‹ Les anglais peints par eux-mêmesChapitre 14 sur 106 · I.K COMMIS M A KO 11 A Ml. I · texte numérisé non relu

I.K COMMIS M A KO 11 A Ml. I

en aiinahlcs inoleslalioiisii d'aimahies ciéalurcs pour l'avantage ilii magasin. Qn'a|)- |ireniliai(Mil-ils/ la nioralcy en ri' cas, eioient-iis que cette étude leur donnerait plus de nn'i'ilt' aux yeux de Icnis palions?

Il Cela iia-t-il au ijlaucliissaitcy deinandait une dame comme il faut au conunis marciiand qui lui étalait un ai licle superbe cl tout ii lail nouveau ; cela ira-t-il au blanchissaHcV

— Au lilancliissaji;e! madame, répondit le houtiquier; je vous le garantis au bianeliissa^ie. »

La pièce fut achetée , et un peu moins de quinze jours apiès, la dame revint se plaindre :

« Vous m'avez dit c|ue l'impression irait au blanchissage! s'écria-t-elle, en montrant 'a l'impassible commis la pièce décolorée.

— C'est très-vrai, madame, je l'ai dit; je vous ai répondu du fait; mais je ne vous ai pas dit qu'elle conserverait sa couleur, n

Cet homme, — nous parlons réellement d'un être vivant, et non pas d'un marchand imaginaire, — cet homme avait du génie, et il trouva dans les sourires appréciateuis de son patron la récompense qui lui était due. Supposons cependant qu'il eût eu du temps pour la culture de son esprit, et qu'il eût répondu 'a la demande <le la dame négativement, comme la probité l'exigeait; il aurait probablement reçu plusieurs médailles d'argent en témoignage des sentiments de son patron dans cette circonstance, et la prière d'aller chercher ailleurs une plus noble sphère pour l'exercice de ses vertus héroïques.

>ous avons besoin de savoir ce que veulent ces jeunes gens malavisés. S'ils arrivaient "a dire la vérité, il n'y aurait plus moyen de faire des affaires. « Je ne connais pas de maison, disait le très-respectable chef d'un très-respectable magasin : je ne connais [las de maison qui pût durer un mois avec un tel état de choses. La vérité, monsieur, est excellente dans une histoire, ou dans un tableau , ou dans tout autre objet de cette espèce: mais la vérité nue, rigoureuse, mathématique, derrière un comptoir, — (i donc! Je voudrais bien savoii comment de cette manière on paierait le loyer et les impôts!

— 11 y auiait toutes les semaines une belle liste de banqueroutes, je le parie, s'éciiait un autre, avec un clignement d'yeux plein de finesse, et riant d'avance du lulur chaos social.

— Quand j'étais jeune homme, dit un marchand de nouveautés retiré des affaires, et qui, durant la guerre, avait une correspondance conlidentielle, et par cela même assez avantageuse, avec divers braves contrebandiers; quand j étaisjeune homme, je n'ai jamais, en fait d'articles, entendu parler de l'esprit.

— ^i moi non plus, reprend un autre; mais je suppose que c'est une chose nouvelle, qui vient de paraître. »

Nous conjurons les commis marchands de s'en tenir 'a leur simplicité arcadiennr actuelle, de jouir des délicieuses prérogatives de leur profession, et, considérant avec calme et léllexion les précédentes phrases des chefs de maison , digues d'ctrr orrilcs on loKrçs d or. de se bien coin nincre des malheurs qui les accableraient si

02 i.r; COMMIS maiuuam».

ou ilidiliaiil il culliM'i leur csinil, ils s'élcvak'ul , ou sl\ le vulgaire, au-iiessus de ifui- olat! Lu Catou poul-il niosurer de la uioussoliue? uu Aristide, olIVir uu mauvais article, el juior qu'il est de piouiièie (lualitoi' l'r)ur(|ut)i un lidiiiuie oondauuii; à doehiier des calicots suiviait-il uu cours sur le système sulaire? (ju'a do coiiuuun la Quarlnlji Itcricii' avec

Un morceau de Iiikhi aiLs^i blauc i|ue la neige/

(jacl ia)i|)Oit o.\isle-t-il outre les guiugaus et la noouietrie , outie l'eludo de i économie politique et les modes?

