I.K liKDtAl' UK l'VlUdSSI
siipiênie; aulienionlje no sais ce qiiiseiail anivo dans ce jour incnutralilc. Quoiqu'il en soit, liubl) fut hiûlo le soir avec beaucoup d'éclat, et uiartyiisé au ^\hc{, el lortuic d'une manière viain.ciil ciirctienne, "a la {irande cdilicalion des jeunes proleslants i|ui assistaient "a son uuto-du-Jc .
Sonuue toute, nous de\ons dire, 'a la limande de ce ^land Ibiu'Iionnaire, que uialj;ré son indiflerence poui' les pauvres, et l'usaije immodéré (|u'il lait de sa canne, c'est un hedeau de paroisse extrêmement convenalile.
COIl.NKI.M s Whbbk.
r.A FILI.S A TOUT FAJRE
LA I ILLF: POUH tout FAIRF.
ÎJ PLisii.sphish, spiasli, splasli, (laji, slap, sla]), flap! Mec!... ^ Quel vent ! Ouisli ! <iiiellc pluie haUanIc! Quel jour pour
! H^Pfliii'^^^i ^^'^ deiiors ! 0 malheureux sans abri!...
Mais la voilà qui par la rue , celle pauvre lille , de chez mistress Oouljleclcf, par le vent et la pluie, comme le roi I Léar, mais sans diapcau ni parapluie , la clef de la porte ri jj ' de la rue dansant a l'extrémité de ses doigts wlaeés, aussi joyeuse, aussi insouciante que si mai régnait, et non point nnvendiie. Maintenant, où va-t-clle par une heure aussi fatale? Oh! je le vois, à la taverne des Trois-Jolis-Jardinieis! Quoi, en novembre? Destins, qui réglez les mariages, accordez h la pauvre fille un bon mari; et toi Fortune , songe qu'elle mène la conduite la plus régulière dans son esclavage 'a di\ livres par an de fille pour tout faire ; songe qu'elle n'a pas uuc heure de loisir, et cherchelui une place où la maîtresse ne lésine pas sur les gages, où l'ouvrage soit léger où il y ait trois filles et un valet qui partagent également et avec impartialité la besogne de deux domestiques , et murmurent encore de la rigueur de leur sort !
Barba raBriggleswiggle, carce sont sesuomsde baptême, et elle n'en fait point un mv.stère, est la fille pour tout faire la plus exemplaiic, disons le modèle de notre rue, (juiest la plus grande de notre paroisse : notre paroisse est la plus grande des trois royaumes et les trois royaumes unis s'inquiètent fort peu de l'étendue que peuvent a voir les autres royaumes du monde. Il est donc permis dédire que Barbara Briggleswiggle jouit d'une assez vaste réputation , d'une réputation où il y a "a prendre et "a laisser, sans lui
S2 I.A l'Il.l.K l'Orn lOIT KAlHi;.
nuire , cl (\m souffre rexanieii. Ma (l()iiiosli(iue Suzanne ( assez bonne lille et ciintente (le vivre (liez un lionimc il'à^e), csl jalouse île la renonnnt'etle lîailiaraà titre de lionne lille (le loin et de près; et, tout en lui reeonnaissant un niérile reniar(|ualile , elle dit très-franelioiuent qu'elle ne coiucvra de su vie eonnnent Baiijara sullil h autant de besogne qu'en exi^ierait le nu'naiie de trois e(;'libataires . car M. Doubleelcf ne fait rien ([ue se ijriser deux fois par joui' (et c'est une preuve d'ai livit(^ , mal (liri;;(''e toutefois) , et mislress Doubleelef ne fait rien non plus que gronder sou mari ipiand il est à jeun , que le faire eouelicr (juand il est repu , et qui passe le reste de son temps à défaire l'ouvrage de Baibara , pour que celle-ci ait ;» le recommencer. (',e|)endant Barbara s'en tire avec honneur, et eu vient aisc'inent "a bout. C'est là ce qui indif^iie ma domestique Suzanne lorsqu'elle est dans des dispositions "a s'indigner. Elle choisit ordinairement l'heure où elle a elle-même de l'ouvrage en arrière pour blâmer la pauvre Barliara d'être toujours en avant du sien , ce qui, dit-elle, est d'un mauvais e.xemple ! Elle convient néanmoins , car elle ne peut le nier :
Que les marches de la porte de Barbara sont toujours les ]iremières nettoy(Vs le ntatiu, hiver comme été;
Que son feu est le premier allumé et qui fume ;
Que le marteau de la porte est si glissant ;r force d'êtr-e poli, qu'il est impossible de le tenir ;
Que le nom de Doubleelef, en grandes capitales , a toute la netteté qu'ail pu lui donner le blanc d'Espagne et la peau de daim;
