‹ Les anglais peints par eux-mêmesChapitre 16 sur 106 · itKhiAi m: i'ahuissl · texte numérisé non relu

itKhiAi m: i'ahuissl

l'appell»! de la sacristio. Il n'i'sl pas un ctiiii de réalise d'où il ne [misse rciilciulic. Fût-il au Lioii-Roiigc, si le recicur rai>|ioll(', il s'arrête au nionieul t\c vidor sdii verre, et sVssuie la liourho; ou liion il lioil un coup, se remplit à demi la liourlic de iiraines d'anis (|u'il mâtlionne en prenani son chapeau , cl se liouve a la poile de la sacristie avaut que le recteur ait appelé Buhb une seconde fois. Si le recteur lui demande pouiquoi il n'est pas venu de suite, il ié|»ond ([u'il l'avait entendu , et qu'il arrivait ; mais que les enfants entrent dans le cimetière mal},'ré venonv et grilles, à son nez et à sa liarlie , et qu'un an?:e ne les enqièclierait (las de sauter par-dessus les pierres tuniulaires.

Le recteur semble s'apaiseï'; le recteur a conliauce daus la rectitude de llubl), et ne remarque pas le défaut d'aplonil) de la li,i;ne peipendiculaire que Itulih essaie de conserver en se tenant debout ; il ne voit pas non plus les contours irréguliers , la direction douteuse des lignes horizontales que Bubb décrit en quittant le vestiaire. Le recteur ne découvie que l'odeur des j;raiiies d'anis; il renifle, ])romènc ses reyards dans la chambre , et demande a lîubb s'il ne s'aperçoit pas d'une odeur qui n'est pas désagréable. Le rusé Bubb l'attribue "a un gâteau aromatise place dans l'armoire; le recteur pense que c'est ])ossible. Voila Bubb absous de la ]iinle de rhum indigène de pomme de pin distillée qu'il a bue en compagnie de Cobbes, son collègue. Mais quand le recteur ^e^anline eu face, les yeux de eelui-ci, auxquels le parfum du gâteau aromatisé ne peut avoir communiqué leur scintillement extraordinaire, lorgnent le recteur de travers, se poi tent sur les coins et recoins de la salh', clignotent et tournent en tous sens, se lèvent et se baissent, pour éviter l'examen qu'on leur fait subir, lùifln , le digne recteur surprend un œil qui cherche a se dissimuler sous la glande lacrymale, et, d'un ton sévère :

« Certes, je ne me tr(mq)e pas, » dit-il; « Bubb, vous êtes ivie; c'est-à-dire que vous êtes accablé par la boisson ! u

lîuldi est sans doute ému par une accusation aussi forte, ou par quelque chose de non moins fort , car il chancelle en lépliipiant :

u Docteur DravNly, lévérend et révéré, je ne suis accablé par rien du tout de semblable! je suis sinq)leraent ébranlé pai- une charge aussi sérieuse, et rien de plus! Moi ! j'ai bu! le bedeau en chef de cette paioisse considérable donnei' aux trois bedeaux qui sont sous ses ordres et aux [lauvies de la paroisse l'exemple d'être di'jà ivre à raidi! Impossible! c'est moralement impossible, mon très-cher recteur, mon Irès-révérend monsieui'.

— C'est immoral et possible, monsieur, » dit le recteur.

— Monsieur! et non pas Bubb! Ai-je vécu pour voir ce jour fatal? C'en est trop! n i:t le coupable , portant les articulations de ses doigts il ses yeux , en fait

sortir une goutte du niog au rlunndont ils sont indiibés. Puis, voyant que le leeteur rommence h paraître fâché de sa sévérité , il entame son i)laidoyer :

<i Votre lévérence, pouiiais-jc, sous un niinistie aussi élo(|uenl «pie vous, i> ( le recteur semble un iieu moins lâché) <i apiès avoir entendu, du mieux (|ue je l'ai pu . — car les enfants faisaient un vacarme effroyable , — un sermon céleste coniTue celui que vous avez prononcé hier sur les vertus de rinteiiipi'iaMce... «

II'. i!i:i>i'Ai i>i. l'Aimissii. 7a

— De la Iciniiéiance , » dil le iwtciii', repionaiit .lolin lîiilil).

— Pouiiuis-je, tlis-je, me présenter a vous dans ua état pcii couvciialilu , cl olliii un mauvais exemple à Cohbes. et. pour lui, aSimes et à Biown, bedeaux dont il est l'aîiié? J'en suis incapable , votre lévéïeneel

— liicn, bien, uiou bon liubb.