Le |iriulenqis a descliarmes particuliers |)ar les mille ui(uv<'au\ niddèles qu'il fait oclore, mais le commis maieliauii u'\ voit (jue cela, l'ourcjuiii \ouilrail-il savoir si le gazou est vert, ou si la végétation est avancée, ou s'il y a des fleurs d'une espèce queleoiique, exeoiité sui' ses impressions et ses mousselines? L'éclat de la montre du magiisin luisuriil ; si l'aune, quisemideun moicoau de bois mort, lleuril comme la verge d'Aaron, et porte des fruits d'or pour le maître , c'est, ou ce doit être tout ce qu'il faut au commis. Ne peut-il respirer l'air saturé de gaz sans étudier la nature de la vapeur (|ui l'empoisonne? souliaite-t-il de mourir instruit? ne i)cut-il engager son honneur par considération pour ses gages, sans se livrer ii des redierclios superflues SUI- les obligations morales de l'homme civilisé?

Lu ce moment , les privilèges du commis marchand sont iionibLouv. Il lui est |iermis de faire , sur sa propre |ieLSoniie , une expérience tres-iiitéressante ; c'est-a-diro , de prouver le peu qu'il faut ;i uu jeune homme pour le mettre 'a mémo de porter un bel habit et du linge blanc.

Pour ce (jui est des gases, uu manœuvre peut l'empoi 1er sur le commis marehaiid; mais alors ce dernier l'emporte sur un homme indeiiendant, par tout l'i-elat de son costume. On nous assure qu'il se trame en ce moment une conspiration parmi les boiiliquiers, dans certaine maison de West-End, pour éclipser uu illustre comte; et l'on cmit (ju'uii commis marciiand l'a déj'a mise à evédition.

Autre chose encore. Nous savons que c'est la coutume de plusieurs maisons de eommerco d'accorder "a leurs employés au moins une heure par jour de récréation |diysique et morale, pour dégourdir leurs membres et se distraire du tracas dos affaires. Une heure entière! et nous doutons fort qu'un premier ministre (latriote, dont le cœur bat pour le bonheur de son pays, puisse se vanter de loisirs aussi positifs dans aucune de ses journées. Nous nous sommes surtout pi(i|iosé dans col ouvrage d'éviter les personnalités; autrement nous enverrions incontinenl ;i lîiighton . oii le ministre même |)onir«it résoudre notre problème ;i lasatislaclion générale '.

Nous avons regardé connue important pour les intérêts du monde entier l'examoii du mouvement ipii s'opore actuelloment parmi les commis iiiarchauils, car nous voyous, dans le succi* de leurs efforts, les prémices d'une révolution complète. Qu'on leur accorde les loisirs <|u'ils demandent , le teuqis qu'ils réclament ii grands cris pour

' Voir •iiii Hri(;til(in iiin' iiolc 'lu l'imnifr marruii.

l.K COMMIS MAlU.llAMi. ( .'

(Icioiiloi It'iii s ('s|ii ils et en examiner l'étoffe elle dessin ; sii|i|Hisiins ipiils .licni .iiicin i leur but : eli l)ieii, y a-t-il un commeiçanl raisonnahle (|iii s'ininuiiii' cpic le hmI csi Uni? corlaiiiomrnl non. Qurllc calamité va s'ensuivre!

(joiiiinc si nous étions au sommet d'une tiiur . Nous vojons l'horizon qui sVleiid ■'i l'cnteur.

Nous voyons les rubans flotter, les mouchoiis s'af;iter; nous voyons les ouviièics en modes en état de lébellion! elles aussi réclament des loisirs.

Le résultat de tout cela est aussi évident que le nez au milieu du visa;;edc Mammon; c'est une subversion totale des principes actuels de la société.

Si les con)mis mat chauds réussissaient, et, après eux, les modistes, et, après elles, toute classe qui serait tentée de franchir la brèche qu'elles auraient laite dans les ouvrages extérieuis du commerce, le caractère de John Bull serait complètement niodiDé. A propos, il n'y a que trois jouis que nous avons vu le type exact de John Bull commerçant , et , au risque d'offenser quelques enfants de John , nous leur dirons ce que c'était.

