‹ Les anglais peints par eux-mêmesChapitre 69 sur 106 · vii;illl: iM'MMk im- ciiakci · texte numérisé non relu

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s'cxlasianl sur la lieauté de l'écriture. I'"lk' prend r Kussaiicc du coulenu, et

éeliange de mystérieux regards aver les autres domestiques, (]ui, après avoir iiiutilenieul cherché a voir sur sa physiouomic quelque chose de te qui se passe dans son âme, s'éclipsent l'un après l'autre, s'étonnant de ce que leur jeune maîtresse ait tant "a dire a la feiiiiue de rliarf,'c.

Dans le village voisin du cliàtcau la vieille femme de charge est un personnage trèsimportant; étant chargée par niylady de distribuer des aumônes, elle ne manque pas de se prévaloir de cet emploi pour augmenter sa propre popularité. Elle ne perd jamais roccasion de persuader aux villageois que c'est par elle seule qu'ils peuvent obtenir la faveur de leur protectrice. Les moins riches des tenanciers se regardent comme trop heureux lorsqu'ils peuvent se concilier la femme de charge, en faisant à sou fi ère de Londres le léger présent d'une oie ou d'un dindon ; ou sait qu'elle a la plus grande iufluence sur sa grâce, qu'elle a plus d'accès que qui que ce soit auprès de l'intendant. En l'absence de la famille, elle daisne p.irfois aller prendre une tasse de thé chez quelques fermiers plus favorisés que leurs confrères; mais ces visites sont rares et peu nombreuses ; car , nous le disons à regret , la femme de charge est d'un dédain aristocratique. Elle est de la maison d'une duchesse, elle a mille livres sterling à la banciue, et il ne lui conviendrait pas de se compromettre avec tout le monde.

Ceux qui ont connaissauce de cet argent placé se demandent ce qu'il deviendra au décès de la femme de charge. Car, excepté son frère, qui est riche, sans enfants, presque aussi âgé qu'elle, elle n'a pas un parent au monde. Il est vrai que plusieurs personnes ont, dans le cours de ces dernières années, essayé de se donner pour ses cousins au troisième ou quatrième degré ; mais nous n'avons pas appris que les prétentions d'aucune d'elles fussent élablies sur des fondements solides.

Toutefois, la disposition future de ce qu'elle a gagné honorablement occupe, par intervalles, ses pensées. En voici la preuve. Un soir, après avoir entendu par hasard la conversation de deux cjentlemen sur l'économie politique , et les charges de l'étal, elle demanda avec anxiété "a M. Maycrofl si un millier de livres sterling allégerait de beaucoup la dette publique'?

Cependant, en dépit de cette manifestation passagère de sentiment patriotique , notre opinion particulière est qu'elle laissera son bien, en rentes, en espèces, ou en mobilier avec sou portrait peint par un artiste voyageur, qui l'a représentée ayant sur ses genoux la petite seigneurie, au his cadet du duc , maintenant écolier du collège d'Éton.

" La réputation d'être honnête, bonhomme de confiance vaut celle d'avoir en partage la science et la beauté physique. » C'est ainsi que s'exprime l'immortel Shakspeare, et, quoiqu'il n'ait pas eu l'intention d'étendre ce panégyrique aux femmes de charge, on sait également le leur appliquer. Que de bonté et de grâce , de probité et de qualités estimables sont souvent l'apanage de la domestique vieille et éprouvée, cet ornement brillant, ce soutien assuré d'une famille ! Est-il possible qu'en Angleterre, dans notre riche contrée, de pareils êtres soient jamais rejetés dans le monde . et voient leurs sei vices oubliés, leurs réclamations repoussées'? Hélas, oui! nous

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n'avons nous -inî'Uie reucon i tt' iiiii' tm|i skiivchI ilos femmes courbées sous le |)iiicls de la misère et des années, logées dans des galetas, périssant presque de faim , malgré les maigres secours que leur accorde la paroisse, et dont les plus beaux jours ont été consacrés avec un dévouement sans bornes au service des riches et des puissants. Au sein nu'ine de leur entier dénûment , leurs ])lus ardentes afferlions ont encore pour objet leur maître et leur maitiesse. Ils ne se souviennent plus, les ingrats ! de la domestique usée dans les travaux et méprisée par cela même.

Heureusement il n'en est pas toujours ainsi : plus d'une vieille et (idèle domestique est descendue an tombeau pleurée et honorée , comme les pierres tnmulaires en donnent de nombreux témoignages. La dernière demeure de bien des femmes de charge est plus d'une fois visitée par des gens qui, malgré leur haute position, savent apprécier la valeur de cet anneau qui. dans la giaiule cliaine sociale, seil ii lier ensemble les hommes vertueux de toutes les classes.

Il est vrai que nous aurions pu montrer le revers de la médaille. Nous aurions pu peindre également d'après nature la femme de charge méchante, insolente, arlilicieuse, car il y a des vices dans cette classe comme dans toutes les autres; mais il est souvent plus agréable et en même temps plus instructif de contempler le plus brillant coté de la nature humaine, de sourire de ses faiblesses, mais de plaindre et de dissimuler ses fautes. Appelés "a être les maîtres , ce <]u'un piédiealeur appelle les vers dominateurs, de ceux qui sont au-dessous de nous, nous ferons bien, avantde les juger trop sévèrement, de nous souvenir que, placés comparativement dans une position plus heureuse, nous devons avoir de l'indulgruci' pour ces égarements véniels trop souvent traités comme de grands ciimes.

Al.lCE.

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