— Ali ! doetcui', vous me comblez par cette condescendance et cette familiaiité.

— Allez , et que je ne vous y re|nenne plus, dit le recteur avec bonté.

— Soyez tranquille, docteur! » et, enchanté de son acquittement. Bubb [irend ses précautions pour que le digne recteur ne l'y reprenne plus, en s'éclipsant aussi vite <|ue peuvent le lui permettre ses pieds, habitués a arpenter la paroisse. D'un lé;;er coup de sa canne "a la croisée du Lion-Rouge, devant laquelle il passe maluié lui, il attire dehors Cobbes, qui comprend le signal.

— Le docteur est dehors, murmure Bubb , et il s'éloigne à droite. — Vrairaenl? s'écrie Cobl)es, et il s'en va "a gauche; et tous deux, faisant un circuit autour des maisons , se rencontrent assez singulièrement au même instant 'a la porte du Lion- Bleu , et , avant d'entrer, examinent si la maison est tranquille et en bon ordre , cl si des gens peu convenables n'y sont pas installés.

Bubb n'est ni si attentif, ni si prompt , ni si empressé en répondant personnellement au vicaire , qui est si vieux et si pauvre , que , comme un ancien lieutenant . il a croupi dans un grade inférieur. Bubb lui répond de loin , mais civilement , s'il juge convenable de lui répondre ; autrement , il le laisse crier.

Bubb tient sa tcte remarquablement droite ; il étale la main gauche sur sa hanche, tandis que la droite porte la majestueuse baguette d'argent massif, symbole de sa chaige. Lorsque Briggs , le pauvre souffleur d'orgue , le salue, quelquefois il conseut a lui dire : « Comment ça va, Briggs';" u et, sans attendre la réponse, plissant son front sévère et fronçant le sourcil d'un air d'autorité , il l'avertit qu'il peut se dispenser, pour le moment , de plus de familiarité , et lui tourne les talons. Briggs le regarde s'éloigner, et regagne en murmurant son gîte dans l'ateliei des pauvres, où l'on ne rencontre pas des caractères aussi hautains que celui de M. Bubb le bedeau.

La minute d'après, avec M. Softstop, l'organiste, Bubb est ouvert coiiinie une porte d'église, accessible comme un temple, affable comme un ori)hclin d'hospice qui voit que vous avez l'intention de lui donner une pièce de douze sous pour lécompenser sa vertu , ou , s'il n'en a pas , sou mérite.

M. Bubb a été accusé d'être lier depuis qu'il s'est élevé 'a la haute dignité qu'il occupe. Nous n'avons jamais vu un homme s'élever sans être en butte ii cette calomnie. On nous a cependaut cité une personne à laquelle sou élévation n'inspira poijil d'orgueil ; il se fût contenté d'un poste inférieur, et ne trouvait pas qu'il y eût sujet de s'enorgueillir de monter aussi haut pour tomber aussi bas après avoir atteint le point culminant.

M. Bubb, il faut le dire , n'est pas lier de lui-même , mais de ses habits. La dentelle d'or dégénérerait si elle était portée d'un air d'humilité et avec aussi peu de prétention que le clinquant. Buldi le sait, et ap[iuie la valeur supéricuie de ses ajustements de (onic la di^uilc possible, l'n ^ilel rou^c loul neuf, 'a boutons d'or, ne

7(1 i.K liKDKAl l)K r.VKdlSSL.

iliiil i)as, coiuiuo riiuiubie vôleinent «lu pauvre, être bouluiuié jusqu'au uicntoti . puni' dissimuler une cliemise alisonte. La i)ar()isso le paie, le ^ilot, et la [jaioisse a droit de l'admirer en toute tirconstaiice , les jouis de la semaine comme les dimanclies , dans le cours ordinaire de la vie quotidienne comme dans les occasions d'apparat. V.n cliapeau h cornes et h salons d'or n'a pas été fait pour passer inaperçu ; sa structure même prouve que les cornes en ont été disposées dc^ manière 'a attirer les yeux; des culottes de peluche noire, a l>andes d'or, 'a boutons d'or aux genoux , étincelant aux reflets du soleil , comme pour sollicitei' les regards , n'ont jamais été taillées dans l'intention d'être cacliées !i l'admiration publiqiu'. C'est ii l'Iionnue ti'op bien convaincu du fâcheux état de son nianlcau de tartan ;i tiavcrser les rues en courant, sans oser braver l'iuspeclion des passants.

