‹ Les anglais peints par eux-mêmesChapitre 2 sur 106 · LE PIQUE-ASSIETTE · texte numérisé non relu

LE PIQUE-ASSIETTE

E PiQiJE-AssiETTE, — iiotis ciiteiidous pai'-la un professeur de science gastronomique, ayant des connaissances riches et nombreuses , — un iioinmo qui n'a pas un souci. S'il en a . il faut que les sources des misères de la vie soient trop multipliées et trop mystérieuses pour que nous puissions les sonjOder ; toutefois il est impossdile que le pique-assiette puisse i^jT/'/ressentir la moindre atteinte des vicissitudes humaines. 11 se *' I ' baigne dans les jus succulents de la cuisine du voisin, il se fortifie par la venaison de ses innombrables amis ; transporté et ravi au-dessus des petits accidents de cette vallée de larmes que les hommes appellent terre, par le Porto, le Champagne et le Bourgogne de ses chères et excellentes connaissances, les maux de cette vie tombent sur lui sans le blesser, comme la grêle sur un éléphant. Il passe invulnérable, protégé i)ar les contiibutions bienveillantes de ces hommes les meilleurs et les plus généieux de l'univers, ceux qui donnent "a dîner ; c'est à la fois l'enfant et la gloire de l'hospitalité, le type et l'incarnation de toutes les vertus conviviales; vivant témoignage de la bonté de notre espèce humaine, bœuf gras 'a deux pieds', que la libéralité de ses semblables bourre de gâteaux d'huile et de miel.

« Mais, I) objectera quelque misérable à l'esprit étioil , qui se contenle pour

' PrHr bifid. littéraleinenl hiyircle de yrix. Chaque année mi amène à Londres . et ton y fail viiir ponr lie rargent, un b(Cuf remarquable par sa grosseur, qu'on appelle prîze ox quand il est \Uant. i-t ^}izt' àfe[ (|iiand on la tué. On se serl . pour engraisser les bœufs, de g.iteanx composés d'Iinile . de miel . et rfr iriiire de bois, qu'on importe du Daneniarck et de la Suéde en Angleterre. (.V. du 7".'

2 \A: l'iglK-ASSIKTTi:.

iioumiui'i-' lialiilucllo de (igues, de petits pains et (l'e:iii elaiio,— car on nous ariiiinc <|n'il existe des monstres de cette espèce — ; « mais le pitiuc-assieltc n'a point de dieux tlonies(ii|iies! » — « Ah! viainieul. il n'en a pas! »

(I — Mieux vaut, « continuera le s|iiiiluel inlei locuteur, avec un f;nnéli(|ue iej;ard do prétendue indépendance, « mieux vaut manger un oignon au coin de son propre feu, (pie des ortolans ii la lalile du riche. »

Lecteur affamé, ne vous laissez pas tromper par celte hypocrisie; n'ayez pas foi dans la tempérance au leinl pâle ; caressez plutôt du regard la face brillante et rosée de notre héros ; souriez a la majestueuse ampleur de son abdomen , et croyez désormais au pique-assiette.

Le pique-assiette n'a point de dieux domestiquesl Tant mieux pour lui; il n'est [nis forcé de gagner à la sueur de son front l'offrande quotidienne du boire et du manger, les susdits dieux domestiques étant excessivement exiiicants et insatiables , criant toujours après le boucher, le boulanger et le brasseur. Mais, désertant avec horreur son foyer sans tourne -broche, fuyant son coin de feu désert et glacé, le pique-assiette va porter son encens dans la foule des adorateurs, ayant le choix d'une multitude de temples où il lui est loisil)le d'accomplir dans tonte leur étendue ses actes de piété sociale. <> L'estomac n"a point de religion , » s'écrie le pique-assiette ; et , semblable h sir Thomas Browne , ce sage philosophe , qui se glorifiait de se mêler indistinelemenl aux prières du Turc ou du Lévite, le vérilable [liiiuc-assielte donne une preuve de sa grandeur d'ame et de sa magnanimité digeslive en partageant le pilau de Mahomet, ou l'agneau rùli et les pistaches de Rothschild. Si par hasard le Jiiif-f'rrant descendait un de ces jours h l'hôtel de Clarendon ou h celui de l'Ancre-Couronnée , le pique-assietle alïicherait sa victoire sur les préjugés vulgaires en découpant le mouton du vo\ageur!