Que la laitière matineuse, et par cela même impatiente, n'est pas obligée de descendre le matin sa crème au nroyen d'une corde dans la cuisine souterraine , parce (jne Barbara est toujours l;i pour la recevoir;
Que le facteur de huit heures n'a jamais attendu une seule minute les quatre sous de sa majesté ;
Que , lorsque le porteur dejournaux arrive avecle Times, elle est toujours prête 'a le prendre , et qu'il n'est jamais obligé de le glisser sous la porte ; et que , lorsqu'il revient le chercher ;i neuf heures, le jouirral est Irsujours lu . plié avec soin et tout aussi propre que s'il n'avait jamais été ouvei t ;
Que le boulanger ne frappe qu'une fois, et qu'avant qu'il puisse crier : a Boni — anger- , » elle paraît entre les syllabes boul-et-anger;
Qu'elle a autant de célérité avec le boucher ;
Que le mendiant est du moins poliment éconduit; ([u'ellc lui donne parfois deux sous de ses propres économies; qu'elle ne lui ferme pas la porte au nez, ou ne le pousse pas violemment surses laloirs; que le ramoneur la trouve deboulquand il frappe;
Que le percepteur des contributions dit que c'est la meilleure lille de son quartier ;
Que les balayeurs ont pour elle un si profottd respect qu'ils l'appellent mademoiselle ;
Que les irrusiciens des rires s'inragirieirl (ju'cllc leur donne tous les dons qu'elle reçoit du vieux gentleman du |)renrici-, qui aime ;i encourager les talents naturels moyennant (|uatre sous par mois.
Enlin. sous irnc nnrHiimle d'auti-es rapports de nroirrdrc irrrpor lance. Suzanne ad-
i..\ 1- 11.1.1, l'ii 1 i; 1 oi I 1 .\iiii;. s.-,
nifl que liarliaia est iri-é|)roclial)le. Je suis sùiu (iircllu l'est , vl qu'elle uffre :i toutes les lillos pour tout fain' , el en pailicullei- ii la mienne, un lUdiièle <|ui leur donne consiiléialilenienl "a rélléehlr. Suzanne ne peut concevoir coniiiienl liaibara accomplit ses fonctions journalièics , a moins qu'elle ne soit aidée par les fées , ou qu'elle n'ait fait un pacte avec le dialtle. Mais ce méchant personnage est souvent soupçormé lorsqu'il est très-innocent, et, quant aux fées, elles ont cessé depuis plusieurs siècles de récompenser l'industrie domesti(iue, et de punir, en les |)inçanl , les cuisinières indolentes et malpropres.
La pluie a cessé , c'esl-"a-dire (ju'elle est lasse de tomber , comme un enfant de pleurer , car dans ce pays on ne peut considérer la pluie que comme momentanément interrompue, alin de pouvoir recommencer avec une vigueur nouvelle; mais ce vieux grondeur et bavard de Borée souffle encore. Barbara revient, avec un pot écumanl de cette bière fameuse "ajuste titre, qui rend lesTrois-Jolis-Jardiniers cliersaux amis delà boisson; la blanche mousse de la bière, emportée par le vent, va frapper la figure de M. Fendlair, l'orateur de notre paroisse, lui remplit les yeux , le nez et la bouche d'une écume identique avec ses paroles, tellement qu'on jurerait que son dernier discours de conférence revient aux lèvres d'où il est parti. Bien soufflé, Borée ! Bravo , Barbara !
Barbara Biiggleswiggle est la merveille et l'étonnemeul de ma paroisse , ainsi que l'astre sur lequel se fixent les yeux des voisins. Tous les maîtres de maison désirent avoir une domestique d'un aussi grand mérite. Ils espèrent également qu'elle ne restera pas longtemps chez les Doubleclef , pouvant avoir ailleurs les mêmes gages, et n'.oins de personnes à servir , ii soinner , a attendre le soir , avec la permission de recevoir autant d'amants qu'elle le voudra aux portes du jardin , mais pas plus loin, et d'autres privilèges encore. On a semé les cadeaux sous les pas de Barbara pour la déterminer 'a changer de maître ; mais la jeune fille , satisfaite de son sort , dit qu'elle ^t bien oii elle est, et quelle ne quittera pas les Doubleclef, "a moins cependant qu'elle uesoitpermue'a un emploi de secoude domestique dans la cuisine d'un grand seigneur : il lui serait doux de vivre dans une maison où les grandes dames font tous les soirs leurs papillotes avec des billets de banque de cinq livres , et vont "a la cour dans des chaises a porteur, et parées de leurs vastes paniers. Voil'a une existence!