M. Bubb n'est pas fier; seulement, il se considère avec raison comme un grand spécimen de la double dignité que donne ;i riionime le concours de l'art et de la nature. Si donc il ne fréquente plus la société qu il voyait avant ses jours de grandeur ; s'il ne répond pas au salut de Tiffln ; s'il ne daigne pas répondre à Cummiu quand celui-ci s'informe de l'état de sa santé; s'il regarde Sinmions avec hésitation , comme s'il avait idée de ne l'avoir jamais vu nulle pail , c'est l'officier public , et non pas l'homme , qui prend ainsi des airs d'importance. Bubb n'a que le sentiment de sa dignité; il n'est pas fier.

Les pauvres ont fait changer ses opinions sur les pauvres depuis qu'il est devenu bedeau en chef. Il a, depuis, beaucoup entendu parler de la misère ; mais , pour sa part , il n'en a jamais vu autant qu'on prétend qu'il en existe. « Où est-elle'? où sont les pauvres? où demeurent-ils? de quoi ont-ils besoin? que veulent-ils? Ne donnet-on pas 'a chacun d'eux, tous les premiers dimanches du mois, dix pains de quatre sous, conformément aux legs du défunt alderman Gutterbrug , de cette grande paroisse , et du charbon de terre "a Noël , et un shilling en espèces distribué 'a cinq pauvres veuves, et cinquante jupons de flanelle, pour l'hiver, que se disputent cinq cents honnêtes femmes à la charge de la paroisse? Si quatre cent cinquante s'en passent, ;i qui la faute? Elles devraient soigner davantage leurs jupons; mais elles ne le veulent i)as. Voil'a leur tort, h ces pauvres créatures! »

Bubb ne trouve pas que les pauvres soient si pauvres; seulement , ils ne sont pas aussi extraordinairement bien que les autres. Il a entendu parler d'inanition ; il n'en connaît pas un seul cas. Il a été h sept diners de paroisse , et il y avait abondance de tous les comestibles que fournissait la saison, et surtout de petits pois, qu'elle ne fournissait pas , au prix d'une guinée le quart de boisseau. Il est vrai qu'on lui a cité un homme mort <le faim , un fabricant de |)ièccs de théâtre ou autres wuvrcs profanes. Mais comment a-t-il pu mourir de faim , ))uisque, transporté à l'hospice , il s'est mis 'a manger avec tant de voracité qu'il s'est étouffé? Il n'y a pas dans la paroisse autant de misère qu'on dit qu'il en existe partout excepté (hins les classes su|)érieures.

Il est évident que ,M. Bubb ne sympathise pas vivement avec les pauvres. Les chefs de famille électeurs monopolisent toute la sympathie dont il peut disposer, A ceuxli il fait des saints et des révérences ; il porte pour eux la main !i son chapeau, ou

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inùiiie rôle avec la plus céiénionieuse dolérenco; mais, en présence du pauvre, il n'a pas de ciuipeau; il se ledrcsse , se cambre; et, comme il a cinc] i)ieds huit pouces . il leuai'dc pai-dessus leuis Iclcs un objet lointain . n'importe Icciuel . pendant (ju'ils intercèdent auprès de lui. Il les laisse crier sans les interrompre. S'ils ont faim, il leur dit que l'ouvra^'e ne manque pas; s'ils sont malades, il leur ()rescrit une ordonnance. C'est toujours : « Prenez pour quatre sous d'absinthe, et vous vous trouverez assez bien pour vous remettre au travail au bout d'une

semaine. »

Les vieilles femmes pauvres ne diffèrent pas beaucoup dans l'opinion qu'elles ont de M. Bubb , car sa conduite envers elles n'est pas de nature 'a se les concilier. In haut fonctionnaire qui écoute leurs demandes de réi)aule j^auche , la tête tournée pendant tout le temps , et prêt h s'en aller, ne doit pas s'étonner de ne pas être auprès d'elles en odeur de sainteté. Les vieilles femmes malheureuses n'aiment pas "a être écoulées par un honune en place de cette façon cavalière , comme elles l'appellent. Elles ne s'accordent pas dans l'expression de leur ressentiment; mais l'intention est toujours la même, comme le prouve le dialogue suivant :

pisEMiÊRE MÉcoMENTE. (( C'est uu liouime bien aimable, que ce M. Bubb! »

DEUXIÈME MÉCONTENTE. (( C'est uu homme bien peu aimable que ce M. Bubb! »

TROISIÈME MÉCONTENTE. « Lui bedeau ! parlez-moi de Brinks son ])rcdécesseur; c'était l'a un bedeau ! il était l)on ))our nous autres pauvres femmes, et c'est ce qui nous le fait regretter. Dieu nous garde I mais il est allé recevoir le prix de ses bienfaits. Bénie soit sa chère âme ! Mais quant à ce Bubb , madame , je ne puis souffrir ce \agabond au co'ur dur! je voudiais être bedeau pour lui apprendre son métier. »