Le piiue-assielle n'a point de dieux domestiques! Nous rci)renons celte accusation futile, piiur mieux démontrer iiue ce qui est follement considéré comme le condile du malheur pour lui, est précisément la base de sa félicité. Les dieux du foyer sont des divinités du caractère le plus tyrannique; Mumbo, Jumbo et le Singe-Bleu ' sont loin d'être aussi rapaces. d'exiger d'aussi terribles sacriliccs que les dieux dont il s'agit, malgré les roses immortelles dont les couronnent les lomanciers et les poètes, malgré leurs physionomies belles et naïves comme celles des chérubins. S'ils ont des charmes, c'est dans leur parure des jours de fôte, c'est quand leur regard est souriant, ipiand les émanations de la cuisine les envel(i|ipenl d'un nuage pinfnmé , et remplissent leurs temples d'une douce et céleste rosée. Les vrais dieux domcstiiiues sont ceux du riche; divinités toujours riantes, qui n'ont jamais dépouillé leur fraîcheur, qui ne perdent jamais les roses de leur teint, dont \o visage ne s'allonne jamais devant un làtre sons feu, (jui ne soufflent jamais sur leurs ongles bleus durant l'impitoyable mois de janvier, et ne se départent jamais des bonnes manières, pour murmurer un juron contre un inexorable marchand de charbon.

I.'ameublemenl du pi(pie-assielle est modesle. ^oii ie\eim Imnié; s'il a piii de

' lilolcs africaines- {S. du T.)

i.i: l'ioi i;-ASMi; riK. 5

b^iuiiulliies, il a (it'ii lie besoins. Notre |iiquo-assicltc, quatii'-\iiif;l-(ii\-ii(iil lois sui' ceul, est un lélibalairc joiiissanl d'iiti patriinoiiip éeoiiié ou niodiciuc des li' pi ineijie. ^'iiyaul pas (le feiiuni', pas d'eiiraiils, il a de quoi salisfaiie ses eapiires en ville. Piivé dans son iiiléiieui des aeeenis doux e( caressants dune é|)ouse, il est obligé de se rabattre sur l'Opéra. N'ayant |ioinl d'enfanls "a nouirir, à vêtir, 'a envoyer 'a l'école, il lui est |ierniis de s'adonner ;i son amour [lour les gants jaunes. Il tire profit de son célibat; et, manquant de la douée religion des divinités du coin du l'eu , il promène dans Kegent-Stieet ' les diverses nuances de ses babils. « Des dieux domestiques! I) s'écriait .lack Smellfeast- l'antre jour. Sinellfeasl , sacbe/.-le bien, est un

pique-assiette de quel(|ue dislinclion. h Des dieux domeslic|ues! Ah! j'ai un

cheval. Il

Le pique-assiette cultive assurément l'un des arts les plus difliciles de la vie. Ce fait est prouvé par la multitude des [larasiles qui, dans cette noble ville de Londres, (leurissent pendant une ou deux saisons, puis, comme les hirondelles, s'en vont on ne sait où.

Diner en ville étant pai le temps qui couit une des plus profitables de toutes les connaissances humaines, nous croyons rendre un immense service au |iublic eu donnant, d'après la méthode d'un ]iique-assie(te distingué dans cet art depuis nombre d'années, quelques avis 'a ceux de uos compatriotes qui, ainsi que nous, considèrent le dîner corainc l'incident le plus imi)ortant des vingt-quatre heures accordées 'a chacun , et les agréments qu'il présente comme croissant en raison inverse de ce qu'il coûte. Nous conjurons nos lecteurs de s'arrêter et d'examiner le sujet qui nous occupe avec une gravité plus solennelle et une attention plus constante que s'il s'agissait d'un tiaité de morale. Il y a des gens assez bien [ilacés dans le monde, et faisant ligure, qui vivent parfaitement bien sans morale, tandis qu'il est contraire "a toute espèce de convenance de vivre sans diner. Dîner bien, c'est vivre bien, dans la plus large acceplion du mol.