Le marchand de fromages lui a tendu des pièges pour l'attirer au service des Rumkinser ; Barbara n'a pas mordu. Le boulanger croyait qu'elle pouvait se placer dans une maison bien préférable , Barbara a pensé (|u'elle ne le pouvait pas ; le bouclier a dit que M. Jumpingson avait deux rôtis quand M. Doublet-lef n'en avait qu'un , quoique n'ayant que le même nombre de bouches a nourrir, ce qui était une preuve que les Jumpingson vivaient bien. Inutiles manœuvres ! car Barbara a calculé de suite que la préparation de deux rôtis donnait exactement le double d'ouvrage que celle d'un seul , et elle est restée chez les Doubleclef. L'épicier a cru l'allécher, parce qu'il avait un beau garçon de boutique et un vilain mal-tourné d'apprenti , qui avait presque fini son temps, et voulait s'établir, en s'unissant, lui et son avenir d'épicier, 'a une jeune femme ménagère un peu plus âgée que lui; et avec les économies de sa femme ( homme désintéressé ! ) et ses grandes espérances
Si I \ 1 II i.i: roLK rouT kaiki;.
( t\m'\ L'sl le jouiiu liauiint' tiiii n'en a pas? ) il comptait faire d'assez bonnes affaires. Mais Barbaia était une jeune lîlle trop prudente pour être tentée même par l'offre hrillanle d'nn niaii aussi Inid (|iic Georse rial)riel(iral)l),f|ni, assurément, n'était pas fort bien, comme Barbara le dit à une commère do ses amies, car il avait l'air des magots peints sur les boîtes a thé de la boutique , ce qui certes ne prouvait pas en faveur de sa beauté :
Ce que fait lîarbara aujouril'hui est l'objet d'une agitation inusitée , dont je ne puis me rendre compte. 11 faut «lue je demande à ma domestique ce que cela signiûe, car elle est de l'opposition. Oh ! la voilà. Suzanne, qui est toujours assez disposée h deviser sur Barbara , ce qui prouve qu'elle pense ;i elle plus qu'elle n'en convient , me dit que Barbara, cette domestique si rangée, qui n'est jamais aussi heureuse que lorsqu'elle est a un ouvrage cl daus sa cuisine , va positivement. . . .
« De tous les endroits du monde, quel est celui où vous croyez qu'elle va, monsieur, s'il vous plaît 'f »
Je m'efforce de deviner: — ^jencrenonce jamais h une énigme, ou a uu coq-ii-l'âne, sans Y trouver une solution , et quelquefois deux ; et il m'est arrivé , lorsque je connaissais bien le mot avant de me mettre "aie deviner, d'en approcher miraculeusement dans ma réponse , et la vivacité d'esprit avec laquelle j'ai riposté : « Parce que c'est comme ci et comme ça » a la question : «Pourquoi telle chose est-elle comme ci et comme ça » ? a pénétré d'étonnement tous ceux qui avaient entendu.
.le devine, en cette occasion, que Barbara va à l'église — an club do Crocskford '. il l'abbaye de Westminster, pour y voir les ligures de cire et le monument de lord Byron ; au cirque d'AshIcy , pour y voir les lions et les tigres attendant tranquillemcnl dans leur cage l'homme qu'on prépare pour leur dhier, car, dans ce siècle tic raflinement , ils n'aiment pas qu'on leur serve un homme a moitié cuit ^. Kntin , je nomme cent endroits oîi lîarbara peut aller, mais ofi elle ne va pas. Suzanne , doni la bonne physionomie exprime le dépit, ce qui n'a lieu que lor.s(iu'cllc parle de sa rivale, m'annonce que Barbara va aux Tiois-Jolis-Jardiniers !
Cl Mais, Suzanne, elle y va viu;it fois par jour, aussi souvent que M. Ooublcclcf est ;i sec, et il ne païaît jamais assez saturé do liquide pour s'en passer longtemps.
« — Ah ! » dit Suz;mne. enrelevani lièremonl la tête, elle a pris sur elle d'aller ce soir au grand conçait et au bal ; et elle y va, avec — qui, croiriez-vous , monsieur':*
Je cherche encore a deviner; mais je suis obligé d'avoir recours a Suzanne pour obtenir la solution, lîlle est prête à éclater, et de ses lèvres, comme le bouchon d'une bouteille d'eau de Seitz , s'élancent ces paroles ;
« Avec le brillant garçon du coiffeur Tignasse Maxwell, parce que c'est un beau danseur, dit-elle, comme si elle savait danser. l'Ile a des vues sur ce garçon , quoiqu'elle ne l'avoue pas. Je suis sûre qu'elle lui convient h merveille, pour ma part ; car, comme il a été déj'a marié , et qu'il a perdu sa femme , il est de seconde main , s'écrie ma domestique avec la plus délicieuse malice.
' SLiison rie |fu ilr Londres , oi'i 1rs iiipiiibies de l.i liaulc aiistncivilic si)nl seuls .nciinis, ' V. rln T.} • l\y ak l.midrcs des gens du pniple qui wnil ivniv.iinriis (|no rmi noniiil de clKiir linmainr 1rs animaux au riripie.