C'était un bœuf énorme, presque écrasé sous le poids extraordinaire de sa graisse, et qui, sorti en triomphe du marché de Smithfield, suivait Fleet-Street a pas inégaux. Ses cornes étaient décorées de rubans bleu de ciel;ses yeux étaient aussi ternes que du plomb; sa glorieuse corpulence lui était a charge, u Quel bel animal! » s'écriaient quelques-uns des adorateurs irréfléchis de sa graisse surabondante. « Quel aimable bœuf! » s'écria, séduit peut-être par ses regards, le propiiélaiie arrogant de treize magasins de nouveautés. « Quel aimable bœuf! » s'éciia-l-il; et il s'anêla pour l'admirer.

« Quelle vilaine bête! » dis-je, et je passai mon chemin.

Or, trop souvent, le John Bull du commerce ne vaut guère mieux que le bœuf gras, animal dont la natuie est de manger et de manger, et d'accumuler dans sa propre carcasse un poids qui le rend hideux. N'avons-nous pas des bœufs de commerce, bourrés des gâteaux de la banque, tout en bouche, engraissés aux dépens de milliers de pauvres nourrisseurs maigres et décharnés?

« Eh bien, commeneentà dire ceux-ci, nous ne voulons pas duiant douze heures par jour ne lien faire qu'engraisser ce bœuf; ayons du nuins un peu de loisir pour regarder autour de nous, et voir de quoi le monde est fait, et ne point passer toute notre vie dans l'œsophage d'un autre! »

Telle est la clameur actuelle du marchand de nouveautés; clameur qui retentira tôt ou tard d'un bout h l'autre du loyaume; et, selon que l'on rejettera ou lepoussera cette réclamation, la grande masse des hommes resteront simplement pourvoyeurs d'argent, ou deviendront intelligents et raisonnables. Une guinée est une bonne chose, une excellente chose; mais, après (ont, ce n'est pas la meilleure des choses; il y a des loisirs qui valent mieux que l'or.

Retournons en terminant 'a notre commis marchand. Il peut se trouver, parmi nos lecteurs, despersoiines qui ont clé fatiguées de la persévérance avec laquelle le commis

Cl I.K COMMIS M A 11 (.11 \Mi.

inaicliauil les sii|i|iliail iraclidoi'. Hélas! il a ilc hoiiiics raismis |>()iii \ Icnlr : une anerdolc \<i'ilalili' oclaiicira iv imliil.

Un iiciitlcmuii iMilia dans ceilaiuo lHmlii|ui', et un jcniic lionnnc ilc la maison lui moiitia uiiailicle (iiii iic convint pas. L'étranger allait se retiier , (|uan(l le jeune honinio le conjura avec instance d'acheter (|nel(|ne cliose. l.'ai;ilation <|n'il manifestait excita la cuiiosilé du chaland , ijui lui demanda |iour(|uoi il le pressait si vivement d'acheter des marchandises dont il savait qu'il ne voulait pas.

« Je suis obligé de le l'aiie, nionsienr, dit le counnis. .le n'ai point d'appui, point de ressources, et je lais ce que je peux pour soutenir ma mère ; et , monsieur , c'est une règle dans notre maison, que quiconque laisse une personne sortii- de la bontique sans rien acheter est congédié le soir même. »

Ce (jailicman , doutant de la vérité du l'ait, prit des inlorinatious auprès du patron , qui ne put nier ce qu'avait avancé son commis. Heureusement pour ce deinier, il avait fait appel "a un homme (jui avait la volonté et les moyens de l'assistei', et sa condition fut ininiédiatenient améliorée.

Voil'a la vérité !

HEMtV BnoWNRIGG, Ksy.

iv: viFJ'x loi; h.