Le pique-assielle doit être un homme d'un esprit médiocre, ne donnant carrière "a son esprit qu'avec réserve. Sou premier soin doit être d'acquéiir et de conserver la réputation de bon enfant, de convive agréable, tout en rendant impossible à ceux qui le louent d'en dire le pourquoi. t>n a vu certains beaux-esprits , pélillanls et flambants pendant une saison ou deux a des tables où l'on trouve les raretés les plus délicates de la saison, tant en viandes et gibiers qu'en hommes et légumes, le premier ananas et l'auteur du dernier roman ; mais ces beaux-esprits ne reçoivent que quelques invitations, et l'homuje dont nous parlons, le pique-assiette, professeur émérile, est de tous les repas. 11 faut donc qu'il s'étudie à paraître un tant soit peu insignifiant, aimable sans éclat et sans bruit. F-iit-il sur les lèvres la plaisanterie la plus brillante, il doit la garder poui- lui dans le cas où l'on pourrait la croire dirigée contre une personne de la société. Cette personne serait peut-être celle qui possède la meilleure cuisine , la cave la ])lus riche : il importe donc de se la concilier par une

' Urande rue de Londres:.

' Liltf'ralement, qui flaire le tli'nr

i LK piQi 'K-Assiirm;.

politesse alleiili\e, une obséquieuse iiil)anité, qui assure au pique-assiette des invi talions ulléricuies; car il faut se lappeler que le pique-assiette, oeeupé en apparence à jouir des plaisiis du repas, étant tout aisaneeet tout hilarité, travaille réellement a étendre ses relations. On ne Tinvite pas comme homme célèbre , connue peintre d'un beau tableau, comme auteur d'un poème stupétiant, d'un roman galvani(]ne, anthrop(t|ilia;;e. connue inventeur de nouvelles pinces a sucre, ou ])arei; qu'il jouit de l'inestimable méi ile d'avoir vécu chez les llsquimaux, de veau marin et d'buile de poisson. Notre pique -assiette ne compte pas sur des circonstances aussi chanceuses, sui- des bases aussi fra;;i|ps, il a des droits mieux établis. C'est pour des motifs plus solides et plus durables qu'on lui accorde sa soupe "a la tortue et son bourgogne; car, dans l'extase même du plaisir, il songe h servir a tel ou tel gentleman une aile de poulet , et , la figure contractée par un sourire stéréotype , il se tient prêt "a s'estimer trop heureux de boire "a la santé de tout l'univers.

Le pique-assiette ne doit jamais hasarder un sarcasme aux dépens d'un homme qui donne à dîner. On pourrait parfois en rire de bon eoîur, mais on se souviendrait que le pique-assiette po)(e une arme dangereuse, et que les gens d'esprit, semblables à des ivrognes armés d'épées, dirigent souvent leurs traits contre leurs meilleurs amis. Il peut, ]iar intervalles, risquer un calembourg, citer d'après les journaux la dernière vanterie américaine, ou, s'il a le génie suffisant, s'en permettre lui-même deux ou trois, jurant qu'il les a lues dans quelque bouquin incoimii. Ces plaisanteries sans applicaliiin directe lui dimnent un vernis d'aimable gaieté, et ajoutent h sa renommée de bon et agréable convive. Il doit fuir la médisance comme l'ail. Si quelqu'un s'avise de déchirer ses amis et connaissances, passe - tenq>s très à la mode aujourd'hui, le pique-assiette doit réfréner sa langue, et, s'il lui est impossible de causer avec son voisin , se rejeter sur les olives', indiquer par la qu'il est indifférent a la conversation générale, et qu'il est en paix avec tout le monde. Que la médisance aille son train, que les sarcasmes roulent de toutes parts, le pique-assiette ne doit jamais paraître prendre plaisir aux bons mots; il lui suffit de regarder ceux qui parlent, avec ime expiession de bonhomie, comme s'il écoutait un discours en langue malaise ou japonaise; mais (|uanl "a leurs paroles, quant "a l'édifiant sujet de la conversation , ce doit êtic pour lui une langue inconnue : il faut qu'il ressemble;! un enfant innocent et sans fiel, <pii contemple en souriant les brillantes couleurs et les replis onduleux d'un nid de ser(icnts entrelacés. 11 peut s'amuser 'a casser des noix pendant que l'amphytrion et les autres convives cassent des réputalicms. Et qu'il n'aille pas croire qu'une semblable modération soit perdue auprès des mendircs inlluenls de la réunion : sous peu <ie jours ils auront occasion de se souvenir du bon naturel do M. Smellfeast; s'ils entendent faire l'éloge de ses |)récieuses <|ualités, ils s'empresseront, en rappelant sa douceur, de consolider puissamment la boime rencmimée de ses vertus gastronomiques.

