‹ Les anglais peints par eux-mêmesChapitre 20 sur 106 · LA GARDE · texte numérisé non relu

LA GARDE

,^^ i'kst-ce que la fiardo? l'iciiani celle classe en bloc, el a pari jJt.des exceplidiis que uous sigualerons avant de lerniiner, c'est une espèce d'être d'un âge mûr, prescrivant, imposant silence, dictant des lois, faisant l'entendue; c'est un composé de qualités iiélcrogones, une macédoine de savoir et d'ignorance, de délicatesse et de grossièreté; un être aux yeux clignotants, moitié veille, moitié sommeil, dont les fonctions, avec l'aide de Dieu et du docteur, sont d'empêcher qu'un enfant soit introduit dans le monde avec trop peu de cérémonie, ou élevé avec tro(i de liOn sens durant le premier mois de son existence. Des femmes alitées des maris obligés de témoigner une excessive sensibilité dans cette circonslance importante, tels sont à ses yeuN tous les adultes, el la génération naissante ne se compose que d'enfants au-dessous de cinq semaines, en bonnets garnis de dentelles, avec une soif insatiable, des figures qui grimacent, et de petites mains rouges et mignonnes, dont les ongles commencent à poindre. Il n'y a iiu'elle au monde qui fasse du candie"^. Elle prend du tabac avec ostentation; de l'eau-de-vie , avec prudence; du Ibé, continuellement; les avis qu'on lui donne, fort mal; une serviette, quand elle peut s'en emparer; du froid, quand il y a des fentes "a la porte, et le reste de tout ce que sa maîtresse mange ou boit, pourvu que ce soit quelque chose d'agréable au goût: elle mange plutôt qu'elle ne boit. Elle n'a pas pour le dîner le même appétit que la bonne.

' Le titre anglais est the monthly tittrsc , litti-ralcment. la garde au mois. C'est une femme dont la spécialité est de veiller les femmes en couehes, et ipi'on loue pour le mois qui suit l'accouchement.

f -V. du T.) - Boisson anglaise, composée de gruau au lait, avec un quart d'eau-de-vie et du sucre. On en fait prendi-e .'i l'accouchée et aux parents et amis qui la viennent voir. ifl. '

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i|UoiiiiU' la lilaiH'hisseiiso soulo ail autanl de plaisir ([u'cllc "a saviniici uiic liissc de liié, cl (le «cllo liqueur alcooliqur (|ui licitl lesloinac iliauil (oui en l'afiaililissaiil.

Si ta gaiiie est niaigro, cllt' est goiiciaienieiit droite couiiiic nue fi.ude, <'l le li(iui<li' qu'elle absorbe ne lui ôle rien de sa sécheresse. Si elle est grasse, elle est rondelette el massive. Klle a des rliuniatismes. Elle a besoin d'être douée d'un bon naturel pour supporter ce que sa position a d'irritant et savoir se contenter de son sort, (.'est la victime des veilles, l'arbitre de ses maîtres, l'esclave et cependant la rivale des docteurs, l'ennemie des innovations, le lidèle soutien des vieux rites domestiques en lait de maillots, de bouillie el de berceaux; la Lueine des anciens, ou la déesse des accouchements, sous la (igure d'une lille de cuisine.

En cas de mort, sa consolation (sans compter le buliet et les jérémiades sur ce qu'on n'a pas suivi sps avis relativement à l'application d'un morceau de flanelle) est la beauté du cadavre. Si {lersonne ne meurt, son plus j^iand plaisir est de voir la mère et l'enfant endormis, le l'eu pétillant, la chaudière bouillante, et de n'être pas tourmentée par ses cors. Alors elle prend d'abord une prise de tabac , préliminaire piquant des jouissances qu'elle va };oùter; puis un verre d'eau-de-vie; elle met de l'eau dans la théière, et leiirend un .second verre d'eau-dc-vie, car le premier ne contenait presque rien, et d'ailleurs le thé combattra l'effet des spiritueux; elle arrange son tablier, s'allonge dans un fauteuil, se verse une tasse de thé, el resie une minute les yeux fixés sur le feu , avec l'innnobililé d'un hibou , et il lui arrive parfois d imiter le ronflement de cet animal.

La présence de ce personnage dans votre maison est plus ou moins toléiable, suivant son caractère; et les qualités bonnes ou mauvaises du maître et de la maîtresse. la dose de bon sens qu'ils possèdent ou dont ils sont privés, réagissent sur la garde, et, en modifiant sa nature, lui rendent applicable le bien ou le mal (pi'on dit ici de la classe des gardes en général. Mais, comme tout le monde aspire a dominer autanl (|ue i)Ossible, les gens aimables par l'amabilité, et ceux (|ui ne valent rien par des moyens semblables "a eux, la garde, quelle que soit son humeui, est, par son élat, irrésistiblement exposée "a ressentir une soif de pouvoir immodérée, et son premier soin, dès qu'elle entre dans une maison, est de voir jusqu'oîi elle peut éteiidn; son autorité absolue en tous points. Selon qu'elle réussit ou non dans cette tentalive, son opinion varie sur la dame de la maison. Dans le premier cas, c'est une femme charmante, jolie, raisonnable, délicate; et le mari, comme le lui dit la garde, ne saurait être trop reconnaissant des souffrances qu'elle endure h son siijel. Dans le cas contraire, c'est une dame imbue des idées françaises, qui fera le désespoir de sor. pauvre époux, et causera inévitablement la mort du nourrisson par sa manie d'alimentation naturelle et ses blasjihèmcs contre le ihnin, le morceau de lard ' et les drogues indispensables aux enfants. De même, si le mari, ou le maître, ainsi qu'elh' l'appelle par plus de déférence, reçoit comme paroles d'Evangile les révélations de la garde, c'est un brave homme, un viai ijcnltemaii, le mari qu'il fallait li madame, ele

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