E ii't'sl qu'un IokI! tjuoi donc ! ii'esl-ie lioit'!" Utez voire fliaipcau (levant le pei son nage , ^ens qui adorez la fumée! Inili- ■^ nez-vous bien lias el préseiilez-lui vos coniplinieuts respectueux, pliilosnplies, lioninies d'étal, hommes d'éfiUse, homlues de iiuene, lion)mes de ;;énie! C'est miloid, sa Grâce , le duc de Summerscourt , niaitie par le droit de (iiimogéni- -«luied'un revenu si colossal , qu'il lui serait impossible de le dépenser Itiul entier, mèniesi. pour ajouleraux frais considérables qu'exige sa position, sa Grâce s'amusait à semer de souverains d'or un acie de ses vastes propriétés, ou si elle cédait ;i la fantaisie patriotique d'eu envoyer tous les malins une charretée au trésor pour acquittei' la dette nationale. Ces revenus proviennent principalement des terres données 'a sesaieux austères, et bardés de 1er, par Guillaume-de-Nonnandie, en récomiwnse de ce qu'ils avaient acconqiagné ce belli(iueiix seigneur dans son aimable invasion pourvoir s'il n'y avait rien a gagner. (Juoique les possessions de cette noble famille, comme celles de tant d'autres, aient souffert des vicissitudes de la guerre et des cliangeracnls politiques de toute espèce . cependant, par un concours fortuit de circonstances, cette famille, plus heureuse que tant d'autres, a recouvré tous ses biens avec usure, el notre noble héros a des droits acquis sur des parties Irès-étendues de plusieurs beaux Comtés d'Angleterre. Il y a des comtés oii vous pourriez galoper une demi-journée sans voir, des deux côtés de la route , aulre chose que les domaines de sa Grâce.

Malgré les réflexions philosophiques el utilitaires qu'il nous est loisible de faire ;i ce sujet, il y a, nous l'avouons, quelque chose qui séduit l'imagination à la vue d'un domaine seigne\iiial possédé par une famille dont les ancêtres étaient seigueuis

(i(i II. \ Il I \ I.OUIl.

(lu iiiiiui' sol . so iHDiiu'iKiifiU Mills li'S niiiui's ai lues . alms iidiiis \('n(ial)l('s cl moins giïanlesquos . l'I iiu'\aiirliait'nl. il y a liicii des sitclcs. dans les iiii'iiu's avc'iuii's. Nous le cioirioiis a peine, si (iiieliiuos-iins des eoilieaux ijue nous Noyons encoie n'avaient vécu d 11 temps où les aïeux de notre héros porlaioni louis bannièies aux champs do i'.rooy et d'Azinoouit. I.a \ieillo annnie. conservéo dans la ixiande salle, lie les songes du passé avee le piéseni (|ni s'enUiil. I.e iiaulieil . endoss(' en 1(Ui(l par Kilz-Mailiico Fitz-Marniaduko, témoiïïiio de riioniieiii . de la diijnité spéciale do l'habit de drap liii porté par sa Oiàce aciiielle en IS.")!!. <■( de l'éclat sans tacho de l'étoile (pii le décore. Quel<iue dilléients que paiaissont les caractères de l'aïeul et du dosceiulanl , si l'on pouvait les voir tous deux îi labliaye de Boltlobury. sablant ensemble dti bourpoune, on trouverait dans leurs cieurs le mémo orgueil aristocratiiiuo , inimuablo. profond , incxpu!;nalilo. \oici une petite anecdote racontée dans les cercles <lii père de notre vieux lord, le duc délunl; co sentiment s'y développe en des circonstances qui de nos jours, nous le pensons, tondraient au contraire ;i le comprimer '. Le duc se trouvait dans l'atelier de sir Josliua lley noids , et parlait avec clialoui d'un tableau qu'il donnait pour un Tition. Heynolds dit tranquillemenl cju'il avait \ii le tableau , et qu'il ne le croyait pas de Titien.

« Comment; monsieur! s'écria sa Grâce , prétendez-vous dire que co n'est pas un original ?

— Vous pouvez on être certain, mylord, ié[iondii Uoynolds, iilien iio l'a jamaisvu. ') Le duc poussa un cri de fureur, sa figure rougit sous sa perruque poudrée, et levant sa canne tortueuse sur la iietite tète de Reynolds :

(I Osez-vous, monsieur, » s'écria-t-il, « discuter avec moi du nic'iïle d'un tableau ';'» Nous aurions donné «luelquc chose iiour voir l'expression delà piivsioiioinie du peintre on ce moment : il nous est facile de concevoir les émotions de l'Iioninie ilc c(cur et do gi'nio . mais. (|Hel que lût le liininlto de ses pensées, il se coiilonla

De jjiinler io silence en lucnaiit dti laliac.

