I.l. \1I.L\ LulUi. II
lolinsuu , ou sans luire ilc ({uosliuus , eiit été con)Tnunii|Uoi a sa reiiiiiio la iiuuvellc iuipoilaiite : « Ma cliore , j'ai vu W. Johnson. » — i< Qu'est-ce que c'est que iM. Jolmson? 1) — « Je ne sais, ma ciière. » — « Mais qu'y a-t-il sur son coiupte? » — Il Uii ! lien; je l'ai seuleiiient vu passer dans la luo. »
Vils loturiors! une fortune énorme ou la grande distinction dont vous pouvez jouir vous introduiront dans le mai;ique cercle domestique de l'aristocratie. Vous pourrez contempler leuis toilettes dans leurs salons, la magniliceuce de leurs bijoux , de leurs nieuliles, de leurs services et de leurs tables pendant leurs fêtes; mais, passer paisiblemeut quelques jours avec le duc , la duchesse et leur famille est un bonheur accordé a un bieu petit nombre de plébéiens ; il faut être pour cela médecin ou artiste. Séduisante est la vie d'un homme du monde en état de se sentir a l'aise dans une semblable société. S'il connaît les convenances, s'il sait jouir des avantages de la vie aisée , il se fera volontiers naturaliser dans cette sphère. Rien n'y semble pouvoir interrompre le cours rapide des heures consacrées au plaisir ; tout respire l'aisance , tout a des charmes ; la maison du duc est le paradis de sou hôte.
Tous ses valets soûl la, jaluu\ de \ous servir, Kl d'un signe de léte ou les fait obéir.
Ln cheval ou une voiture est 'a vos ordres. Si vous avez du goùl pour la chasse , voici un fusil , dans le cas oîi vous n'en avez pas 'a vous, et il vous est permis de vous réunir à la société pour faire une battue , ou d'errer dans les réserves et d'abattre ce que vous pourrez atteindre. Vous pouvez encore prendre votre carabine et rapporter un chevreuil. Vous avez fait un premier déjeuner excellent ; vous trouvez railord dcj'a attablé, ayant 'a côté de lui une pile de journaux qu'il lit en savourant son chocolat. 11 vous adresse quelques questions , et vous laisse choisir entre une multitude de bonnes choses ce qui flatte le plus votre palais.
Du jambon, uue cuisse de venaison, du gibier et des poulets froids, des fruits etc., chargent uu guéridon , et se disputent la préférence avec des beefsteaks chauds et des côtelettes de mouton, de la marmelade, des œufs, etc., placés devant vous pour vous tenter.
Mais d'autres personnes arrivent, et attirent votre attention. A mesure qu'une lady, un lord ou un gunlkmun s'assied , uu domestique lui offre le choix du thé ou du café , et on lui apporte à l'instant l'un ou l'autre , sans qu'il soit obligé d'attendre qu'on les fasse. Les dames sont aimables et belles ; on forme pour la journée des plans d'amusement, et la beauté du temps permettra de les mettre 'a exécution. Mais il est impossible de passer outre sans examiner la charmante salle 'a manger, et la vue de la fenêtre, qui, toute grande ouverte, laisse voir et sentir les fleurs. Les murs sont garnis de tableaux, dont chacun est un bijou qui vaut tout votre revenu. Pendant que vous mangez votre jambon grillé , vos yeux peuvent s'arrêter complaisamment sur une ravissante tête de Reynolds , et déguster "a la fois le café et un Gainsborough. Vous vous étonnez de ce que le vieux lord ne regarde jamais ses tableaux , et n'en parle ipie s'il vous surprend "a les examiner ; de ce qu'il puisse rester courbé siu'
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ses joui iKUi\ laiulis (|uo laul d'iMU liaiiliMiu'iil rciiNiioiiiU'. Le mciix lonl osl riioz lui.
Nous n'avons lion dit île la iluthossc , elle t'sl a Uoselieny, lent' du duc dans le Ufvousliiii'. I.c l'ait est ([uc sa Giàte u'Iialiito guère u l'aliliayo de lîolllel)Uiy que |iendunt les fêtes (le Noël: elle préfère lîelgrave-Square, ou Ne\\l)uri;li Lod;;e . mais Koseliei I y est au mois de seplendue son séjour de prédilection.
Le due se retire dans sa eliamlire . pour écrire des lettres ou conlérer avec son intendant. Dans la saison , h sa maison de ville il s'occupe des rapports du parlement.
