‹ Les anglais peints par eux-mêmesChapitre 71 sur 106 · I.K PAYS.VIN ANGLAIS · texte numérisé non relu

I.K PAYS.VIN ANGLAIS

la tiaoe des liu>iii\ jouis i\c l'Aiii;li'loiic. Je suis las de voir d'iiii eôlé une iiauvielé servile, de l'autre un oigueil eiiduiei. Je veux euleudro des [laiolos jnououeées par riiuuililc iudé|ieudau«' ; j'aiuie ces alfablos eutietiens d'Iioiuuies pauvres mais pleins de cu'ur, connue j'aime la luise de la mer et des nionlajîues. Ali ! je crains liien (juc la licrté de ces hardis villageois , que leur assurance , leur franchise, leur cordialité, n'aient été rabaissées par des lois dures et cruelles a|)pli<|uées même aux districts les |ilus favorisés : autrement , pourquoi toutes ces cmii;i ations/ |iour(]uoi toutes ces coalitions de paroisses'? Le paysan anglais n'est peut-être i)lus ce qu'il était';' Si je retournais dans les campagnes où j'ai passé autrefois de si heureux jours, ne retrouvcrais-je plus les mêmes groupes joyeux assis au bord des haies, ou au milieu des gerbes, riaut, causant, racontant la chrouiciue du pays'?

I\'entendiai-je plus l'histoiie du fermier qui n'éciivit (pi'une seule lettie dans sa vie , et c'était a un (jottlcunui denieuraut a ijnarante milles de \\\'l Ce (jchIIcuuiii ouvrit la lettre , et ne parvint'a déchiffrer que le nom et l'adresse de son correspondant. Dans son dépit, il monta "a cheval, et alla trouver le fermier pour le prier de lire lui-même sa lettre; mais, chose étrange ! le feiniier ne (lUt jamais lire sa propre écriture!

N'entendiai-je plus l'histoire de Jonathan, le vieil et vigoureux faucheur, apostrophant le taureau (jui le poursuivait , et t|u'il évita enlin en montant sur un aihie'!* Jonathan, du haut de sa branche, regardait le taureau de l'air du plus profond mépris, et essayait de lui démontrer que lui, taureau, n'était qu'un lâche et un [loltron. « Oui, lui disait-il, vois si les armes sont égales: j'ai du courage, mais ([n'estce que ma force en conqiaraisoa de la tienne'? »

Ne vous cn(eudrai-je plus, histoires et anecdotes qui peignez la vie simple du district , et réjouissez cependant plus que beaucoup de beaux récits faits en de plus belles demeures'!" Peut-être la dureté des temps et des loisa énmussé l'anliiiue joyeiiselé du paysan anglais et fait taire cette voix sonore et éclatante comme celle de l'oiseau réveille-matin. Pourtant , j'aime "a le croire , l'ancien esprit vit encore dans plus d'un district doux et pittoresque. Des groupes animés se rassemblent chaque soir autour du foyer (lomesti(iue , sous les poutres basses et enfumées, et s'ils trouvent que, comme leurs pères, ils sont condamnés au travail et aux tourments , ils sentent aussi qu'ils ont du cœur, de la licrté, et qu'ils jouissent des douceurs d'une mutuelle sympathie. Que l'Angielerre se souvienne (jue c'est la le partage du jiaysan anglais , et <|n'il ne cessera jamais de se montrer le plus noble et le plus di^ne de tous les paysans de la terre! Ne l'cst-il pas dans la patience avec la<|uellc il sujiporte la misère? ne l'est-il [ws lorsque son propriétaire lui témoigne de l'intérêt et lui accorde «juclqucs ilroils, quelque (|uarliei' de terre'? Qui dans ce cas est aussi industrieux , aussi piévoyanl, aussi constant, aussi respectable'?

Le paysan anglais a dans sa nature tous les éléments du caractère anglais : donnezlui de l'aisance et il sera satisfait; faites-lui du mal , et son désespoir ira juscju'ii la lage!

Dans ses jeuues années, avant de se charger du soin d'une famille, il a le cœur io\eu\ et léuer. V.n vov.uil de jeunes (■aiiipa;;nards prendie onsend>le leurs ébnis, ou

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