Keynolds sentit vivement cette insulte; ilenpailaa lUirKc et a .lolnison . loui demandant leur avis ;i ce sujet.

n Bah ! bah ! dit Johnson . il ne faut pas y faire attention : ces gens-la vous font vivre. »

Or , si notre grand peintre avait vécu quol(|ues siècles au|)aravant . et qu'il eût renrontré un duc si entêté dans son opinion . il est ]iiobable qu'il eût él(' lonveisé d'un coup d'une main do for, ou embroclie comme un aloyau avec une épée monstrueuse. Une pareille scène no saurait se renouveler de nos jours. Qui peut se ligurer, sans rire de l'absurdité de cette idée , le duc de liedford brandissant son bâton sur la lèle de Wilkie. ou sa Grâce de Sutherland rompant une lance avec Calcott ';'

Nous demandons la permission d'apprendre aux infortunés qui n'oni jamais eu h-

* L** r.iit n.iiH a t'l<' conl*'- par un vieil .irtt^h' t|iii \\l encore . .-inii inlunr <lr llcynolils : non-* \o orovoiiini'-ilit.

, iV. dr l'avltnr. \

1 1: \ ii:i \ i.oiih. <w

lilaisii do voir un lonl. <|iril v u'ii a do divorsos ospooos , do f;iaiids ol do potilb , do l)eau\ ri do laids, d'aiinalilcs et de grondeurs, de spirituels et de stupides , enlin de dilCoionlo naUiie, ((iiniiie les lioniines pclris de la coninnino aiiiilc : coilains loids portent d'ologants chapeaux , d'autres sont mal cdinos ; il y on a qui ont un air coininuii, et auxquels la nature, se contentant de lonrdoiinor un tilic, a loliiso la noblesse des nianiorcs.

Lord GruliMo l'Iait un do ces doiniois, ol , dans une soirée nondirouso, la grossièreté de son extérieur lil coiniiioliio uno lourde méprise à une \ioilio dame. Sa seigneui io se morlondail sur l'escalioi- , ipiand la dame en question . sortant des appailemontSj le pril pour un laquais, et lo pi ia civilomont de demander sa voiture.

Il Avec le plus grand plaisir.» dil sa seigneurie, s' avançant |iour prendre sou <liapeau déposé sur uno cliaise.

Ce mouvement et la forme du eliapeau ouvrirent les yeux de la vieille dame.

«Mou Dieu! » s"écria-t-elle , «je vous demande pardon; mais vraimiMit, de nos jours, les valels ont lanl de ressemblance avec les gentlemen !

\ous ne savons si la pauvre créature désolée termina les plaisirs de la soirée on prenant une dose d'acide prussique. Sa seigneurie se plaisait à raconlor l'avenluio : n'importe pour qui on l'eût pris, il n'en était pas moins lord Grubble.

On trouve aussi dos lords qui ont une tournure de (jcnliemen, et nous en avons vu qui no déparoiaient pas les rangs dos gaides du corps do la reine.

iNotre vieux lord est un être "a part dans la (oulo mêlée de nobles ; il n'est pas de la dernière fournée , et il le sail. Son train de uiaison et son équipage lui sont aussi familieis qu'a un journalioi' son salaiie accoutumé. Il est aussi naturel pour lui d'être si riche que [lour le laboureur dans sa ferme d'être si pauvre. Dans l'existence des distinctions qui séparent les hommes, il n'aperçoit que des airangemeuts indispensables pris par la Providence pour maintenir l'équilibre dans l'édifice social et piocurer "a ropuleuce roccasion d'exercer sa bienfaisance , vertu qu'il possède toujours. Sa Grâce souscrit lar;;ement à toutes les institutions charilablos du pays. Patron , président ou vice-président , son titre est identifié avec le pouvoir d'assister la souffrance. Il est indifférent )i (ont le reste. Ceux qui sollicitent individuellement sont de grossiers personnages qu'il n'accueille que sur do lorles rocommandalions. ^ous n'osons pas dire de noire héros que

Il ne viiit dans colni i|n':K'i'alik' le Ics^iin

Qu'ail foni'bc nii liieii un sot, el lo fuit a\oc siiin ;

mais il déloslo un mendiant autant qu'un chien abhorre la moulardo

Le vieux lord est de l'ordre nobiliaire, et se sent engagea le soutenii-. Il lo dofoud comme la base fcmdamentale de la constitution, et surveille avec jalousie . du haut de son siège a la chambre dos pairs , toutes les tentatives que l'on fait pour y porter atteinte. Il protège encore les inlérêls de l'agriculture , les appuie avec soin de son vote , et les couvre de son aile, Notre dessin le représente a la chambre , où il allond tranquillement la clnlnre. Cinnnto il n'est qu'un lord . il no parle jamais.