Savoir se taire et bien digérer, voilà les qualités essentielles du pi(iue-assiettc de profession.

■ lin <crt assez ordinairement ail (ICKScrt lies 'ilivr» avor Ips viiK fins. y. du 't'.'.

LU riyuii-ASsiEi IL. h

Il osl permis au pique-assiette de chanter ; mais qu'il ne cbunte pas trop bien pour offenser les auipliyttions qui ont eux-mCnies une belle voix, et pour ne pas se nuire en ilépiowint nialudroitcmcnt son talent. Donc, il peut chanter, pourvu qu'il ne chante pas trop l>ien. Il lui est encore loisible d'imiter les acteurs de Londres, le chant du coq , le gazouillement du bouvreuil , le braire d'un âne, suivant les occasions, et 'a la demande des amateurs. 11 faut toutefois, s'il ne veut voir s'évanouir toutes ses prétentions à la table de ses voisins, avoir grand soin de ne jamais obli;;er les convives a l'écouter. .Si la conversation prend une tournure politique, le pique-assiette sera muet comme une huître. I.a raison en est palpable ; Vulira tvinçj qui est à sa droite est renommé pour son Champagne, et le vieux <on/d'en face possède d'excellent bourgogne.

Le pique-assiette doit se faire aimer de la dame du logis; il se fera connaître à elle comme un homme modèle, une excellente personne, un individu vertueux, tou • jours rentré "a onze heures du soir. 11 témoignera la plus profonde admiration pour la plus sublime , la plus excellente , la plus ingénieuse de toutes les institutions humaines, l'institution du mariage. Il n'oubliera pas de donner 'a entendre que des espérances déçues l'ont, au printemps de sa vie, condamné, pour toujours, à la déplorable condition de célibataire.

Le pique-assiette doit avoir une passion prononcée pour les enfants. 11 doit se conduire de manière qu'en l'entendant annoncer, tous les enfants de la maison poussent des hurlements de joie, se précipitent sur lui, tirent les pans de son habit, grimpent sur son dos , passent leurs doigts dans ses cheveux, arrachent sa montre de sa poche. Pendant qu'on lui déchire ses vêtements de drap superfin, qu'on défrise sa perruque, que sa montre "a répétition court le danger le plus imminent, le pique-assiette doit réprimer les angoisses de son cœui- et de sa poche.

« Ces enfants vous importunent peut-être, » dira la maman d'une voix faible.

Le pique-assiette prendra une expression du ravissement le plus extatique, et, avec un séraphique sourire, il répondra à la mère alarmée :

Il Les petits drôles sont charmants! »

Il est cependant des maisons, lieux de désolation! oîi il n'y a point d'enfants. Dans ce cas, le pique-assiette aimera le chien. Nous ne voulons pas dire qu'il aimera l'espèce canine en général ; mais il témoignera, avec toute l'amabilité dont il est susceptible, la passion la moins équivoque pour le chien de la maison :

Basset, mâtin a l'air grognon.

Lévrier de taille élégante.