La disparition dn lord sendile iiiettie nn peu plus a l'aise les neveux , les nièces et les visiteurs; ipieli|ucstius viennent d'enti'er, [lailenl lieaucoup : c'est l'Iioniiralili; Auguste Warryane qui lient le dé. C'est un homme a prétentions ; les dames se moquent de lui , les iionm.es le détestent. En se démenant ])our faire de l'effet, il lu ise une tasse d'un grand i>ri\ , la remplacer ne sciait pus une petite affaiie : il parait d'alxud déconcerté, mais son aplonili prend le dessus. Il sort; en l'alisencc du dandi casseui- de porcelaines, on fait lilnemcnt des commentaires sur sa pei sonne cl on ne l'épargne |ias.
(lu ipiilte la salle a mangei', les lailics Serapliina , lleorgiana, Olcmcntia l'itziMannaduke s'occupent des dames qui sont venues les voir. Llles traversent les suions avec un air et des manières qui sont exclusivement l'apanage de l'arislocratie ; leur déniai (lie est pleine d'aisance, de grâce, de dignité; elles sont suivies et (trécédées tl'uMc suite de petits chiens lavoiis, épagneuls , hassets, carlins, lévriers, danois et toutes les variétés écossaises; elles se retirent dans leurs appartements pour \ai|uei l)endant une heure ou deux il leur toilette. Les uns demandent leurs voitures ; d'autres, pour lesquels l'ahhaye de lioltlehuiv est une nouveauté, errent dans les galeries de tahleaux , de statues , de dessins et de miniatures. Bien entendu qu'on y voit les portraits du duc et de la duchesse , par Laurence ; un autre de sa Grâce avant qu'elle eut peulu ses cheveux, iiar llopiier; une longue série de Van Dick , portraits de famille. D'autres encore visitent la liililiotliè(iue et la salle de Lillard.
Vous sortez , prêt a chasser ; devant la porte du château sur l'esplanade saldée sont des groupes de chevaux de selle et des grooms. Des honnes avec des enfants (ducs et diiihesses en herhc) , se promènent dans le jardin et sur la vcite pelouse. Une chaise de poste traverse le pont jeté sur la belle pièce d'eau , où le cygne se pavane tièiemeiit; elle I enferme une noble famille qui vient dejnendre congé du lord. Quelques j'cnt/cmni, revêtus de costumes de chasse de fantaisie causent ensemble réunis en gidiipes; ce sont les lords .\uguste Filz-dsborn Fitz-.Mainiaduke, second lils de sa (Irâce (le inariiuisavecsa famille est sur le continent ) , et Lionel l'itz-Mauricc Fitz-Marmaduke; lemanjuis de Ileadalhane, lils du duc de Roltawav . lord Henri Fitz-Maiinadiike , frère de niilord, et son lils M. Henry Fitz-Marmaduke. Tous ces éiiiiiieiits personnages, dans leur costume habituel, ont un air dhlingué; mais quelques-uns sont (elleiiient déguisés dans leur accoutrement do chasse, qu'on pouriait les prendre pour les naturels d'un |iays sauvage et peu civilisé.
.Xjirès une charmante journée de chasse, vous revenez ;i temi>s pour ciiteiidri^ le premier coup de cloche du dîner . vous rendre h votre chambre , vous habiller cl des cendre au salon \lilord est debout au milieu d'un groupe, conqiosé priiicipalciiiciil di
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nouveaux venus. Il mius mlrosse queUjues questions au ^uj(■l <li- \(»lic cliasso , el vous reconunandc i\c visiter une autre léserve le jour suivant.
On annonce le tliner ; le tluc oflie la main \\ la ilanie du ran;; le plus élevé ; chacun suit les lois de la niCiue étiquette, et toute la société s'avance vers la s:ille ;i manger. La pièce ma^nili(|ue où vous dînez , et la table richement décorée, n'ont i)as le pouvoir de détourner vos pensées du festin en lui -même. L'exercice du matin vous a disposé à faire honneur à l'hospitalité de milord ; et, après avoir Im deux ou trois verres de vin, vous êtes |)lus à même de vous mêler a la conversation. Ici vous sentez une lacune; il y a beaucoup de causeurs i>laisants et superficiels ; mais vous voudriez avoir auprès de vous le petit nombre d'horaraes de génie (|ue vous connaisse/ . pour jouii- avec vou> des plaisiis de la table.
Lorsque les dames se sont retirées, vous vous régalez de iiordeaux, et vous entrez sans contrainte en conversation avec vos voisins. Soudain tout le monde se lève simullanémcul a l'exception du duc et de vous, on vous laisse ensemble.
