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gue à celte époque , mais c'étaient des baiialelles comparativement an hien-i'trc général, et ne dérangeaient pas la balance que tous les ans, a Noël. Dobbs voyait s'accroît le en sa faveur.
Pour lendie justice a Dobbs, il faut cou\ enir i|ne, sans être précisément un modèle de générosité, il ne manquait pas de bons sentiments. Il pourvut aux besoins de ses parents d;ins riridijjcnce, donna ses vieu\ lialiits, dans la poche desquels il glissait de tempsen temps un souverain, il un frère mallioureux, souscrivit h raison d'une gninée par an pour l'établissement d'un dispensaire, et l'on assure qu'en trois occasions divei-ses il contribua au soulaL'cment des incendiés de son voisinage : on n'est pas d'aecordsur le montant de son offrande.
Comme inspecteur des pauvres, son règne fait épo(iue dans les annales du worAlioiise. Uien de plus ordinaire que d'entendre des vieillards des deux sexes, qui se croient lésés dans quelque question de thé ou de tabac, dire en secouant la tête d'un air significatif:
« .\li! ce n'était pas ainsi du temps de M. Dobbs, esquire; ou bien : Si M. Dobbs. esquire, était en place, les pauvres jouiraient de leurs droits!»
II ne résulte pas néanmoins de celle circonstance, que M. Dol)bs, esquire, ait toujoui-s obtenu de pareils éloges dans l'exercice de ses fonctions. Il est d'usage dans toutes les classes de se rappeler uniquement les vertus de ceux qui s'en vont, et de ne voir que les imperfections de ceux qui restent.
Vinizt-septans après la mort de Skrimsliire, el quarante et un ans après l'arrivée de M. Dobbs a Londres, celui-ci se trouvant assez riche pour exécuter le plan de retraite qu'il avait longtemps médité, résolut enfin de lemetfre son couteau a beurre et son couperet h fromage entre les mains de son fils aîné. Xons ne sommes pas à même de fixer précisément la somme qu'il avait amassée; évaluons-la toutefois h quinze mille livres, et si quelque philosophe orgueilleux a la témérité de croire pouvoir vivre avec un lîard de moins que l'intérêt d'un cai)ital aussi modeste, la seule punition que nous lui souhaitions est l'occasion d'en faire l'épreuve.
Dobbs se retira dans un charmant petit domicile, a quatre ou cinq milles de Hyde- Park-Corner : là il cultive les fleurs, les choux, et la philosophie, et le tout avec un succès satisfaisant. Il faut se souvenir qu'il est né "a la campagne, et ses prédilections d'enfance se sont réveillées dans le dernier printempsde ses jours. La famille qui réside avec lui, consiste en une femme et deux grandes filles. Rassurez-vous, cher lecteur, Inutesdeux sont promises. 11 a son potager, son jardin et sa cuisine; il dirige une école primaire, qu'il a contribué plus que tout autre "a fonder dans le voisinage ; il veille h ce que personne n'attrape son fils qui est à la ville, et à ce que personne ne coure avec ses tilles a la campagne ; il prend un livre de temps à autre, bien qu'on puisse dire qu'il supporte la lecture sans l'aimer; et au moyen de toutes ces occupations, Samuel Dobbs s'arrange une existence fort tolérable, bien supérieure malheureusement "a celle de la plupart des hommes. Chose étrange h dire, il paraît être luimême de cet avis ; car la dernière fois que nous avons dîné avec lui, à la fortune du pot, il se plut, après un troisième verre de vin, à nous édifier par renonciation d'une ou deux de ses observations morales.
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« La Proviilenee, dit le cligne Oobbs, a l'té cxlrèiiicmciii liicincilLinU' pour iiiiii ; lieaucoiip plus bieiivcilland' (|ii(^ pour des niillicrs d'rlrrs ('î^alciiinil MUTilanls. ,lo in'offoroo de lui prouver ma icconiiaissaïuc ru laisantlc plus do liioii iiucjc puis, d je voudrais qu'il fùl eu mou |iouvoird'cu laiiedavanlane. — Mais je m'apeirois ipic nous tournons au sérieux, il faut que je vous montre mon cabinet du jardin ; vous ue l'avez pas vu depuis que nous l'avons fait revèlii' d'une nouvelle couclie de peinture verte. A propos, (|uc pensez-vous de ee fromage de Stillon que nous avons en il diner?Gcorî;e nous l'a envoyé hier au soir, et je le Iroine délicieux. Ce garçon paiviemlra, je vous le prédis. »
Ce serait élranye qu'il ne parvînt pas, pensions-nous ; car nous ne voulions pas troubler par des pai'oles hors de raison l'excnsable e\|iressioii de l'orsneil paleiiiel. Mais s'il avait conimeucé le voyage de la vie avec aussi peu d'avanlage que son père, il est douteux qu'il fût comme lui aiii\c'a un port sûr el commode, comme celui oii se repose un niarcliand relire.
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