QUATRIÈME MÉCONTENTE, (i Je VOUS assure , mistress Gruntle , qu'il ne devrait pas lever la tête si haut qu'on ne la voit plus, quoiqu'il soit coiffé maintenant d'un chapeau galonné en or ; ce n'en est que plus honteux ; qu'il songe 'a sa grand'mère ! »

CINQUIÈME MÉCONTENTE. « Et II sa feiMuie, la pauvre victime! elle menait une belle existence avec lui avant qu'il fût nommé bedeau ! qu'il songe 'a son pauvre cher père !

SIXIÈME MÉCONTENTE. « Ail! mistress Sleeke, il est inutile de songer "a quelque chose dans ce monde de misères! regardez-le, le scélérat! il est déjà si gras qu'il ne peut plus passer par sa porte , et il n'y a que deux ans qu'il est bedeau; pendant que nous autres, pauvres créatures (que le ciel me pardonne!) nous sommes si maigres que six de nous y entreraient bras dessus bras dessous ! »

C'est un fait remarquable dans l'histoire naturelle du bedeau , que sitôt qu'il est nommé, même a une faible majorité, il commence à engraisser, et environ neuf mois après son élection , il devient si gros qu'il faut qu'il abandonne ses habits, ses gilets et ses ceintures, pour en prendre d'autres en harmonie avec l'embonpoint progressif de l'homme

qui tire vanité

Du bdton que sa raain porte avec majesté.

Mais j'ai observé qu'à l'instar des autres grands hommes , liubb se regaidc ((mimir-

7S Llî BKDI'Al m. l'MiOlSSi:.

supérieur aux calomnies de ses subalternes, et qu'il poursuit son clioniin, sans s'occuper (l'autre chose (]ue de i)rcserver ses bas de soie blancs des ('claboussurcs prénicdilées des baladeurs de la (laioisse. Il est l'cnnenii de ces susceptibles serviteurs, qui lui reprochent de vouloir les tyranniser et leur tiacer des règles de conduite.

iM. Bubb est accusé d'orgueil ; s'il y a des personnes (pi'il lel'nse de voir , il y en a d'autres qui rel'usent de le voir , maintenant que c'est un homme si considérable :

Le mérite en sa iiiarcho a pour ombre l'envie,

dit un <le nos meilleurs poêles moraux.

Mais iM. lUibbsouiHonnequelquelois un manque d'égaids lii où il n'eu existe point. Je le vis l'autre jour jeter d'un bout h l'autre de la rue haute un regard si perrant d'indignation , que son œil eullammé eût traversé la rue (pianil nirOK^ elle eût été cinq fois plus large. Je me demandais ce qui l'agitait, lorsque je remar<]uai un individu "a l'air humble, mais distingué , qui se glissait le long du mur de l'autre côté, connue s'il eût désiré éviter les rencontres. C'était pourtant cetêtredoux etinoflensirqui avait échaufté la bile du bedeau , et provoquait de sa part des invectives telles (|ue celle-ci :

« Le misérable ! qu'est-il donc pour porter si haut la têle connue un lord dans l'adversité, et ne pas répondre à mon salut? Arrivez , Col)bes , et voyez cet individu ijui refuse de me saluer.

Cobbes lit la grimace, ne pouvant rien faire de mieux, ce (|ui lui valut une semonce :

(I M. Cobbes! où est votre loyauté 'i* où est votre patriotisme, voirez amour du pays, votie respect pour l'église et l'état? Je rougis de vous. Déiioutonnez mon habit, monsieur; ne bougez pas, mes regards sufliseut pour l'abattre , pour le foudroyer, pour l'anéantir, partout où je le trouverai, dans toute l'étendue de la paioisse; rabattez mon collet, mmisieur. »

Maître Cobbes obéit; et, cherchant ;i apaiser la rage de son supérieur, il se hasarda îi dire timidement :

(I II est bien monté aujouid'hui monsieur Bubb ! »

Il voulait parler du bedeau même . et non du collet de s(hi habit.