On entend au dehors un bruit épouvantable ; on ouvre la porte de la salle 'a manger; avec la force d'un tourliillon , une foule de domestiques 'a la livrée du duc se précipite dans l'appailenient, armée de liourdins , de fusils de chasse, de pelles et autres formidables instruments de guerre. Sur le premier rang sont deux individus eu bonnets de coton blancs qui brandissent des broches, ce sont le cuisinier et le conliseur.
(. Où est sa Grâce? » s'écrie le chef de la bande, gros et gras persomiage 'a ligure enluminée et a cheveux poudrés : « .Nous sommes déterminés milord , h faire connaîtie nos griefs , et "a obtenii- justice : nos souffrances ne sauraient être connues de votre Grâce, autrement nous sommes certains qu'elles auraient été soulagées. Pourquoi, milord, nous le demandons, pourquoi ne sommes-nous nourris que de venaison et de iiibicr'i' pourquoi, depuis plusieurs semaines, ne nous permet-on pas de goûter de la viande de lioueherie? nous attendons une réponse catégorique. »
Le vieux lord semble prêt a parler; sa figure est devenue livide de rage; mais il est incapable de prononcer un seul mot. Vous vous levez et vous vous adressez aux rebelles.
« Heureux el gras coquins , ne savez- vous pas qu'il est insensé celui qui se dispute avec ses vivres? et quels sont vos vivres! Songez aux pauvres malheureux des hospices, aux laboureurs, aux ouvriers des manufactures. Mais il est inutile de raisonner avec vous; une bonne nourriture, un travail facile, un fort salaire appauvrissent vos esprits ; je vois ce ([ue c'est . vous vous imaginez que milord économise en vous donnant de la venaison. »
loi des cris de : « Non , non ! »
« Eh bien, je vais vous dire ce que je ferai, si vous voulez tous vous retirer paisiblement 'a vos postes respectifs : je vous piomets que demain vous aurez "a diner du mouton bouilli el du !;àteau de pàtc ferme, .l'ai de l'influence sur le duc, et je vous garantis cette faveur. <>
« Merci, monsieui-, merci « , tel est le cri qui s'échappe dans la multitude à la (in de votre harangue ; les mécontents tournent les talons et s'éclipsent: vous tondiez dans de profondes réflexions , provoquées pai' cette scène singulière, et paraissez vous
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reiuhe toniple do riiulilTcicace du vieux lord pour la beaulé de ses domaines. Un liouunc ôiro las de venaison! l'ost rtraiii^c, mais telle est la nature humaine. Au bout d'un long intervalle . durant lequel vous n'avez aucun souvenir distinct de ce (|ui s'est passé, vous vous trouvez étendu de votre long sur une ottomane près de la fenêtre, et éclairé des rayons de la lune. Vous vous levez tenté de croire que vous avez bu liop de bordeaux ; vtms prenez le cliemin de votre chambre . vous vous mettez au lit , et rêvez encoie du vieux lord
lÙ'.IIION.
LE HEDEAU DE PAP.OISSE
L répond avec empressemeul au nom de Joliu-Juste Buhb, nom qui divertit beaucoup les beaux espiits de la paroisse g^ ■£? le jour de son élection, car, avant qu'on connût le résultat du scrutin, des plaisants essayèrent de lui persuader qu'il îM- allait êUe juste rais a la porte; mais Bubb l'emporta de ■y^;deu\ voii , celle de son boucher et celle de son boulanger. 1 1 L'un désirait le voir élire , parce que Bubb avait liuit bouches "a fournir de viande, y compris la sienne. L'autie. qui avait aussi des raisons de poids, arriva îi propos pour faire pencher la balance, et Bubb lut dûment déclaré bedeau de la paroisse de Sainte-Marie.
John-Juste Bubb répond avec empressement h son nom prononcé d'un ton d'autorité par un mar^uillier, ou par M. Clarl». le seigneur de la paroisse , qui occupe la place d'honneur dans l'église, et vient h l'ofhce du malin, dans le grand carrosse de
famille
Avec les petits Clarl» , tous. Illles et garçons , Éveillés et jojeiix ainsi ciiio des [linsons.
Ils ont ainsi la satisfaction d'être voilni es pendant le trajet de iin<| cents pas qui sépare la résidence seigneuriale du presin lèi e. Les domestiques des Clark assistent seuls "a l'office du soir sans le secours du ïrand carrosse de famille.
-M Iiihii-liwle répond avec beaucoup de céléiité "a son nom quanil le reeieiii-
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