellement sur de simples nævi ou des cavernomes peu étendus; elles amènent quelquefois leur guérison parles rétraclionscicatrielles consécutives. Ce processus, bien étudié par A. Bérard^ peut être à son tour une source de dangers par les infections auxquelles il ouvre la porte. Les cicatrices ellesmêmes, par leur étendue, sont causes quelquefois de troubles fonctionnels graves.
C’est ainsi que Rayer^ a vu s’enflammer un grand nævus congénital étendu de l’épaule au bout des doigts : une vaste ulcération le recouvrit en l’espace de deux mois et demi; elle fut suivie d’une énorme cicatrice, qui amena une forte rétraction du bras. Ce seul exemple nous rendra donc très réservés à l’égard de certaines méthodes curatives qui se piquent d’imiter la nature à cet égard.
Les phlegmons et la gangrène ont aussi quelquefois une terminaison heureuse en amenant la destruction ou l’atrophie de l’angiome. Mais ils peuvent avoir aussi les plus graves conséquences. Michaud^ a vu mourir un malade atteint d’angiome de la face et du crâne par le fait d’une phlébite suppurée qui gagna les sinus. On trouve, dans un mémoire du WardropS la relation d’un cas de gangrène suivi
1. Bérard et Denonvilliers, Compendium de chirurgie pra tique, I, p. 630.