(( Cobbes, monsieur le second bedeau 1 » et d'un froncement de sourcil im|)érieux , il réprima l'irrévérence de son inférieur, et le lit fiissoimer de la tcte aux [lieds; puis il poursuivit d'un Ion magistial :

(I Faites attention à cet honnne ! je ne sais qui il est, mais ce que je sais, c'est que si je l'ai vu inie fois dans l'église, je l'y ai vu deux ; et j'ai dit à eetle époque h liiown (|ue son chapeau n'était pas des meilleurs , mais que c'élail un ciiapeau de mendiant , un chapeau de hasard acheté chez un fripier , un chapeau suspect. Ayez l'œil sur lui , Cobbes, car j'ai mes idées; veillez sur lui , car j'ai des doutes; emparez- vous de lui si, en l'absence des maîtres, vous le voyez s'ap|)roclier d'un banc oii soient déposés les plus beaux livres de piiéi-es; car je ne suis pas sans soupçons : le gaillard a l'air d'être homme 'a voler une cloche dans ini beffroi. C'est un mauvais sujet ou un Ion ; c l'ai vu l'autre jour donner un sliillin;; ii im de uosiiauvres; et ipiand je lui ai

Li: i!i:i»i;\L di: I'auoissk. -<»

l'ail clairement oiitciuire que le soleil élail très-cliiitnl , cl (|ii(' iiu's eouises d.-iiis «elle vaste l'aioisse jiar la poussière el le temps sec m'altéraient eonsidérablement , qui' peusez-vous (ju'il m'ait donné'!' »

— Une demi-couronne? dit Cobhes.

— ,\on , monsieur ; il m'a uralilié d'un sourire ironique , et m'a dit (|ue la pompe de la paroisse était aussi fraiclie que jamais. Quelle réponse! ne pas me saluer (]uand je le salue, moi, le bedeau en chef de cette grande paroisse! Où va le monde? Voici encore une preuve llafiranle de l'endurcissement du siècle, connue dit le lecteur. (I Cobbes . nous \ ivons dans des temps désastreux ! — chassez cel enfant ! — dans des temps désastreux. »

Après cette harangue furibonde , je vis M. Bubb s'essuyer la bouche avec le dos de sa main , et je (piittai le digne couple en train d'examiner quels regards étaient (i\cs sur le Lion-Rouge; ceux du recteur n'étaient pas tournés de ce côté.

Il faut dire, îi la louange de M. Bubb, que s'il u'a pas le respect de tous les hommes , il a du moins le sien. 11 n'y a pas de grand homme qui soit en meilleure intelligence avec lui-même, et il donne par là un bon exemple au reste du monde. Ce respect de soi-même lui a inspiré l'autre jour une idée : il a remarqué que les bedeaux étaient élus à leur poste élevé en grande cérémonie , après beaucoup de préparatifs, de troubles , d'agitations , d'émotions, beaucoup de discours des orateurs de la paroisse, de courses en cabriolet, de fatigues des chevaux de louage, d'opposition des tories, de clameurs de vieilles femmes, d'indifférence des whigs, de fureur des radicaux, de vociférations des enfants : il a donc pensé que, puisque la nomination d'un bedeau causait lant de tumulte et de désordre, les étrangers devaient croire que la i)r ochaine révolution , a laquelle tout le monde s'attend , allait éclater d'une manière alarmante dans cette paroisse , que toute l'Europe allait être troublée pendant cinquarile ans . et (ju'on ne laisserait pas un bedeau mourir 'a son poste, comme une chandelle qui se consume en éclairant. Il est vrai que les rois meur eut tranquillement sur leurs trônes; mais un roi n'est pas un bedeau !

On a déjà dit que la vieille communauté féminine de la paroisse n'aimait pas M. Bubb; nous devons ajouter que la race enfantine de toutes classes, riches et pauvres, sales et dandies , le déteste; c'est un Hérode si dur et si tyrannique porrrces jeunes iimocents! Il est 'a remarquer que les bedeaux n'ont jamais été vus d'urr œil favorable |)ar la jeunesse en général. Le seul mot de bedeau leur semble être synorryme de punition dans les canons de l'église. Bubb, par sa sévérité, a rendu sa charge |)lus odieuse que jaruais a la jeunesse. Je n'ai donc pas élé étonné de voir que les (jnys, ou mannequins qu'on Inûle le cin(i de novembre, ressemblaient l'année dernière beaucoup plus "a M. Bubb qu'à l'efligie traditionnelle de maître Guido Faux '. Heureusement, le digne bedeau était alors au lit avec la goutte; c'était sa pr'emière attaque , car il n'y a que deux ans qu'il est en fondions; et Cohbes était tidj) lourd, comnrc bedeau et comme homme, pour s'apercevoir de cette audacieuse parodie de son chel

Le 3 novembre est l'aiiniveisaiic Je la conspiration des poudres 4 à cette i'poi|uc on l)ride en effisie le pape et Guido Faux . qui voulut taire sauter la chambre des l.ordj.

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