(iS l.l. VII t \ I nui'

.Nulle ailistc l'a cortuiiR'iiJcnl saisi avec- Ij.iiiliinii . Il > a ilaiis k inolii un iiiflaiifie (If liéliiatossi' et d'oriiuol! aiislocraliiiue. Son front Jujaiit déiioto l'inaclivilo des l'aeiiltés pensantes. Nous nous lii;uions la lète blanche, lisse et |Hmdiée , la beauté de la peau et du teint, et la blancheur des niaius. La liberté illimitée de satisl'aire ses fantaisies dans la jeunesse . une vie molle et oisive . maliiré de salutaires promenades "a iheval et des chasses à travers champs, ont laissé des traces, et distinguent milord de Weathergreen , esquive , dont la face rubiconde est constamment radieuse et souriante d'une satisfaction intérieure. X'esqu'irc ferait un lord très-indiiiue; il ne sait pas assez se contenir. Nous ne savons pas si miloid se sent parfois chai nié; mais, certes, il ne le parait jamais : il semlile iuniossible d'exciter ses transports.

L'espace qui entoure le duc est si vaste , la cii'conlérence au milieu de laquelle il se meut est si larf;e ; enfln , sa position est tellement exclusive , que , contrairement au commun des hommes , il n'a jamais su ce (|ue c'était d'être coudoyé dans la foule. Les pans de son habit ne craignent rien du contact du boulanger; l'étoile de sa (loitrine ne court aucun risque de lélléchir la lueur cuivrée de la phupie numérotée cousue sur le cœur de l'orphelin d'un hospice. Autour de lui tout lui laisse ses coudées franches. L'entrée de son château , le château même . inspirent un certain respect par leur étendue ; et, si l'on y joint les groupes de douiesliques en livrée immobiles a leur poste ou en activité, tout est calculé de manière a remplir de désespoir le cœur de celui qui aspire humblement 'a paraître devant sa Grâce. Le respect augmente quand on monte les degrés de marl)re; mais, ijuaiid on maiciic d'un pied silencieux sur les moelleux tapis d'une longue enlilade d'apparlc.iients . tout sentiment d'amour-propre disparaît , et la puissance du rang et de la i iciiesse trionq)lie momentanément de la nature plébéienne. Dans l'iamiense |)arc oii broutent les bêtes fauves , oîi les vieux arbres étendent leurs racines et forment d'éjiais ombrages et des avenues solitaires, oti les chênes et les ormeaux énormes seuiblenl l'œuvre de la nature seule , sans l'intervention capricieuse de la culture et de la possession de l'homme, on se sent humble et petit. « Ces arbres sont-ils a Dieu;' » — « Non; ils sont 'a milord ! ji

Bien des membres de la société sendilenl disposés à rendre ii la noblesse de plus grauds hommages i|u'au reste du monde. Ils sont doués d'une a|)titude |)ailiculièrc pour saluer, courber la tête, ôter le chapeau aux lords et aux ladies. La vue d'un lord est pour eux un événement plus grand que ne le serait celle d'un ShaKspeare on d'un .Milton. M. Stubbs dit "a sa fennne (|u'il a \u lord Mizzle ce malin. Lord Mîzzlc n'est connu en aucune façon ni de monsieur m de inistrcss Slubbs, et ils n'ont pas de chances, même éloignées, d'eu faire la connaissance, ioutefois, M. Stubbs n'ignore aucune des anecdotes qui se l'attachent "a sa seigneurie; mais il ne sait pas oîi elle «leiiieure. nuclipi'un lui a dit (|ne ce iicnllcmaii , si bien moulé et suivi d'un groom , était lord Miz/le ; c'en a été assez pour Slubbs ; il a vu uii lord , et une sorte de satisfaction remplit sou cdiir durant le reste de la journée. Qu'il senibleiail absurde (|u'uu ami di' Sliiiibs lui c jl désigné un (jenileman bien mis , el lui eût dit ; « Slubbs, voilii ,\l, lohnsoii ; » et que Slubbs, sans i ieii savoir au sujel dudit

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