Métis, cliien courant ou griffon .

A queue droite ou traînante.

Le pique-assiette portera l'animal dans son cœur, et l'aimera un peu . — mais pas beaucoup moins que la maîtresse et le maître.

A défaut de chien, le pique-assiette aimera le chat, angora ou persan, favori de la

r. Li: i'iQi'i:-Assiii:TTi:.

liimilU' (si touloldis 10 nom, le plus <léliiieu\ des eolleetifs initiais, puiil s'appliinicr il lin ménage uniquemont romiiosé du mari el do la femme).

S'il n'y a poini de elial . ear il esl hiiiidniis ce manuel de prévoir les cas les plus exliémes, le piiiui'-assielle Irmuera une ressource dans le penoi]uel; s'il n'y apoiiil de perroquet, dans le serin: s'il n'y a point de serin, dans le cliardonncret ou le linol. Riilin, s'il n'y a dans la maison ni jicle ni oiseau (|iril puisse ^lalilier de sa (endresse, le pii|iie-assielte s'aniouiaclieia de la iiorcelaine, ou de lonl autre nlijet moliilier; il sera l'ac'le "a sa sa;;acilé de reconnaître «luel esl le meuMe <pie la dame de la maismi aime le |iliis, après son inaii, l)ien eiilendu.

Nous avons connu un illustre piipie-assieUe , — e( certes c'était un génie! — qui se flt inviter cinquante lois dans un an par une seule Tainille. Et pourquoi? Il était parvenu à se rendre éperdument amoureux de la garniliire de ten du saUni. Quand un étranger était préseni , le pi(]ne-assie(te amenait toujours adroitement la conversation sur les pelles et les pincettes, et fournissait 'a quel(iue personne de la maison l'occasion de raconter une légende de famille, où se déployait, de la manière la plus extraordinaire , le courage de la mère : frêle et délicate créature, il peine âgée de vingt-deux ans "a l'époque de l'aventure, la jeune vierge repoussait avec une pincette les avances d'un inconnu sans armes, regardé généralement comme un voleur, mais que la dame elle-niêiue soupçonnait d'une bien ])lus profonde scélératesse. Nous sommes sûrs de ne pas nous tromper, et nous garantissons, |ioni' l'inslruclion el le profit de tous les pique-assielte , que celle pincette du salon valut cinquante dîners,— oui, cinquante dîners! — ii l'ingénieux IMarrowmoutli '. (Certes, on serait indign(Mlu mélier de pique-assielte si l'on ne pouvait renconlrer an moins une pincette dans (]uelque maison que ce fût.

Le pique-assiette doit saisir toutes les occasions d'insinuer qu'il est en relation avec de grands personnages. Dans le cas où réellement il ne connaîtrait point de ducs, il doit clierelier a en coniiaitic (|iiel()ues-uns , pour en faire son prolit personnel. L'intimité avec les grands seigneurs, même celle qui se liorne au coup de chapeau , donnera un certain relief au pique-assiclU;. Plus esl inférieure laconditî(ni de celui dont il consent ii partager le dîner, plus est grand l'éclat dont il s'environne. Silverprongs-, qui ne le cédait (ju'ii Marrowmoulli, ne venait jamais dîner chez un plébéien que la main encore chaude de la pression de celle d'un marquis. Il apportait avec lui un certain parfum d'aristocratie, quelque chose qui engageait les gens du commun, e'est-ii-dire ceux qui ne soiil que lespeclables, ii boiie souvent ii sa santé , el il exprimer, en se rendant au salon . l'espoii (h- cultiver sa connaissance.

Il est un autre point sur le(piel doit se lixer l'attention de l'aspirant pique-assiette. S'il rend visite "a des familles (pii aieni un piofond respect pour les litlc'raleurs, — nous avons dija dit que nousaimions ii jir( voir les cas extrêmes, — il faut ()ii"il soit ii lu et à toi avec tous les enfants des uiuses, qui pullulent dans ce temps plumitif. Si au contiaire il est lié avec une de ces familles sérieuses iiiii , lorsqu'elles daigneni

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