cmmimm: luxtu i; i m. pickon
joiKMirs |ior<l<'iil oiilio eux? Avcz-voiis jamais joiio ii un je» de lomnioiTC h douze sous la parlie? à la lin de la partie on a perdu , el par coiisccjueul gayiié uu grand nombre de pences; mais interrogez les joueurs : l'un a sagué trois shillings ; deux aiilrosn'onl ni perdu ni ga^né; un aiilreeroil (pi'il a perdu ; Irois anires oui perdu deux livres cliaiun. N'est-ce pas un fait connu d(> tous ceux <iui Jouent.'' .l'ai souvent pensé (pie les livies du diable (nom vulgairement donné aux caries) nous sont loués par le cabinet de lecture de Satan , et <|ue celui-ci met la palle sur une ci'ilainc parlie des gains, et se les a|)]iiopiie clandeslinenient ; aulieinent, (jue deviendrait tout l'argent?
far exemple, voici un (jcnilcman (|ue les journaux vantent comme un noble comte célèbre <lans les courses de chevaux. S'il a perdu un shilling, à en croire le récit du journal , il a perdu cinquante millions. Il risque cinquante raille livres aux courses de Derby , avec autant d'aisance (pie je donnerais deu.x pences el un denii-peiiny pour une demi-once de macuha. Qui a gagné ces millions? est-ce M. Crockford, ou ÎM. Bond, ou M. le Snlon des élrmKjcrs '. Je ne considère |)as ces messieurs comme des joueurs, car leur spéculation est sans risques ; mais qui gagne l'argent du noble comte , el l'argent de (piiconque joue et perd ? On fait beaucoup de paris en l'absence de i\l. Crockford ; on met b('au((inp de billets sur table sans l'in- Icrvenlion de M. bond , et il y a des centaines de mille joueurs qui sont élraniiers même au.S'a/oii des clraiigers -.
Non, mon cher monsieur, ce n'est pas dans les maisons de jeu publiques (ju'ou perd de l'argent; ce n'est pas l'a que la vei lu court les plus grands dangers : mieux vaut deux fois perdre son revenu , sa fortune, l'argent de son patron, dans un enfer public décent , que dans la société pai ticulii'ie de gens de l'espèce de mon ami le capitaine Kook ; mais nous nous écartons encore de notre sujet ; voici un point essentielà établir : l'industrie du capilaine est-elle avantageuse , et lui rapporte-l-elle d'assez gros inlérèls?
Répondons d'abord il cette dernière question. An mois de mai , quand les rooks ' sont jeunes, en avez-vous souvent, mon cher ami, mangé en pâté? ils sont alors si tendres, qu'on ne saurait les distinguer des pigeons. De même, en sa jeunesse , notre Rook avait tous les tiails caractéristiques d'un pigeon. Il traite les autres comme on l'a traité ; il a été plumé connue il plume aujourd'hui son ami , M. Frédéric Pigeon. Il est entré dans le monde avec dix mille livres ; il ne lui en reste pas un maiavédis ; on peut considérer celte somme comme un capital qu'il a sacrifié pour apprendre son métier. Aprèsavoir dépensé dix mille livies sterling , soit un revenu de six cent cinquante livres, il doit nécessairement aspirer a tirer de sou argent un intérêt plus considérable. Quinze cents, deux mille, ou trois mille livres sont nécessaires pour
' Les clubs (le Crockford , de Bond et du salon des étrangers sont des maisons de jru tré(iiicnl('cs par l'drisloeratic anslaise. (iV. du T.
- Les iuhIs en ilali'pie sont en français dans l'oiigin.il. (Id.) ' On doit se rappeler (jnc root signifie corbeau. (Id.\
505 II CM'II \l\l, li(i(»K II \l. l'l(ii;oN.
le (léiîimiiii;ii;iM' de SCS iis(|iios cl <lo ses poinos. Oiilrc los fonds |ii iiiii(i\('nirii( m i;l()iilis, sa inofcssion o\ii;o de ((inliimcllrs dqionsos ininiicilos ; ainsi :
liiios sU'i-l. schcl. [H'IICl-s.
Cliovaiix . voituivs. conisos d'Kpsnn, do CoodwcKMJ , d'Ascol. ."i(KI (i (•
l.<)\oi- . di)in('sli(nit's cl lahic 7,:'A) 0 (I
lîains cl vciyagcs t,(h) o (i
Mincis il donner |.",0 o o
Menus plaisirs |."iO o o
(uiiits, inonclioirs de poche, pai liiinci ie , lahac 15(1 0 (i
Noies du laillenr ( 100 livres , qui ne soni jamais payées). . . 0 0 0
' loTM,, |,(;mo (i 0
Je délie (|ui (|Uc ce soit d'c\ereer lionorahlenicnl la prolessioii a moins de Irais. lii\ mille livres sterling; de mise de fonds, seize cents livres de dépenses annuelles. c"esl indispcnsalile. \on , ce n'est pas un lion étal ; ce ne son! pas de lions intérêts ; c<^ n'est |)as une indcmiiilc suflisante pour un (jcnlleniaii de naissance , d'Iiahilctc et d<' génie, et mon ami Claplrap , ipii muinuire de la modicité de ses appoinlcmenls, jieut bénir son étoile de n'être pas m (jcnllcnum , cl de n'avoir pas élé élevé pour un métier aussi ingrat. Si l'on considère les soucis . les dépenses , la naissance cl l'éducation du capitaine, on trouvera qu'il est liien mal rétribué comparai ivement ;i ses mérites. Kt qui viendra ii son aide, lorsqu'il sera obligé de se retirer, loi'S(|uc sa main (reiiibleia , lorsqu'il verra son crédit déchu , ses billcls refusés avec mé'pris chez tous les cscom[)teurs de l'Europe, ses tailleurs inexoiablcs, lorsqu'il ne pourra plus faire sauter la coupe de l'cvistcnce'? qui secourra le véli'ian des joueurs joisqiii' ces vers d'Aiistopliane lui seront aiqilicables :
On l'a vu dans sa gloire, en sa verle jeunesse; Les ans de ses beaux jours ont dissipé l'ivresse ; Que les dieux immortels l'assislenll nul |iassant Ne jelte sur cet homme un icil compatissant.
Qui viendra donc à son aide? ce n'est pas sa famille , car il a saigné sans miséricorde sou père, son oncle, sa vieille grand'incre. Il a écorné la portion qui revenait à sa sœur, et s'est disputé avec ses beaux-frcres. Les vieux sont iiioris, les jeunes le ilctestent et ne lui donncroiil rien.
Qui viendra donc ii son aidei" ce ne sont pas ses amis. D'abord , mon cher monsieur , il faut rarcTuent compter sur eux ; en second lieu , le ca[iitaiuc liook s'occupe non (le conserver, mais d'éconduire ses amis. Ses connaissances ne durent pas plus d'une année, e'est-ii-dire le temps nécessaire |)our les plumer, cl puis elles s'en vrnit. rigeon n'a plus une seule plumeaux ailes , et comineni poricrait-il secours îi Hook